08/12/2022

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Tiguéna et Badjessa : deux nouvelles victimes de la justice togolaise

Djaoura Tiguéna et Takoura Badjessa ont été arbitrairement arrêtés à Siou dans la préfecture de Doufelgou le 23 juillet 2002 pour  » détention et distribution de tracts « , puis écroués à la prison civile de Kara. Les tracts, motifs de leur arrestation, sont en fait un document du regroupement « Quelle solution pour le Togo ? » constitué à l’initiative du Parti des travailleurs, document qui rendait public le programme des manifestations marquant la semaine commémorative du 10ème anniversaire de l’assassinat de Tavio Amorin (du 22/07 au 29/07).

Les deux enseignants ont été condamnés le 19 août, en l’absence de leurs avocats, à la suite d’un procès qui a secrètement eu lieu le matin, alors que l’audience était initialement prévue pour l’après-midi, comme à l’accoutumée pour les procès du Tribunal de Kara .

Apparemment clément puisque les condamnés n’ont écopé  » que  » de deux mois fermes sur une peine de douze mois, le verdict du juge Pokaname est en fait inique et perfide.

En effet, depuis le code de la presse de 1990, la distribution de tracts n’est plus un délit au Togo. L’arrestation et l’incarcération des deux enseignants est donc illégale. De plus, le verdict met les victimes et leurs avocats devant le dilemme suivant :
– soit ils font appel de la décision dans les quinze jours suivant son prononcé et ils prennent le risque de laisser les condamnés croupir en prison jusqu’à ce qu’il plaise au Tribunal de décider de la date du jugement en appel et de sa sentence.
– Soit ils acceptent d’effectuer le mois d’emprisonnement qui reste à courir, en espérant une hypothétique libération à l’issue de la peine actuelle. Dans ce cas, les accusés sortent de prison avec un casier judiciaire.

A la lumière de ce procès et des propos tenus par le Ministre de l’Intérieur lors de l’audience qu’il a accordée à la délégation du Parti des Travailleurs le 6 Août dernier, une chose est claire : c’est que Mr Pokaname a rendu son verdict au non d’une loi et d’une seule, celle d’Eyadéma père et fils. Ces personnages ont pris en otage la population de la partie septentrionale du Togo et refusent de voir s’y développer toute activité politique, associative ou syndicale autre que celle de l’ex parti unique.

Claude Ameganvi a été interpellé par la police 6 août 2002 à 16h40, alors qu’il sortait d’une audience avec le général Akawilou Sizing Walla, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation. Il avait été reçu par le ministre de l’Intérieur suite à l’arrestation de deux enseignants, Djaoura Tiguéna et Takoura Badjessa.

La rédaction