03/12/2022

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Togo : Compte-rendu de la Commémoration du 19e anniversaire de l’assassinat de Tavio Ayawo AMORIN

[Claude Améganvi rend hommage à Tavio Amorin et met en garde contre d’autres crimes->http://www.youtube.com/watch?v=HL0FgTre4SE&feature=related] VIDEO

(Dimanche 31 juillet 2011, au Centre communautaire de Bè, Lomé)

Ce dimanche 31 juillet 2011, à partir de 14H 30, le Parti des travailleurs du Togo a organisé, au Centre communautaire de Bè, à Lomé, une Conférence de presse à l’occasion de la commémoration du 19e anniversaire de l’assassinat de Tavio AMORIN. Y ont assisté plusieurs journalistes et plusieurs centaines de participants parmi lesquels de nombreux jeunes et militants du mouvement démocratique togolais ainsi que des responsables politiques.

A l’ouverture de la séance, après la minute de silence à la mémoire de Tavio AMORIN et de tous ceux qui ont été assassinés sous la dictature sanglante du clan des GNASSINGBE, Fulbert ATTISSO, journaliste – écrivain, a procédé à la lecture d’un « Message d’amitié d’Alexandre Ayawo AMORIN (grand frère de Tavio) à tous ceux qui participent à la manifestation du 31 juillet 2011 ».
Puis, Claude AMEGANVI, Secrétaire chargé de la coordination du Parti des travailleurs, a présenté la déclaration liminaire qui situe le sens de cette manifestation.

Me Jonas SOKPOH, avocat à la Cour, défenseur infatigable dans nombre de dossiers de victimes de la répression au Togo, intervint à son tour pour apporter un témoignage sur les dérives dans lesquelles continuent de nager la Justice togolaise. C’est tout particulièrement le cas devait-il constater dans nombre d’affaires pendantes devant les tribunaux comme celle mettant en cause l’animateur de radio, Eugène ATTIGAN, dans laquelle ils avaient été contraints de se dé-constituer l’avant-veille face aux nombreuses violations des droits de l’Homme et des droits de défense survenues. Ces nombreuses violations, devait-il indiquer, mettent en cause non seulement l’Agence nationale de renseignement (ANR) mais la magistrature togolaise elle-même qui continue ainsi à confirmer la persistance de son inféodation au régime RPT en place.

Fulbert ATTISOH apporta pour sa part un témoignage sur les révélations qui lui ont été faites, lors de sa détention à la Prison civile de Kara, par le fils même de BOUKPESSI Yodolou, l’un des assassins présumés de Tavio AMORIN, sur la liberté de mouvement – et donc l’impunité – dont bénéficie son père. Ce dernier serait devenu, après avoir quitté la Police depuis lors, un riche commerçant circulant librement entre Lomé et Kara pour faire fructifier ses affaires, initiées de toute évidence grâce aux capitaux qui lui ont été généreusement alloués comme rétribution pour l’assassinat de Tavio.

Après que les journalistes présents aient posé quelques questions auxquelles les réponses furent données, intervint la projection d’extraits du film documentaire réalisé par le Parti des travailleurs sous le titre : « L’assassinat de Sylvanus OLYMPIO et la question de l’impunité au Togo ». Les terribles images qui furent projetées montrant souvent la répression sanglante déchaînée par l’armée au service du clan des GNASSINGBE contre les innocentes populations secoua et indigna toute l’assistance durant plus de deux heures de temps avant qu’elle ne se disperse, dans le calme, aux environs de 19H.
Voici, dans l’ordre de leur présentation, les deux documents qui ont marqué cet évènement.

Message d’amitié d’Alexandre Ayawo AMORIN, à tous ceux qui participent à la manifestation du 31 juillet 2011

J’aurais voulu être ici, parmi vous, vous qui avez choisi de sacrifier votre après-midi de dimanche, pour participer à cette manifestation d’amitié pour votre compatriote, notre frère, notre ami, notre camarade Tavio, qui a été arraché à la vie à un âge où on construit un projet de vie pour sa famille, pour son pays s’agissant de ceux qui ont choisi de servir leurs concitoyens et pour soi-même.

Je salue mon ami, mon camarade Claude Améganvi qui consacre sa vie à ce que nous appelons « combat démocratique », c’est-à-dire la bataille pour les droits de l’homme et pour la liberté sans exclusive, la lutte pour l’éveil des consciences, la guerre contre la bêtise humaine, c’est-à-dire la propension de quelques-uns à commettre des crimes là où le débat devrait départager les uns et les autres. Au détriment de sa vie de famille.

Merci à vous tous, Merci à toi Claude.

Tavio a été fauché par des gens qui détestent la vérité, la transparence, la loyauté pour son pays.

Nationaliste panafricain, issu d’une famille de nationalistes, Tavio a été élevé dans un environnement où la politique fait partie de la vie. Parce que la politique, c’est la vie.
Tavio s’est donné ce que notre grand-frère Joachim Agbobli, mort assassiné, appelait « la culture politique » pour pouvoir faire de la politique.

Ceux qui ont connu Tavio peuvent témoigner qu’il était amoureux de la vie.
Oui, il aimait la vie, il respirait la vie. Il aimait la fête.

Les Togolais l’ont découvert à l’occasion de la Conférence Nationale Souveraine de 1991, conférence que tous nous pensions être le point de départ d’un Togo fraternel, uni, prêt à affronter son destin de pays de notre temps après ces années de dictature implacable de Etienne Gnassingbé Eyadéma que nous étions pressés de voir au musée des horreurs.
Quelle naïveté.

La transition, que d’aucuns souhaitaient courte et qui devrait pré parer notre pays à entrer dans la démocratie, allait devenir pour le peuple togolais un véritable chemin de croix.
Jésus avait eu 14 stations et déjà nous trouvions cela trop long, trop injuste.
Que dire alors à celui réservé aux Togolais et qui durent des décennies.
Le Togo est comme plongé dans une espèce d’enfer. Des vies ont été fauchées par milliers, d’autres ont été à jamais brisées. La terreur a jeté nos compatriotes sur les routes de l’exode.

De retour d’une mission en Syrie, j’ai retrouvé Tavio en ville le 22 juillet en milieu de matinée, comme toujours en costume. Je l’avais trouvé emprunté, pas aussi relax que je l’ai toujours connu. Je me suis dit qu’il avait été contrarié par un de ses collègues du HCR. Et on s’est donné rendez-vous pour l’après-midi. Le rendez-vous n’eut pas lieu.

Le soir du 23 juillet 1991, j’étais devant la maison de Papa Paulin Freitas attendant qu’on vînt m’ouvrir le portail car je devais rendre visite à Elpidio Freitas. Soudain, un véhicule s’arrêta à mon niveau et une voix m’interpella : « Atavi, on a tiré sur Tavio. Ensemble avec Elpidio nous nous rendîmes au CHU Lomé Tokoin où s’était déjà rassemblé beaucoup de nos compatriotes. Il y avait beaucoup d’agitation et beaucoup de tension.
Les membres du corps médical, parmi lesquels le professeur Ahouangbévi et le Pr James accourus à son chevet, étaient harcelés par tous ceux qui étaient présents et qui voulaient avoir des nouvelles de Tavio.

Tavio fut opéré avec succès mais il n’était pas sorti d’affaire. Le lendemain, la décision fut prise de l’évacuer vers la France, où les structures médicales permettaient une meilleure prise en charge des blessés de cette nature.
Il fut transféré à Paris et c’est là où il rendit l’âme le 29 juillet 1992.

Tavio n’est pas décédé des suites de maladie ou d’un accident de la route.
Tavio ne s’est pas suicidé. Non. Il a été assassiné par des gens qui ont pris la liberté de donner aux autres la mort.

Je trouve cela terrible car la mort est irréversible.
Je ne connais aucun un être vivant, à part Notre Seigneur Jésus, qui s’est relevé après avoir été tué. Je n’en connais aucun.
Ce que nous avons vécu n’est pas la scène d’un film où, à la fin de la prise de vues, on demande aux blessés et aux morts de se relever et de rentrer chez eux.
Nous sommes dans la réalité qui fait hélas partie du quotidien des Togolais.
L’assassinat de Tavio est pour nous, est pour moi, un cauchemar.
Ce cauchemar ne prendra fin que lorsque nous saurons qui a donné l’ordre de le supprimer, qui l’a inspiré et pourquoi. Je n’aurai de cesse de traquer la vérité et le jour où je saurais tout, je me sentirais redevenu moi-même. Enfin.

Lorsque nous parlons de la fin de l’impunité, certains entendent vengeance, mise à mort des assassins.
Le fait de tuer les assassins de Tavio ne lui rendra pas la vie.
Le fait de les jeter en prison ne le ramènera pas à la vie.

Pour nous la fin de l’impunité passe par la recherche de la vérité, la contrition des auteurs des ces crimes ignobles qui ont endeuillé et qui continuent de frapper de nombreuses familles et surtout que les criminels prennent l’engagement solennel de renoncer définitivement à occire leurs compatriotes.

La politique, ce n’est pas la guerre.

Qui êtes-vous pour vous arroger le droit d’enlever à d’autres la vie ?

Oui, qui êtes-vous ?
Qui êtes-vous pour décider du sort des autres ?
Oui, qui êtes-vous ?

Il faut que cesse dans ce pays le poison de la haine que le RPT a instillé dans la population et qui pousse des Togolais à vouloir là mort d’autres Togolais.

Il faut que le changement que nous appelons de nos vœux arrive car le peuple est fatigué de subir ce régime réfractaire au droit et à la vie, ce système qui a pris en otage le Togo et les Togolais.

Nous voulons un Togo avec des citoyens libres et égaux en droit,
Un Togo avec des citoyens-patriotes.
Des hommes de talent capables de travailler à son développement.
Nous sommes fatigués de pleurer.
Nous sommes fatigués des assassins.
Nous sommes fatigués d’entendre tout le temps des menaces de mort.

Togolais debout !
Debout pour arrêter cette machine infernale.

Fait à Lomé le 31 juillet 2011
Alexandre Ayawo AMORIN

Déclaration liminaire du Parti des travailleurs à la Conférence de presse du dimanche 31 juillet 2011 au Centre communautaire de Bè (Lomé)

Il y a 19 ans, le 23 juillet 1992, vers 21 heures, Tavio Ayawo AMORIN, était victime d’un attentat, au quartier de Tokoin Gbonvié, à Lomé, un individu vida le chargeur d’un pistolet mitrailleur sur lui.

Il était alors Premier secrétaire du Parti socialiste panafricain (PSP) ; membre fondateur du Mouvement patriotique du 5 octobre (MO5) ; Secrétaire général du COD II ; membre du Haut conseil de la République (HCR), organe transitoire issu de la Conférence nationale souveraine de juillet – août 1991 dont il était le président de la Commission politique et des droits de l’Homme ainsi que de la Commission spéciale chargée d’élaborer le nouveau projet de Constitution ; Secrétaire général du COD II.

La veille, 22 juillet 1992, il avait participé à une émission sur Radio Lomé, la radio nationale togolaise, au cours de laquelle, avec un autre membre du HCR, ils avaient eu la charge de présenter à la population, le nouveau projet de Constitution dont le Haut Conseil de la République, organe législatif transitoire dont ils étaient membres, venait d’achever l’élaboration.
Au cours de cette émission, il avait fermement marqué son opposition à toute idée de modification de ce nouveau projet de Constitution pour pouvoir permettre à Eyadéma d’être à nouveau candidat à toute élection présidentielle à venir, comme la loi portant Statut des Forces armées togolaises et les décisions de la Conférence nationale souveraine le lui interdisaient déjà.

Le 23 juillet 1992, lendemain de cette émission, Tavio AMORIN était victime de cet attentat.
Les auteurs de cet acte criminel avaient signé leur forfait en laissant sur place tout un arsenal de guerre qui, selon le communiqué publié le 24 juillet 1992 par le gouvernement, comprenait : « une carte professionnelle au nom de Karewé Kossi, né en 1967 à Pya, préfecture de la Kozah, gardien de paix en service à l’Ecole de Police en qualité de moniteur de sport, un pistolet mitrailleur de calibre 9mm (PM MAT 49 fabriqué par la Manufacture d’arme de Tulle, France, de modèle 1949 portant le n° B85502 avec des munitions dont une balle Réf. TEI 76F9 – ndlr), un revolver Smith and Wesson 357 magnum (de calibre 9mm avec ses munitions – ndlr), trois chargeurs de P.M., un chargeur de pistolet mitrailleur, des munitions, deux grenades, deux bouchons allumeurs et une paire de menottes. »

L’enquête permettra d’établir par la suite, comme le confirma à la famille le Premier de l’époque, que d’autres personnes, dont l’agent BOUKPESSI Yodolou étaient présentes sur les lieux, faisant partie du commando envoyé pour abattre Tavio AMORIN qui, grièvement blessé ce 23 juillet 1992, fut transporté à l’unité de soins intensifs de l’Hôpital de Tokoin où les médecins s’acharnèrent pour tenter de le sauver.

Devant l’aggravation de son état de santé, il fut évacué par un avion sanitaire spécialement affrété pour l’occasion, le 25 juillet 1992, dans un état critique, sur l’Hôpital St Antoine de Paris. Lors de son transfert de l’Hôpital de Tokoin à l’Aéroport international de Lomé Tokoin, l’ambulance le transportant tomba en panne du fait d’un sabotage. Lors du transfert de cette ambulance à une autre, un coup de poignard, vraisemblablement empoisonné, fut à nouveau porté par un inconnu à Tavio AMORIN, qui lui laissa une cicatrice sur le front, du côté droit.

Un tel acharnement à faire mourir Tavio AMORIN devait malheureusement lui faire rendre l’âme le 26 juillet 1992, à l’Hôpital St Antoine de Paris, au surlendemain de son arrivée mais son décès ne sera annoncé que le 29 juillet 1992.

Né le 20 novembre 1958, il mourrait ainsi, à 33 ans, laissant une veuve et un orphelin qui n’avait, à l’époque, qu’un an d’âge.
Les résultats sommaires et laconiques de l’autopsie transmis à la famille n’ont pas permis de lever jusqu’ici certaines interrogations entourant son assassinat.
Quant à la plainte déposée par la famille auprès des tribunaux togolais, elle est également restée sans suite jusqu’à ce jour.

Une tradition d’impunité à laquelle il faut mettre fin…

Le Parti des travailleurs tient à constater que l’impunité qui couvre depuis19 ans l’odieux assassinat de Tavio AMORIN s’est banalisée au Togo depuis qu’il y a 48 ans, le 13 janvier 1963, feu Etienne GNASSINGBE Eyadéma s’était glorifié d’avoir assassiné Sylvanus OLYMPIO, le premier Président démocratiquement élu du Togo, le grand dirigeant nationaliste qui a conduit jusqu’à la victoire la lutte pour arracher au colonialisme français l’indépendance nationale du Togo, l’« Ablodé ! ».

A l’occasion de la commémoration du 19e anniversaire de cet assassinat, le Parti des travailleurs tient à renouveler son appel à l’unité de toutes les organisations qui se réclament de la démocratie pour exiger :
1°) la recherche et l’arrestation des auteurs et commanditaires de l’assassinat de Tavio Ayawo AMORIN et de toutes les victimes de la dictature sanglante du clan des GNASSINGBE ;
2°) leur jugement et châtiment conformément aux textes en vigueur ;
3°) la recherche et l’arrestation des auteurs et commanditaires de tous les assassinats politiques survenus au Togo depuis celui de Sylvanus OLYMPIO, le 13 janvier 1963 ;
4°) la fin de l’impunité au Togo.

Trois documents que vient de sortir le Parti des travailleurs :

Et c’est précisément dans le cadre de ce combat contre l’impunité que nous saisissons l’occasion que nous offre cette commémoration pour faire connaître à l’opinion publique trois documents que le Parti des travailleurs vient de sortir à savoir :

1°) TOGO : 27 avril 1958/1960 : 30 biographies des artisans de l’indépendance nationale «Ablodé !» – Volume I (256 pages illustrées par de nombreuses photos). Prix de vente : 20 € (dans les pays d’Europe) ; 20$ (dans les pays d’Amérique du nord : USA, Canada) ; 8 000 F CFA (au Togo et dans les pays d’Afrique). Il y a lieu de préciser que les prix de vente de ce livre et du suivant, en Europe et aux Amériques, tient compte du coût de la vie dans ces pays et ont été fixés avec le souci d’aider à permettre la vente à un prix plus réduit au Togo et dans les pays d’Afrique où les revenus de l’écrasante majorité de la population sont considérablement plus modestes et faibles.
Ce livre, qui est une contribution pour que la jeune, tout comme la vieille, générations puissent se réapproprier l’histoire de la lutte du peuple togolais pour se libérer du joug du colonialisme français à travers l’histoire de la vie des hommes qui l’ont menée, se présente comme une galerie de portraits en proposant les biographies des 30 personnalités suivantes :
— 1) Pa Augustino de SOUZA : Pa Augustino Ezéchiel de SOUZA dit « Gazozo » : le Patriarche, 1er Président du CUT, décédé la veille de la proclamation de l’indépendance ;
— 2) Sylvanus Epiphanio Kwami OLYMPIO : le premier Président de l’Assemblée représentative du Togo de 1946, le Premier ministre désigné après la victoire électorale de 1958, le premier Président de la République du Togo démocratiquement élu ;
— 3) Le Dr Martin AKU : premier député du CUT élu à l’Assemblée nationale française, aux élections du 10 novembre 1946 ;
— 4) Paulin Sèvi AKOUETE : le géant du syndicalisme africain ! ;
— 5) Paulin Jacintho FREITAS : l’indispensable et unique Ministre d’Etat ;
— 6) Le Dr Comlan Rodolphe TRENOU : la plus précieuse plume du nationalisme togolais ;
— 7) Le Dr Hospice Imoru Dominique Abou COCO : un exceptionnel modèle de probité et de fidélité à un idéal ;
— 8) NAMORO Karamoko : le plus honnête et fidèle lieutenant du septentrion ;
— 9) Laurent DJAGBA : l’inoubliable martyr, resté fidèle au nationalisme togolais ;
— 10) Me Anani Ignacio SANTOS : l’avocat international des causes nationalistes ;
— 11) Jonathan SAVI DE TOVE : le président de l’Assemblée nationale togolaise de la victoire électorale de 1958 jusqu’au putsch sanglant de 1963 ;
— 12) Théophille MALLY : le tribun et ministre nationalistes qui a mal tourné ;
— 13) Le Chef AGBANON II de Glidji : un chef traditionnel éclairé au service du nationalisme togolais ;
— 14) Le Chef ODANOU YEMPAPOU Dobli de Dapango : l’intraitable et fidèle chef nationaliste de la Savane ;
— 15) Le Chef Ata QUAM-DESSOU d’Aného : le chef nationaliste défenseur des populations contre l’effort de guerre ;
— 16) Le Chef Tchaba N’DJAMBARA de Mango : le chef nationaliste de la savane attaché à son code d’honneur ;
— 17) Le Chef Seth Atsu PASSAH FOLLY VI de Tsévié : le chef des chefs nationalistes, homme de parole et de réconciliation ;
— 18) Le Chef Djossou Sébastien MLAPA II de Togoville : le chef nationaliste du village qui donna son nom au Togo ;
— 19) Bayi Lucia KADA-SEDODE, épouse GADEGBEKOU, alias Bayi Ablodé : la pasionaria du nationalisme togolais ;
— 20) Ernestine Confort WILSON : la femme intrépide, militante politique et syndicale ;
— 21) Guedeawogbor Bernardine KWAWUKUMEY-ACOLATSE : une des principales organisatrices du mouvement des femmes nationalistes ;
— 22) Messan Maximilien Hector AIHTSON : l’initiateur des mots d’ordre : « Indépendance », « Ablodé ! » et fondateur de la trublionne JUVENTO ;
— 23) Sam Komi KLU : le justicier du Kloto et de tout le Togo ;
— 24) Claudius Amouzou Midjrato FRANKLIN dit « Piam-Piam » : la cheville ouvrière du CUT ;
— 25) Albert Aménouvor Ayao DOH dit « Albert FAO » : le propagandiste et financier du CUT ;
— 26) Emmanuel Simon Kôkô KPONTON QUAM-DESSOU : le supplicié d’Aného devenu député-maire ;
— 27) Ferdinand N. Kodjo KALIPE de Vogan : le prince héritier nationaliste, figure emblématique du nationalisme dans la ville martyre de Vogan ;
— 28) Jean Chrysostome Laté PLACCA LAWSON : le rigoureux défenseur de la chose publique ;
— 29) Benedictus (Ben) APALOO : le très controversé président national de la JUVENTO ;
— 30) Enike GALLEY-ADANBUNU : la « leader » nationaliste qui se renia.
Ce livre, qui se préoccupe de permettre à tous de mieux saisir la profonde signification tant de la victoire électorale du 27 avril 1958 que de la proclamation de l’indépendance de notre pays, le 27 avril 1960 voudrait aider à éviter que ne tombent dans l’oubli les nationalistes qui ont lutté pour la conquête de notre indépendance. Ce faisant, il permettra à tous de mesurer d’où le peuple togolais est parti pour sombrer dans la situation catastrophique décrite par l’ouvrage suivant (le Livre noir contre l’impunité au Togo).

2°) L’ouvrage intitulé : Livre Noir contre l’impunité au Togo : 13 janvier 1963 – 13 janvier 2010 : 47 ans d’assassinats et d’impunité au Togo sous la dictature sanglante du clan des GNASSINGBE (320 pages illustrées par de nombreuses photos). Prix de vente : 15 € (dans les pays d’Europe) ; 15$ (dans les pays d’Amérique du nord : USA, Canada) ; 7 000 F CFA (au Togo et dans les pays d’Afrique).

Au moment où le régime RPT fait une opération de charme à travers la coûteuse tournée nationale et internationale de sa mal nommée Commission Vérité-Justice-Réconciliation (CVJR) pour forcer à la réconciliation entre les assassins du RPT et leurs victimes, la sortie de cet ouvrage survient à point nommé pour démasquer cette opération cynique.

Il établit la cruelle réalité de la tradition l’impunité qui règne au Togo depuis l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO en relatant, de façon précise, les circonstances et conditions dans lesquelles, depuis 48 ans, a été assassinée chacune des plus de 10 000 victimes d’exécutions extrajudiciaires sous la dictature sanglante du clan des GNASSINGBE père et fils.
Parmi celles-ci figurent tant des civils que des militaires comme Koffi KONGO, Paul COMLAN, des enfants (dont des nourrissons) que des adultes et des vieillards, des personnalités politiques, outre Sylvanus OLYMPIO, comme Marc ATIDEPE, Tavio AMORIN que de simples citoyens.

Nous tenons à révéler que Atsutsé Kokouvi AGBOBLI aurait été assassiné à l’ANR :

Symptomatique à cet effet est le destin tragique d’Atsutsé Kokouvi AGBOBLI qui est raconté comme suit de la page 298 à la page 300 du « Livre Noir contre l’impunité au Togo » où on peut lire à ce propos :

« Atsutsé Kokouvi AGBOBLI, enlevé à la Clinique Biasa à Lomé, retrouvé assassiné sur la plage de Lomé, le vendredi 15 août 2008.
Ancien fonctionnaire du Secrétariat général de l’OUA puis du Bureau régional du Bureau international du travail (BIT) à Addis-Abéba, en Ethiopie, ancien journaliste à l’hebdomadaire Jeune Afrique et au bimensuel Afrique Education à Paris (France), fondateur du Club des amis de la liberté et du développement en Afrique noire (CALDAN), ancien ministre de la Communication et de la Culture puis chargé des relations avec le Parlement, directeur de publication du magazine bimensuel Afric’ Hebdo, historien, politologue, écrivain, auteur de nombreux ouvrages, président du parti politique Mouvement pour le développement national (MODENA), Atsutsé Kokouvi AGBOBLI était porté disparu depuis la veille, 14 août 2008, alors qu’il était hospitalisé à la clinique Biasa, à Lomé.
Le lendemain, vendredi 15 août 2008, on retrouva son corps sur la plage, non loin de l’Hôtel Sarakawa, avec ses vêtements soigneusement posés à côté, non apparemment mouillés. Le corps ne ressemblait pas à celui d’un noyé qui aurait été rejeté par la mer, ce que devait confirmer par la suite l’autopsie pratiqué par un médecin légiste expert des Nations Unies qui vint spécialement au Togo à cet effet.

Cependant, le corps portait des lésions suspectes à la tête, sur le tronc et les parties génitales qui laissèrent sans réponse les interrogations légitimes qu’on pouvait avoir au sujet de ce qu’il lui était advenu. Les premières déclarations aussi incohérentes, malveillantes que tapageuses des autorités politiques et judiciaires ainsi que celles, invraisemblables, faites par son propre chauffeur après avoir manifestement subi des menaces eurent également pour effet de semer la confusion sur ce qui apparaissait a priori et de toute évidence comme un assassinat non élucidé. Mais, l’imputation hâtive comme cause du décès que firent lesdites autorités à un « suicide par noyade » fut formellement réfutée par l’autopsie pratiquée par le Dr Napo-Koura GAGO, Professeur à la Faculté de médecine et de pharmacie de l’Université de Lomé, requis comme médecin légiste par le Procureur de la République près le Tribunal de 1ère instance et de 1ère classe de la ville de Lomé. Il devait conclure en effet, pour sa part, qu’ « il ne s’agit pas d’une mort par noyade » et que « l’hypothèse d’une mort toxique probable par intoxication médicamenteuse (…) reste plausible » sans avoir pour autant effectué les analyses toxicologiques nécessaires à la détermination de la nature clinique des substances ayant provoqué le décès.

Devant cet imbroglio, sur saisine de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) et sur proposition du HCDH-Togo, une deuxième autopsie fut réalisée par le Dr Nizam PEERWANI du Comté de Tarrant au Texas (Etats-Unis) agissant pour le compte de l’ONG Physicians for Human Right qui conclut que « la mort n’est pas due à une intoxication médicamenteuse » ni à des « blessures traumatiques ». Le rapport publié suite à cette deuxième autopsie releva également l’« énigme » que constitue la découverte du corps « nu sur la plage », plaqué à terre et entièrement dénudé à l’exception de ses mocassins et ses chaussettes.

Mais, le temps passant, après que cet imbroglio se soit davantage épaissi, des révélations faites aux proches d’Atsutsé Kokouvi AGBOBLI indiqueraient qu’il aurait été enlevé dans les environs de la Clinique Biasa où il était hospitalisé le jeudi 15 août 2008. Une machination aurait en fait servi à l’en faire sortir pour le faire tomber dans un guet-apens qui lui aurait été tendu à l’extérieur où, enlevé dès sa sortie, il aurait été cagoulé puis jeté dans un véhicule qui le conduisit à un endroit où il fut gravement torturé.
On aurait cherché à obtenir de lui la révélation des sources qui lui auraient donné des informations relatives à des réseaux de trafics de drogue impliquant des membres de la haute hiérarchie militaire (souvent mis en cause dans divers rapports publiés ces dernières années). Ce sont ces informations qu’il aurait eu l’imprudence de faire savoir qu’il allait révéler dans son journal à des gens qui l’auraient dénoncé qui auraient causé sa perte.

Gravement torturé notamment à l’électricité sur les parties génitales, Atsutsé Kokouvi AGBOBLI, qui avait déjà une santé fragile, serait décédé de façon imprévisible entre les mains de ses tortionnaires qui se seraient débarrassés de son corps en simulant de façon grossière une noyade.
Et, depuis lors, la famille du disparu n’a pu avoir accès à son dossier qui est pendant devant la Justice togolaise.
Ainsi, une fois de plus, cet assassinat d’Atsutsé Kokouvi AGBOBLI qui choqua fortement l’opinion, apporta-t-il la preuve tangible que l’impunité couvrant les crimes d’Etat au Togo ne pouvait avoir pour conséquence que la réédition de crimes odieux de ce genre dans le pays. »

Si, au moment où nous écrivions cette histoire, nous savions quel était cet « endroit où il fut gravement torturé (…) et serait décédé de façon imprévisible », mais que nous ne pouvions à l’époque nommer, prenant nos responsabilités dans les circonstances nouvelles qui le permettent désormais, nous disons clairement aujourd’hui que c’est bien à l’Agence nationale de renseignement (ANR) où Atsutsé Kokouvi AGBOBLI aurait été tué.

Après que cette ANR ait été décriée dans plusieurs dossiers qui font actuellement l’actualité :

— 1. Affaire Kpatcha GNASSINGBE et co-accusés qui a permis de savoir que ceux qui ont été arrêtés et illégalement détenus à l’ANR dans cette affaire présentée une « tentative de coup d’Etat », y ont été sauvagement torturés ;
— 2. Affaire AGBA Sow Bertin qui, après avoir été arrêté dans l’affaire d’escroquerie de l’homme d’affaire émirati Abass Al Youssef, a été illégalement détenu à l’ANR où il a été sauvagement torturé avant que la mobilisation de ses avocats ne permette de l’arracher de cet endroit afin qu’il soit transféré dans un premier temps à la Prison civile de Tsévié ;
— 3. Affaire de trafic présumé de drogue impliquant Eugène ATTIGAN qui a été arrêté et détenu en toute illégalité à l’ANR car cette institution a outrepassé ses droits et violé la loi n’ayant pas de prérogatives de police judiciaire ni d’être un centre de détention ;
— 4. Affaire du complot ourdi au sein même de l’ANR pour attenter à la vie des journalistes trop critiques à l’endroit de Faure GNASSINGBE et du régime RPT en les faisant assassiner soit dans des accidents déguisés de la circulation, soit par empoisonnement, soit directement par balles, complot à propos duquel des agents-mêmes de l’ANR ont tenu à alerter les journalistes ainsi visés ;
chacun peut facilement comprendre que tout le « mystère » qui n’a cessé de planer sur l’assassinat d’Atsutsé Kokouvi AGBOBLI peut donc désormais être levé avec cette révélation que nous faisons solennellement aujourd’hui.

3°) Le troisième document que nous avons l’honneur de présenter est un film documentaire réalisé par le Parti des travailleurs sous le titre : « L’assassinat de Sylvanus OLMPIO et la question de l’impunité au Togo ».

Après avoir présenté la vie et le combat de Sylvanus OLYMPIO, ce film documentaire de 7 heures de durée, monté à partir de nombreuses vidéos et photos de l’époque, déroule le film du complot qui a abouti à son assassinat, ses protagonistes et présente certaines des réactions internationales qu’il y eut à l’époque face à cette tragédie avant d’exposer, année par année tous les crimes du clan des GNASSINGBE contre le peuple togolais.

Depuis la prise du pouvoir par Eyadéma en 1967, tous les crimes commis par son régime ainsi que ceux commis par son fils Faure qui a été imposé au pouvoir par l’armée dans le cadre de la succession monarchique organisé à son décès, y sont été présentés avec un riche fonds de vidéos authentiques et photos captées souvent sur le vif de la répression des populations par la soldatesque de leur régime.

[Claude Améganvi rend hommage à Tavio Amorin et met en garde contre d’autres crimes->http://www.youtube.com/watch?v=HL0FgTre4SE&feature=related]