26/11/2022

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Pr GU-KONU : « Nul ne peut s’opposer par principe au dialogue… »

COMMENT POURSUIVRE LE PROCESSUS DE DEMOCRATISATION ?

LE 27 AVRIL 2004. C’est la 44ème anniversaire de l’accession du pays à l’
indépendance. Les Togolais ont encore commémoré l’événement dans la
tristesse, la désolation, la peur de l’incertitude du lendemain, tout cela
porté par une vague de déceptions et d’indifférence. L’ambiance du meeting
organisé par l’UFC au Foyer Pie XII n’occulte pas cette situation.

Il faut profiter de cette commémoration pour redresser un peu l’histoire. La
victoire massive des nationalistes aux élections d’avril 1958 a conduit à l’
accession du pays à l’indépendance le 27 avril 1960. Le premier gouvernement
togolais fut renversé par un coup d’Etat militaire le 13 janvier 1963. A
partir de cette date, la réalité du pouvoir politique fut transféré au camp
militaire. Le régime de dictature militaire ainsi instauré dans les faits
fut légitimé par un second coup d’Etat le 13 janvier 1967. La dictature a
fonctionné depuis, sous le couvert d’un parti unique (le RPT), jusqu’en
1990. L’insurrection d’octobre 1990 a fini par forcer le régime despotique à
concéder quelques libertés essentielles, et à engager le pays dans un
processus de démocratisation dont il n’a cessé de bloquer le progrès jusqu’à
présent. Il faut regarder dans le rétroviseur quand on conduit.

La commémoration de l’accession à l’indépendance s’est déroulée cette année
dans ce climat politique particulier créé par les engagements prix récemment
à Bruxelles devant l’Union européenne. Le discours et la pratique politique
du pouvoir sont toujours émaillés d’ambiguïtés et de contrefaçons, même s’
ils paraissent épurés des grossièretés habituelles. Tout le pays semble
pourtant suspendu à l’engagement du régime d’ouvrir un dialogue avec l’
opposition.

Nul ne peut s’opposer par principe au dialogue comme voie possible de
règlement du problème politique togolais. Mais en l’absence d’une
organisation massive capable d’exercer avec efficacité un minimum de
pression politique, le dialogue que l’on attend ne peut que suivre le destin
de ceux qui l’avaient précédé. Il n’apportera pas au problème togolais la
solution susceptible de permettre au pays d’aller de l’avant.

Encore une fois, la CDPA-BT en appelle à la vigilance de ses membres, de ses
sympathisants et de tous ceux qui veulent réellement le changement. Il
demande en particulier à ses adhérents et à tous ceux qui croient dans la
nécessité d’une politique alternative d’opposition pour avancer de
poursuivre la campagne en cours pour la création du Mouvement de la Force
Alternative d’Opposition.

C’est grâce à l’engagement dans l’action que le pays a pu accéder à l’
indépendance le 27 Avril 1960. Seul, un engagement massif dans l’action peut
permettre d’en venir à bout de la dictature pour rendre possible les
conditions d’un fonctionnement démocratique de la société.

Lomé, le 27 Avril 2004

Pour la CDPA-BT
Le Premier Secrétaire
Prof. Emmanuel GU-KONU