26/06/2022

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Logo Dossouvi Hilaire prend le pouls de la diaspora ?

Venus de Belgique, d’Allemagne et des différentes villes françaises, les Togolais de la diaspora se sont réunis, samedi 20 novembre 2004, dans la salle de conférence de presse de la librairie les Alizées, à Paris dans le quartier Latin pour une cérémonie de présentation et de dédicace du livre intitulé, «lutter pour ses droits au Togo» écrit par le journaliste et militant politique Logo Dossouvi Hilaire.

A la tribune autour de Logo Dossouvi Hilaire, siégeaient le doyen Tété Godwin, Lucas Afantchawo, Isidore Latzoo, Benjamin Jonhson…des militants qui, 15 ans auparavant étaient traités de terroristes ou d’intellectuels tarés, et qui ont séjourné dans la prison du dictateur Eyadéma pour avoir osé dire non à la barbarie. Dans l’assistance étaient également présents les anciens du mouvement estudiantin et des associations de jeunesse, tels Bruno Tchakadi du FELD, Afanou Luc MELD, Gligli du CKN, Eloi Koussawo de la Jank. Ironie de l’histoire, tout ce joli monde était sous le regard malicieux de l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, ministre de l’Intérieur de l’époque, qui aujourd’hui a rejoint les rangs de l’opposition. La boucle est bouclée……Dans une sorte de plaidoirie, Logo prenant la parole avec beaucoup de détermination a exhorté les uns et les autres à la réorganisation de la lutte et à sa redynamisation.

Afin d’écrire sur les enjeux et l’histoire de la lutte pour la démocratie au Togo en tant qu’acteur et témoin, l’un des premiers soucis de l’auteur de Défendre ses Droits au Togo, était de mettre sur un piédestal la jeunesse de son pays. Logo Dossouvi a participé comme tant d’autres jeunes Togolais bien avant lui à l’éveil de la conscience politique de ses compatriotes.

A la fin des années 80, Logo s’est illustré comme le porte-voix de la contestation estudiantine par la distribution de tracts et pamphlets contre le régime Eyadéma. Il paiera très cher cette audace, en tombant dans les griffes des sbires du dictateur. Il connaîtra la torture et les humiliations abjectes, sort réservé quotidiennement aux prisonniers politiques qui croupissent dans les bagnes togolais. Dans son ouvrage, il décrit son expérience carcérale comme l’on dissèque des animaux dans un abattoir : les traitements inhumains et dégradants. Il nous donne sa vision de la lutte et nous offre une chronologie des faits qui ont jalonné jusqu’ici le mouvement démocratique au Togo. Tout Togolais intéressé à la vie politique de son pays, ne saura lire ce livre sans émettre ses réserves sur certains aspects et faits historiques. Depuis sa fondation à ce jour, le mouvement MO5 – auquel appartient l’auteur du livre- a connu trois coordinations successives qui ont conduit sa direction. Mais il semble privilégier la troisième coordination érigée en exil dont l’animateur est Eloi Kussawo abondamment présent en photos sous toutes les coutures dans ce mince témoignage. D’autres documents d’archives comme les « adomenou » (tracts subversifs) auraient été d’une plus grande utilité pour la compréhension de l’esprit de cette période.

Stratégiquement, pendant que le combat se poursuit, est-il opportun de révéler certains actes et situations dans lesquels les démocrates se sont montrés résistants et patriotes face à la dictature ? On se souviendra qu’après l’euphorie de la conférence nationale, le dictateur Eyadéma n’a pas hésité à régler leur compte à ses véritables adversaires notamment Tavio Amorin et Marc Attidépé , tous deux assassinés par ses escadrons de la mort, Claude Améganvi et Me Dovi contraints à l’exil. La rancune de l’autocrate est toujours tenace…et nous ne sommes pas encore au firmament de notre lutte….

À la question de savoir si nous avons échoué, (page14) l’auteur répond en arguant que « nous avons survécu ». Cette réponse n’est pas satisfaisante car l’objectif primordial de tous les Togolais reste le départ sans condition du dictateur Eyadéma. Nous en sommes loin … Plus de 15 ans après, « nous revoilà »… c’est par ces termes très laconiques que Logo Dossouvi reconnaît tout de même l’échec du mouvement démocratique. La lutte aurait selon lui manqué de direction idéologique. (page 61). L’amateurisme et l’improvisation ont pris le pas sur les expériences des autres luttes à travers le monde. La lutte a besoin de militants déterminés et fidèles mais formés idéologiquement. Au passage, l’auteur épingle maître Agboyibor tout en épargnant Gilchrist Olympio. Alors l’auteur n’exclut aucune voie à explorer pour trouver la solution à l’équation Eyadéma. D’aucuns oseront dire aux Togolais : « nous revoilà à la case départ » ?

Dans cet ouvrage qui est l’histoire d’un combattant, on découvre surtout sa vie, « des liens invisibles, les ancêtres et Dieu ». Le mysticisme n’est-il pas l’ennemi de l’action ? Somme toute, le récit de Logo Hilaire Dossouvi a sa place dans le débat politique au Togo. Il reste à savoir la place que l’histoire et les bibliothèques lui réserveront.

* Défendre ses droits au Togo
Ouvrage écrit par DHL Hilaire Logo Dossouvi
paru aux éditions l’Harmattan novembre 2004

GLIGLI Mouta
Bruxelles Décembre 2004