28/06/2022

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L’opposition maintient la pression sur le pouvoir togolais

LOME (Reuters)14/02/2005) – Les partis d’opposition du Togo ont décrété une journée « ville morte » pour lundi et entendent continuer à manifester contre la nomination à la tête du pays, à l’instigation de l’armée, du fils du défunt président Gnassingbé Eyadéma, opération qualifiée de coup de force dans la région.

L’opposition restait dimanche en position de défi malgré la mort d’au moins trois manifestants la veille à Lomé lors d’affrontements avec l’armée. Les manifestations ont été interdites pendant le deuil de deux mois décidé après la mort d’Eyadéma.

Le remplacement d’Eyadéma par son fils Faure Gnassingbé a été décidé en infraction aux dispositions successorales de la constitution togolaise, qui ont été hâtivement modifiées pour permettre au nouveau président de diriger le pays jusqu’en 2008.

Samedi, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédeao), qui a condamné ce transfert de pouvoir, a convoqué à Niamey (Niger) une délégation du Togo pour exiger un respect de l’ordre constitutionnel sous peine de sanctions.

« Nous donnons 24 heures au pouvoir pour voir sa réaction par rapport à la rencontre de Niamey. Si le pouvoir ne répond pas favorablement à la demande de la Cédeao, nous reprendrons les manifestations jusqu’au rétablisssement de la légalité constitutionnelle », a déclaré Harry Olympio, dirigeant d’opposition modéré.

La manifestation de samedi dans le quartier de Bé, bastion de l’opposition à Lomé, a réuni 2.000 personnes environ, ce qui en fait la plus importante depuis le brusque changement de président. Deux mille personnes y ont participé en déployant des banderoles frappées de slogans comme « Le Togo n’est pas une monarchie! » et « Le coup d’Etat échouera! »

Un autre opposant politique togolais, Martin Aduayom, a fait savoir que les principaux partis d’opposition appelaient à une manifestation de type « ville morte » lundi. Une journée analogue décrétée cette semaine avait toutefois rapidement tourné court.

« PAIX ET SECURITE »

Le ministre nigérien des Affaires étrangères du Niger, Aïchatou Mindaoudou, a déclaré que la rencontre de samedi à Niamey s’était achevée sur une note d’espoir et que les Togolais se montraient soucieux de trouver une sortie à la crise.

A l’instar de la France et des Etats-Unis, la Cédeao a exigé le respect de la constitution initiale du Togo et la tenue d’un scrutin présidentiel dans le délai légal de soixante jours.

Le ministre togolais des Télécommunications, Pitang Tchalla, a dit que son pays comprenait l’attitude de ses voisins mais que son souci premier était de préserver la stabilité.

« Nous avons expliqué à la Cédeao ce qui nous a poussés à faire ce que nous avons fait, à savoir sauvegarder la paix et la sécurité », a-t-il déclaré à Reuters.

« Nous comprenons leur réaction. La Cédeao est une famille à laquelle nous appartenons. Nous allons, au vu de l’évolution de la situation, voir comment tenir compte de sa demande, mais, pour le moment, nous maintenons que notre préoccupation majeure est la paix et la sécurité. »

La constitution du Togo, avant d’être modifiée au lendemain de la mort d’Eyadéma, prévoyait, en cas de vacance du pouvoir, la tenue d’un scrutin présidentiel anticipé dans un délai de soixante jours, l’intérim revenant au président de l’Assemblée nationale.

Mais le président de la chambre, Fambare Ouattara Natchaba, se trouvait à l’étranger lors du décès d’Eyadéma et a été démis de ses fonctions. Il se trouve à présent au Bénin. La constitution togolaise a été récrite afin que Faure Gnassingbé puisse rester président jusqu’en 2008, date à laquelle devait expirer le mandat de son père.

Le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan s’est dit préoccupé samedi par la détérioration qui s’observe au Togo, en exprimant sa tristesse au sujet des manifestants tués.

« Il engage toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue pendant que se poursuivent des efforts pour trouver une solution rapide et pacifique à la crise en cours », a fait savoir le porte-parole d’Annan.

Le ministre togolais de l’Intérieur, François Boko, a assuré que les soldats avaient tiré des coups de semonce pour disperser la foule qui encerclait leur véhicule samedi dans le quartier de Bé. Deux gendarmes ont aussi été grièvement blessés. Un militaire impliqué dans la mort d’un manifestant a été arrêté, selon un communiqué gouvernemental.

par John Zodzi