26/09/2022

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Peut-on s’attendre à une imminente séparation du couple Gnassingbé-Kodjo?

XINHUA-26/08/06–Les Togolais et l’opinion internationale sont dans l’attente de la formation d’un nouveau gouvernement au Togo, un gouvernement de large union nationale. La mise en place de cette nouvelle équipe gouvernante sera l’un des aspects, pas du tout moindre, de l’application de l’accord politique global signé il y a deux semaines par le régime du président Faure Gnassingbé et l’opposition traditionnelle à Ouaga, la capitale burkinabé, sous les auspices du chef d’État du Faso, Blaise Compaoré

À Ouago, la principale formation de l’opposition traditionnelle, l’Union des Forces de Changement (U.F.C) dirigée par l’opposant historique Gilchrist Olympio, a demandé à diriger le futur gouvernement, réclamant le poste de Premier ministre.

Des spéculations sont aussitôt portées sur plusieurs personnalités de ce parti comme premier-ministrales: Eric Armending, conseiller spécial de Gilchrist Olympio, Lawson, Jean- Pierre Fabre.

Dans le même temps, des supputations ont été nourries sur Léopold Gnininvi de la Convention Démocratique des Peuples Africains (C.D.P.A) et Yawovi Agboyibo du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR).

Quant au Premier ministre en exercice, Edem Kodjo, une partie de l’opinion estime que le président Faure Gnassingbé ne pourra plus le rappeler à la primature après sa démission. Beaucoup pensent que M. Kodjo est assez vieux dans la politique et la gouvernance de l’État et qu’il est temps pour lui de s’éclipser au profit d’une autre personnalité, d’un opposant radical. L’actuel chef du gouvernement est considéré comme un modéré par certains et un partisan du régime R.R.T qui se réclame à trompe- l’oeil de l’opposition.

Le deuxième jugement repose sur le passé d’Edem: il a servi comme ministre à plusieurs portefeuilles, dont celui du chef de la diplomatie à l’époque du « R.P.T – parti – État », parti unique sous la présidence de feu Gnassingbé Eyadéma, qui le nomma premier ministre en 1994 au moment où il dirigeait l’Union Togolaise pour la Démocratie (U.T.D), l’un des tout premiers partis de l’opposition. A l’époque, maître Yawovi Agboyibo dont le parti avait la majorité relative à la première assemblée nationale était favori pour la primature mais Eyadéma lui a préféré Kodjo, son ancien collaborateur devenu son opposant.

Le choix du feu président finit par susciter d’interrogation et du doute sur la qualité d’opposant de M. Kodjo. Et depuis lors, certains Togolais qui adorent le radicalisme politique ont voué aux gémonies le célèbre énarque de Paris devenu impopulaire par le fait de toutes sortes de calomnies et de campagnes de dénigrement.

L’homme est pourtant serein et il fit sa réapparition sur la scène politique comme Premier ministre de Faure Gnassingbé aux lendemains de la présidentielle douloureuse du 24 avril 2005. Ses adversaires lui assènent toutes les critiques, à tort ou à raison, mais n’osent pas remettre en cause sa maîtrise de l’appareil étatique, ses qualités de gestionnaire rigoureux et averti de la chose publique.

C’est également sous son gouvernement que le dialogue intertogolais s’est tenu et a accouché d’un accord plein d’espoirs pour le Togo.

Les observateurs estiment qu’on doit le succès de ce dialogue à la volonté d’ouverture et de changement du président Faure Gnassingbé et à la modération politique défiante de M. Kodjo.

Les deux hommes s’entendent bien. Le Togo amorce une transition délicate avec des législatives à organiser avant octobre 2007. Quel modèle de premier ministre doit diriger le gouvernement transitoire de large union? Un radical ou un modéré? Une autre personnalité ou même Edem Kodjo?

(…) Entre des considérations subjectives et l’intérêt supérieur du pays, le peuple togolais doit faire son choix.

Le jeune président togolais saura-t-il se débarrasser de celui qui apparaît comme son conseiller et son parrain plus que comme son premier ministre? La réponse est imminente. Attendons tout simplement.