25/06/2022

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Les intérêts allemands au Togo pris pour cible

Après quelques heures d’accalmie, les violences ont repris dans la nuit de jeudi à vendredi à Lomé, avec notamment l’incendie de l’Institut Goethe, centre culturel allemand.

Le calme n’aura duré que quelques heures à Lomé. Les violences ont repris dans la nuit de jeudi à vendredi dans la capitale togolaise. L’institut Goethe, le centre culturel allemand a été visé. Des voisins de l’Institut, ainsi que l’un des gardiens, ont affirmé à l’AFP que l’incendie avait été allumé par des hommes en armes qui ont d’abord tiré sur le bâtiment avant de pénétrer dans les locaux. L’un des gardiens a indiqué que « ces hommes étaient en civil et cagoulés, mais je pense qu’il s’agissait de militaires ». Selon un autre témoin, les assaillants étaient « armés de fusils d’assaut et de grenades ».

Au milieu de la nuit, le centre culturel allemand brûlait encore et des impact de balles étaient visibles sur certaines fenêtres de cet établissement, a constaté un journaliste de l’AFP. Depuis plusieurs jours, l’ambassade d’Allemagne est la cible des attaques du gouvernement, notamment du ministre togolais de l’Intérieur, qui l’accuse de soutenir l’opposition. L’ancien ministre de l’Intérieur, François Esso Boko, qui avait dénoncé le processus électoral samedi, est actuellement réfugié à l’ambassade d’Allemagne.

Par ailleurs, la résidence de l’un des principaux dirigeant de l’opposition togolaise, Jean-Pierre Fabre, a été encerclée par un important dispositif militaires dans la nuit de jeudi à vendredi. Plusieurs véhicules tout terrain et des militaires en armes, étaient déployés autour de la résidence privée du secrétaire général de l’Union des forces de changement (UFC, opposition), le principal parti de l’opposition et les militaires présents ont déconseillé aux journalistes, sans explication, de s’approcher de cette villa située dans le quartier de Kodjoviakopé, à l’ouest de la capitale togolaise Lomé.

Ces violences et tensions interviennent après une journée d’accalmie où activités avaient repris timidement dans la capitale togolaise, débarrassée dans la nuit précédente de ses barricades par les bulldozers de l’armée. Tous les grands axes avaient été dégagés dans le centre-ville.

« Pas d’ingérence de la France »

La France, accusée par l’opposition de cautionner la victoire contestée de Faure Gnassingbé, a affirmé jeudi ne pas vouloir s’ingérer dans les affaires du Togo où ces violences ont fait au moins 30 morts depuis mardi L’ancien secrétaire d’Etat français à l’Intégration Kofi Yamgnane, de nationalité française et togolaise, a, quant à lui, fait état d’une « centaine de tués », une « estimation » fondée sur des informations communiquées par « des correspondants ».

« Dans ce scrutin, ni pendant, ni avant, ni après et, pour l’avenir, il n’y aura pas d’ingérence de la France dans les affaires du Togo », a assuré jeudi le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier. Des biens de ressortissants français ont été pillés depuis mardi, la France étant accusé par l’opposition d’avoir voulu maintenir son contrôle sur son ancienne colonie en soutenant le fils du président Gnassingbé Eyadéma, décédé le 5 février. Toutefois, aucun ressortissant français n’a été agressé physiquement à Lomé.

Dans la région d’Aného, des centaines de Togolais continuaient jeudi matin à se réfugier au Bénin voisin. De nombreuses familles, baluchons sur la tête et sacs à bout de bras, traversent en pirogues la lagune qui borde l’Océan atlantique et marque à cet endroit la frontière occidentale du Togo avec le Bénin. Plus de 3.000 Togolais ont ainsi passé la frontière. Près de 600 ont été installés dans un camp à Comé, près du poste frontière d’Hilacondji.