04/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Togo: A bas le gangstérisme d’Etat contre le Rapport de la CNDH et son président

Le Parti des travailleurs tient à dénoncer et à condamner avec la plus grande vigueur les actes d’une inqualifiable gravité car relevant d’un véritable gangstérisme d’Etat, qui ont été commis contre le Rapport de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) et son président, Koffi KOUNTE.

En effet, après que les révélations sur les tortures subies lors de leur détention préventive aient été faites par les victimes lors du procès contre Kpatcha GNASSINGBE et ses coaccusés, dans l’affaire de tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat jugée à Lomé en septembre 2011, le gouvernement de Faure Essozimna GNASSINGBE s’est vu contraint de saisir la CNDH pour lui demander de diligenter une enquête.

Ayant confirmé les allégations de tortures faites par les détenus, le Rapport élaboré par la CNDH, après sa transmission au gouvernement, a d’abord fait l’objet de manœuvres dilatoires destinées à retarder au maximum sa publication, ensuite des graves manipulations suivantes avant sa publication :

— 1°) Par une abjecte et grossière falsification, ce rapport a, non seulement été expurgé de ses parties confirmant les allégations de tortures faites par ceux qui en ont été victimes mais a surtout été réécrit pour innocenter et assurer une totale impunité à tous ceux qui ont été mis en cause, pour la plupart, hauts responsables et membres de l’Agence nationale de renseignement (ANR) ainsi que des Forces armées togolaises (FAT) ;

— 2°) Une fois cette première forfaiture consommée, les membres du gouvernement de Faure Essozimna GNASSINGBE et les mêmes hauts responsables de l’ANR et des FAT ont convoqué le président de la CNDH, Koffi KOUNTE, pour le contraindre à signer ce Rapport falsifié, sous des intimidations et menaces exercées notamment au moyen d’un revolver qui lui aurait été pointé sur la tempe, selon des révélations de source fiable faites depuis lors. Ceci permet de mieux comprendre rétrospectivement la portée des menaces que ce dernier a publiquement affirmé avoir subis, sur les médias internationaux, au point d’avoir fait le choix de fuir le Togo pour se réfugier temporairement à l’étranger pour préserver sa vie.

— 3°) Une fois cette forfaiture faite, les membres du gouvernement de Faure Essozimna GNASSINGBE se sont répandus sur les médias nationaux et internationaux pour faire accroire que le Rapport falsifié de la CNDH serait celui qui aurait été transmis à l’origine par le gouvernement.

Force est donc de constater que tous ces faits tombent sous le coup de la loi pénale en ce qu’ils constituent des actes répréhensibles relevant, au minimum, des chefs d’accusation suivants : 1°) faux et usage de faux, 2°) guet-apens aggravé de séquestration, 3°) menace de mort, 4°) tortures psychologiques, 5°) forfaiture de hauts responsables de l’Etat, faits punis par des lourdes amendes et condamnations à des peines de prison devant cette juridiction criminelle qu’est la Cour d’assises.

Il faut être clair : il s’agit de véritables actes de gangstérisme d’Etat dont Faure Essozimna GNASSINGBE et son gouvernement sont pleinement et entièrement responsables !

Car, à qui fera-t-on croire que Faure Essozimna GNASSINGBE, à qui le Rapport de la CNDH a été transmis depuis longtemps, n’était pas au courant de sa falsification avant cette première publication qui n’avait de toute évidence pour objet que de tenter de réhabiliter l’image ternie de son gouvernement à l’étranger, la veille même du jour où il devait se rendre à l’ONU pour y présider une séance du Conseil de Sécurité auquel il avait fait des pieds et des mains pour se faire représenter.

Une tradition d’actes de gangstérisme d’Etat

Le Parti des travailleurs tient à faire constater que ces actes inqualifiables qui singularisent le gouvernement togolais comme organe dirigeant d’un Etat voyou, s’inscrivent dans une tradition d’actes de gangstérisme d’Etat du pouvoir RPT qui démontrent parfaitement que ce régime ne se maintient en place que par le mensonge, le recours aux faux et usages de faux, la terreur, la corruption, la fraude et les falsifications.

Parmi tant d’autres faits significatifs, il faut simplement rappeler à titre d’exemple que :

— nombre de rapports publiés par les directions successives de la CNDH n’ont cessé de faire l’objet de falsifications du régime RPT depuis celui sur les arrestations et tortures des jeunes gens dont le jugement a conduit au soulèvement populaire du 5 octobre 1990 jusqu’au dernier en date ;

— à l’ouverture de la Conférence nationale de juillet-août 1991, le régime RPT a été pris, la main dans le sac, pour faux et usage de faux dans l’utilisation frauduleuse du nom de Nambog BARNABO comme un des membres fondateurs du parti RPT, ce que ce dernier a catégoriquement nié. Ayant alors toutes les peines du monde à boucler les formalités requises par la Charte des partis pour que le RPT décadent puisse avoir une existence légale, Eyadéma et sa camarilla attribuaient frauduleusement un récépissé d’existence légale à leur parti ;

— tout au long des années 1990, nous avons été confrontés en permanence aux mensonges et falsifications du régime RPT dans toutes sortes d’affaires : motions de soutien à Eyadéma concoctées par les dignitaires du régime eux-mêmes sur la base de grossiers mensonges et falsifications qu’on fait lire à des jeunes désœuvrés stipendiés sur les médias d’Etat auxquels ils ont une incroyable liberté d’accès alors que les représentants des organisations se réclamant de la démocratie en sont interdis ;

— lors de toutes les élections qui se sont succédé depuis l’ouverture du renouveau démocratique : élection présidentielle de 1993, élections législatives de 1994, élection présidentielle de 1998, élection présidentielle de 2003, élection présidentielle de 2005, élections législatives de 2007, élection présidentielle de 2010, ce ne sont que des résultats falsifiés que le régime RPT n’a cessé d’imposer par la violence, la terreur et les assassinats pour se maintenir en place ;

— on ne compte plus ces actes de gangstérisme caractérisé que constitue ces vols manifestes commis par les plus hauts dignitaires du gouvernement, de l’ANR et des FAT contre de pauvres citoyens comme ces commerçants du Grand Marché de Lomé qu’ils ont illégalement spoliés de plusieurs dizaines de milliards de F CFA, pourtant légalement déclarés en douane, sommes qu’ils se sont partagés et refusent de rendre malgré les décisions de restitution prises par la Justice togolaise.

Exigeons la démission de Faure Essozimna GNASSINGBE et de son gouvernement

Le Parti des travailleurs constate les fortes indignations et condamnations ainsi que le complet discrédit du régime RPT que la falsification du Rapport de la CNDH a unanimement suscité au sein de tout le peuple togolais et de toutes les organisations qui parlent en son nom sur toute l’étendue du territoire national.

Il en est de même à l’échelle internationale où dénonciations et condamnations n’ont cessé de s’exprimer, venant tant d’organisations représentatives de la défense des droits de l’Homme tels que la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), Amnesty International et de nombre d’institutions internationales que de gouvernements étrangers. Parmi ces derniers, il est symptomatique de constater qu’on compte même ceux qui sont aujourd’hui désorientés par la vile falsification du Rapport de la CNDH qui discrédite totalement le soutien qu’ils n’ont cessé d’apporter au régime RPT.

C’est pourquoi, face à l’extrême gravité de cette falsification du Rapport de la CNDH qui couvre de honte notre pays, le Parti des travailleurs estime qu’il n’y a pas d’alternative immédiate plus conforme à la Justice et à la démocratie que d’exiger :

— la démission de Faure Essozimna GNASSINGBE et de son régime de faussaires, de tortionnaires et d’assassins ;

— l’arrestation et le jugement de tous ceux qui sont impliqués dans falsification du Rapport de la CNDH, ainsi que de tous ceux qui ont usé de leur position d’autorité pour commanditer ou se rendre coupables de tortures tant physiques que psychologiques sur des détenus et citoyens.

Pour arracher la satisfaction de cette double exigence, le Parti des travailleurs appelle tout le peuple togolais à participer massivement à la Grande Marche pacifique appelée par les Organisations de défense des droits de l’Homme (ODDH) pour protester contre la falsification du Rapport de la CNDH,
Vendredi 2 décembre 2012, à 8 heures, à partir de Bè-Château.

Lomé, le 29 février 2012
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI