28/06/2022

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Six volontaires à la « roulette togolaise »

La plupart des Togolais et les observateurs de la vie politique togolaise ne cessent de dénoncer le simulacre que sont ces élections présidentielles organisées par le dictateur Eyadéma en juin 2003. Cela ne semble pourtant pas freiner le volontarisme des six autres candidats à cette « roulette togolaise ».

Le dictateur Eyadéma, au pouvoir depuis 36 ans, avait annoncé en juillet 2001 son intention de se retirer du pouvoir à la fin de son mandant en juin 2003, conformément à la constitution de 1992. Mais le 30 décembre 2002, le Parlement RPT a procédé à une modification de la Constitution qui lui permet de se présenter à nouveau et de s’assurer une présidence à vie à la tête du Togo. La Chambre constitutionnelle du Togo, à sa botte, vient de rejeter, la candidature de M. Gilchrist Olympio, principal leader de l’opposition, arguant que le dossier de l’intéressé est « incomplet ». Le tour semble être joué. Eyadéma contrôle effectivement les candidats, la CENI, le ministère de l’Intérieur, la Cour Constitutionnelle et l’armée. C’est le dispositif de sa « roulette togolaise » Il tient le revolver à six coups à la main, tire une balle dans la tête de chacun des 6 autres participants à son jeu (Edem Kodjo, Yawovi Agboyibo, Léopold Gnininvi, Dahuku Péré, Akitani Bob, Nicolas Lawson) et se déclare vainqueur au décompte des morts. C’est aussi simple que cela.

L’Union européenne ( EU) n’enverra pas de mission d’observation pour ces élections présidentielles, faute d’avoir pu mener une « mission exploratoire », a annoncé le chargé d’affaires de la délégation de la Commission européenne au Togo, Gilles Desesquelles. Les Etats-Unis ont appelé le gouvernement togolais à garantir une élection « libre, équitable et transparente », avec accès équitable de tous les partis politiques aux médias, « conformément aux normes internationales ». Les associations des droits de l’Homme dénoncent les conditions de la présidentielle et les « manipulations » du président Eyadéma. En Europe, c’est la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH) qui se déclare « vivement préoccupée » et appelle la communauté internationale à « faire pression » sur le gouvernement togolais. En Afrique, la Rencontre africaine de défense des droits de l’Homme (RADDHO), une ONG basée à Dakar, a rejeté les propositions du Togo d’aller suivre le déroulement de l’élection présidentielle prévue le 1er juin prochain dans ce pays, a déclaré son secrétaire général Alioune Tine, qualifiant ce scrutin de « mascarade ».

Tout ne semble pas joué d’avance car l’on entend en sourdine la voix du peuple qui gronde de plus en plus, ainsi que celle de l’armée de l’ombre sans moyen qui aiguise ses couteaux pour en finir avec le dictateur Eyadéma, leur bourreau.

La rédaction Letogolais.com