26/11/2022

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Mission UE au Togo: «C’est beaucoup trop tôt pour faire un bilan »

Une mission de suivi de l’Union européenne vient de séjourner à Lomé dans le cadre des consultations ouvertes avec le gouvernement togolais, le 14 avril dernier à Bruxelles. Dans une déclaration à la presse, Anna-Silvia Piergrossi, la chef de mission a affirmé que la mise en œuvre des engagements ne pouvait s’apprécier que sur le long terme. En diplomate, elle a ajouté qu’elle n’était pas là pour juger le gouvernement togolais, « sans doute est-il de bonne volonté, puisque c’est lui qui a sollicité l’ouverture des consultations ».

Cette mission de 3 jours qui s’est achevée le samedi 5 juin 2004 par une visite à Gnassingbé Eyadéma, était conforme aux engagements 4-1 (fournir des rapports le 1er juin et le 1er juillet 2004 aux instances de l’Union européenne, portant sur les progrès réalisés dans les différents domaines du dialogue, et sur l’accomplissement des engagements pris) et 4-2 ( disponibilité des autorités togolaises à participer au dialogue sur place et à faciliter des missions éventuelles des fonctionnaires de la Commission et de la Présidence au Togo, dans le cadre du dialogue entamé). Au terme de sa visite, la chef de mission affirme qu’il est trop tôt pour faire un bilan. Deux fonctionnaires de la Commission européenne, Arend Biesebroek , responsable du Togo à la Commission européenne et Anna-Silvia Piergrossi, chef de l’unité Afrique occidentale ont formé avec Klaus Günther Grobmann, ambassadeur d’Allemagne au Togo, Stefan FROWEIN, représentant de l’UE et Gilles DESESQUELLES, chargé d’affaires de l’UE, l’équipe chargée d’évaluer la mise en œuvre des engagements pris par le gouvernement togolais.

Du 2 juin au 5 juin 2004, cette mission a d’abord reçu le rapport du gouvernement sur les progrès réalisés et sur l’accomplissement des engagements pris. Elle s’est ensuite entretenue avec tous les partis politiques, RPT, UFC, CAR, CDPA-CPP, PDR, PSR Mocep, UDPS, Juvento (Monsila Djato), RSDD (Harry Olympio). Elle a également reçu les anciens candidats à l’élection présidentielle de juin 2003, notamment Nicolas Lawson et Dahuku Peré. Outre les partis politiques, les représentants de l’Union ont recueilli les appréciations des organisations de défense des droits de l’homme: la LTDH (ligue togolaise des droits de l’homme) qui est indépendante, la MTDLDH (Mouvement Togolais de Défense des Libertés et des Droits de l’Homme) et la CNDH (Commission Nationale de Droits de l’Homme) créées par le Dictateur Eyadéma. Au nombre des représentants de la société civile, la mission de l’UE a sollicité les avis des autorités religieuses (Eglise protestante, catholique et les musulmans). La mission d’évaluation s’est rendue à la prison civile de Lomé pour s’informer des conditions de détention. La plupart des acteurs politiques togolais et de la société civile qui ont été reçus sont restés très discrets sur la nature des discussions. Cependant, on sait que les trois partis (CDPA, CAR, UFC) ayant refusé de prendre part à la cérémonie d’ouverture du dialogue, le 27 mai 2004, ont réitéré leurs exigences, à savoir, « une préparation commune » de ce dialogue avec le gouvernement. Edem Kodjo, leader de la CPP « s’est félicité de l’ouverture des consultations avec l’Union européenne et a noté des évolutions significatives au Togo donnant comme illustration son interview publiée par la presse gouvernementale.

A la fin de sa mission, toute la délégation de l’UE a été reçue en audience dans la journée de samedi par Gnassingbé Eyadéma, entouré de Koffi Sama, Premier Ministre, Pitang Tchalla, Ministre de l’information, Foly Katari-Bazi, Ministre de la justice, Roland Kprotsa, Ministre des droits de l’homme, Fambaré Natchaba, Président de l’assemblée RPT, Moussa Barqué, Conseiller. De source autorisée, l’ambassadeur d’Allemagne, qui assure la présidence de l’Union européenne au Togo aurait posé à Gnassingbé Eyadéma le problème des documents de voyage du leader de l’UFC, ce qui a irrité le dictateur. Les Européens se sont aussi inquiétés des conditions dans lesquelles le dialogue va débuter, c’est-à-dire sans concertation préalable, au risque de crisper l’atmosphère politique et de radicaliser les positions des uns et des autres.

La chef de mission Anna Silvia Piergrossi, dans une déclaration à la presse (RFI, AFP, Panapresse, AFRICA N°1), a affirmé : « On a pu discuter avec le gouvernement et on a rencontré des membres des partis politiques, de la société civile et des différentes forces politiques et sociales du pays, au cours de ces deux jours et on a trouvé de la part de tout le monde beaucoup d’ouverture et de volonté de discuter, de dialoguer. Donc on a pu tirer le maximum de nos trois jours passés ici. On va faire un rapport d’étape à nos Etats membres. Mais c’était une mission intermédiaire, on est à un mois et demi de l’ouverture des consultations, donc il y a encore toute une période de mise en œuvre des engagements qui va suivre ; on va le suivre et continuer le dialogue. On a fait ce qu’on pouvait faire avec le gouvernement, mais c’est beaucoup trop tôt. En un mois et demi, vous ne pouvez pas changer le monde ; le gouvernement a sans doute de la bonne volonté, mais çà vous pouvez le demander au gouvernement. On n’est pas là pour le juger, mais on considère qu’il a la bonne volonté sinon il n’aurait pas pris les engagements, et donc il a commencé la mise en œuvre de ce qu’il pouvait faire pour commencer la mise en œuvre. Certains engagements sont à plus court terme, d’autres sont à plus long terme. Pour l’instant, on peut seulement discuter et faire un plan pour voir comment continuer la mise en œuvre de ces engagements. C’est beaucoup trop tôt pour faire un bilan. »

Il est manifeste à la lecture de cette déclaration que les conclusions finales de l’Union européenne ne seront faites qu’après la pleine réalisation des engagements, c’est-à-dire l’organisation de scrutins législatif et local selon les critères définis par l’Union européenne ( voir engagement 1-3 et 1-5).
La rédaction letogolais.com