30/06/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Ou s’arrêtera donc le régime inique qui sévit au Togo depuis 38 ans ?

Comme bon nombre de Togolais et de démocrates, nous avons appris avec un certain soulagement la disparition de Eyadéma, l’un des plus sinistres dictateurs des temps modernes. Cet évènement qui aurait pu ouvrir une nouvelle ère au Togo et lui donner une chance de rebondir est en train de devenir un très mauvais rêve, un cauchemar. En effet, dans la pure tradition des dictatures et des régimes totalitaires, l’armée togolaise soutenue par une assemblée de godillots, a installé au pouvoir l’un des fils du dictateur défunt, en violation flagrante de la Loi Fondamentale.

La destitution du Président de l’Assemblée, la modification de certains articles de la Constitution, formellement interdite pendant une période de transition (Article 144 de la Constitution), la nomination de Faure Gnassingbé (ministre en exercice ayant démissionné dans la précipitation pour la cause !) au perchoir, sont d’horribles manipulations relevant des méthodes mafieuses et du gangstérisme le plus abject. Dès lors, il paraît clair que la désignation de ce dernier à la tête de l’Etat Togolais est nulle et non avenue. Nous condamnons et combattons cette décision inique car elle est un coup d’état. Ce n’est pas parce qu’elle profite au fils de l’ancien dictateur que nous la dénonçons avec vigueur nous l’aurons combattue avec la même détermination quel que soit le Togolais qui aurait été porté au pouvoir de manière si cavalière. C’est une question de principe pour l’ARECA.

· Pourquoi faut-il combattre et condamner ce nouveau coup de force de l’armée togolaise ?

a) Le Togo n’est la propriété ni de l’armée togolaise, ni de la famille Gnassingbé ou d’un clan. De ce fait, seul le peuple peut porter un homme aux plus hautes fonctions de la nation.
b) Le Togo n’est pas un royaume mais une république dotée d’une Loi Fondamentale qui s’impose à tous. Nul n’a le droit de s’en servir à son seul profit. Aucun corps d’état n’a le droit de s’approprier cette loi et de la modifier à son gré. Les officiers supérieurs de l’armée tribale léguée au pays par Eyadéma ont largement outrepassé leurs droits et ont fait preuve d’un manquement grave et condamnable à leurs devoirs.
c) Le Togo ne peut et ne doit pas accepter le profond mépris affiché hier par Eyadéma et aujourd’hui par ses alliés ainsi que Faure Gnassingbé à l’égard de la majorité des Togolais. De ce fait, l’état major de l’armée togolaise a commis une infraction grave et est un hors-la-loi tandis que Faure Gnassingbé est devenu un usurpateur qui occupe une place obtenue indue. On doit donc l’obliger à l’abandonner. Ce dernier et ses alliés ou protecteurs sont, bien entendu, indignes de diriger le Togo.
d) Le Togo ne peut pas accepter d’être la risée du monde entier en avalisant ce piteux et honteux coup de force qui donne une image calamiteuse de notre pays et, au-delà, de l’Afrique.
e) Les Togolais doivent rejeter avec énergie et détermination ce nouveau coup de force pour donner une chance à la démocratie et à la prospérité.

· Que faire ?

L’ARECA salue le courage et les prises de position de l’Union Africaine (UA) qui a condamné sans ambiguïté le coup d’état perpétré au Togo. Ceci a, sans doute, contribué à faire réagir de manière plus constructive des pays comme la France. L’UA doit maintenant aller au bout de sa logique en appliquant de sévères sanctions à l’équipe mise en place de manière frauduleuse et anticonstitutionnelle par l’armée togolaise. Ce régime doit être isolé et mis au ban des nations. L’opposition togolaise doit soutenir l’effort de l’UA, prendre acte des condamnations des autres organismes internationaux (la CDEAO, OIF, UE, etc.) et rester vigilante dans le suivi des solutions proposées par les uns et les autres.

L’opposition doit avant tout se mettre d’accord sur un certain nombre de mots d’ordre et conduire une bataille sérieuse en rang serré contre cette nouvelle violence imposée au Peuple Togolais. Les leaders de l’opposition doivent arrêter de pavoiser dans les différents médias pour mettre en place une procédure de concertation rigoureuse leur permettant, entre autres, de se focaliser sur un certain nombre d’objectifs précis. La stratégie de communication doit être définie de manière claire par l’ensemble des partis voulant réellement le changement. Nous devons tout faire pour parler de manière cohérente et, si possible, d’une seule voix. Nous devons exiger et obtenir tout simplement la démission de Fauré Gnassingbé, seule solution pouvant ouvrir la voie à la démocratie. Aucun rafistolage ne doit être accepté dans le contexte actuel.

Pour l’ARECA, il paraît essentiel d’être à l’écoute de la population, d’en faire notre principale arme et de construire notre nouvelle stratégie de lutte en nous fondant avant tout sur la formidable force qu’est notre peuple. Bien sûr, nous devons également nous préoccuper de l’opinion de la communauté internationale et des actions qu’elle tentera de mettre en œuvre pour aider le Togo à sortir de ce mauvais pas. Cependant, elle ne viendra pas renverser le régime inique de Faure Gnassingbé à notre place.

L’armée et les tenants du régime feront tout pour provoquer la population afin d’établir un embargo définitif sur nos libertés. Il revient aux partis politiques d’inciter la population à la prudence et d’éviter tous risques inutiles tout en demeurant déterminée dans la revendication relative à un retour sans conditionnel à la Loi Fondamentale. Le Peuple ne doit pas répondre aux provocations du gouvernement fantoche et de l’armée togolaise. Nos actions doivent être coordonnées et bien ciblées afin de maintenir une pression constante sur Fauré Gnassingbé et ses alliés. La réussite de notre combat va dépendre de notre volonté, de notre détermination, de notre courage et de notre rigueur.

Vive le Togo, vive la démocratie !

ARECA_AFRIQUE@VOILA.FR
Paris, le 07 février 2005