26/11/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Togo: Contre la dictature et pour des élections libres

CONTRE LA DICTATURE ET POUR DES ELECTIONS LIBRES

La coalition des partis a fait un premier pas vers la victoire en désignant un candidat unique, Emmanuel Akitani Bob, pour affronter Faure Gnassingbé aux élections. Ce candidat, né le 18 juillet 1930, est un homme d’âge mûr. Certaines personnes évoquent son âge pour insinuer qu’il est un homme du passé et pour mettre en doute son aptitude à affronter les défis d’aujourd’hui. Pour ces personnes, Faure Gnassingbé, nettement plus jeune, serait le chantre du modernisme en raison de son âge ! Cette argumentation, fondée sur l’âge du candidat de l’opposition et non sur ses idées, est fallacieuse et dangereuse. Il existe des jeunes dont les idées sont rétrogrades et décalées ; à l’inverse, on peut trouver des vieux ayant des idées modernes et en plus en avance sur leur temps. Débattons alors des idées et des questions qui préoccupent le peuple.

Emmanuel Akitani Bob : un homme d’expérience

Emmanuel Akitani Bob est indubitablement un homme d’âge mûr. Il avait occupé des fonctions à divers niveaux de responsabilité dans les secteurs privé, public et para public. C’est un homme d’expérience qui n’est pas entré dans la vie professionnelle par une petite porte de circonstance à l’Assemblée nationale ! Il jouissait d’une retraite tranquille tout en restant bien actif sur plusieurs plans. On lui reconnaît la droiture, la fidélité en politique, l’élégance d’esprit ainsi que l’intégrité morale et intellectuelle. En outre, ses expériences variées ont, probablement, renforcé son approche méthodique et rigoureuse des problèmes. Il a déjà dû conduire des projets lourds et compliqués dans sa carrière d’ingénieur. C’est un point fort qui mérite d’être signalé au moment de rebâtir une nation.

Peut-on dire que cet homme est sénile ou gravement malade ? Peut-on remettre en cause les capacités intellectuelles d’un homme sain de cet âge au vingt et unième siècle ? Certes, Emmanuel Akitani Bob n’a plus les jambes de ses vingt ans mais cherche-t-on un athlète capable de courir les 100 m en moins de 10 secondes à la tête de l’état ? Se focaliser sur l’âge d’Akitani Bob revient à porter l’attention sur un détail au détriment de questions plus préoccupantes concernant le legs catastrophique d’Eyadéma. Avant d’aborder les sujets qui intéressent l’avenir du Togo, il est opportun de rappeler les exemples d’hommes d’âge mûr qui assurent ou ont assuré avec succès de lourdes responsabilités dans le monde.

L’âge est-il forcément un handicap pour la conduite des affaires ?

Citons tout abord, le cas emblématique de Nelson Mandela, né le 18 juillet 1918 et élu à la tête de l’Afrique du Sud en 1994, soit à près de 76 ans. Mandela a négocié à un âge respectable la transition de l’Apartheid au régime démocratique que l’on connaît aujourd’hui. Malgré ses 76 ans à sa prise de pouvoir, il n’a pas failli à ses devoirs et a conduit les affaires avec vigueur et rigueur. Sans lui, la cohabitation entre les composantes de la société sud-africaine aurait pu se transformer en drame. Cet homme droit et honnête a toujours affiché pour son pays une ambition forte et exempte de toute ambiguïté, résumée par ces phrases prononcées à son procès de Rivonia « … I have cherished the ideal of a democratic and free society in which all persons live together in harmony and with equal opportunities. It is an ideal which I hope to live for and to achieve. But if needs be, it is an ideal for which I am prepared to die” . Cet idéal a toujours été son leitmotiv. Il aurait pu obtenir une deuxième investiture sans problème mais il a préféré se retirer sans toutefois se désintéresser de la vie politique, donnant ainsi au monde entier une belle leçon d’humilité et de sagesse. Ses récentes prises de position ont confirmé sa stature d’homme exceptionnel, courageux, moderne et de bon sens. Il est en avance dans bien de domaines sur Thabo Mbeki son successeur, nettement plus jeune que lui.

On peut également citer Sembene Ousmane, écrivain et cinéaste sénégalais, un autre homme qui fait honneur à toute l’Afrique. Né le 1er janvier 1923, il a aujourd’hui plus de 82 ans ! Il a à son actif plusieurs films et livres et est probablement l’un des meilleurs analystes et connaisseurs modernes de la vie économique, sociale et politique de l’Afrique. Lire ou voir ses analyses dans ses livres ou dans ses films est un pur moment de bonheur. En talent pur d’écriture, on peut le comparer, sans démagogie, à un Emile Zola ou à un Stefan Zweig. C’est probablement l’un des Africains les plus respectés aujourd’hui au monde. Comme il le dit lui-même si bien, « …en Afrique, on ne fait pas du cinéma pour vivre mais pour militer », il continue de lutter pour la cause africaine. Il affirme depuis longtemps que le salut de l’Afrique surviendra à travers la lutte et le courage des femmes. Son dernier film, « Moolaadé (2002) », est un véhément plaidoyer contre l’excision et les mutilations sexuelles des femmes. C’est un signe patent de courage et de modernisme à 82 ans passé !

Au-delà de l’Afrique, il existe dans le monde plusieurs dirigeants de haut rang et d’âge mur dans divers domaines. Alan Greenspan, le « Chairman » du Conseil des Gouverneurs du Federal Reserve System a été nommé par Reagan et reconduit à ce poste par tous les présidents suivants. Né le 6 mars 1926, Alan Greenspan a entamé son cinquième mandant en juin 2004, à plus de 78 ans ! En raison de la toute puissance de la Fed, les déclarations du Chairman sont passées au peigne fin par les analystes de la planète ! Les places financières guettent avec fébrilité la moindre déclaration de cet homme. On lui reconnaît une contribution essentielle dans le regain de crédibilité de la Fed dans les banques centrales ou privées et dans les marchés financiers. Il a accompagné la révolution des « nouvelles technologies de l’information et de la communication » en sachant faire la part des choses. A 79 ans, il continue de sillonner la terre et de délivrer des messages toujours très suivis ! Greenspan a eu son PhD en 1977, à 51 ans, un âge bien avancé !

Malgré ses déboires actuels, Maurice Greenberg, qui vient de démissionner de son poste de Directeur général d’American International Group (AIG), était considéré comme un grand capitaine d’industrie, craint et respecté. Il a géré une entreprise multinationale implantée dans plus de 130 pays et dont le chiffre d’affaires est d’environ 150 milliards de dollars. Cet homme de plus de 79 ans a été le patron de la première compagnie mondiale d’assurances. Il a quitté son poste sur la pointe des pieds comme d’autres patrons américains, jeunes ou d’âge mur, mais on met à son crédit le tour de force consistant à hisser une boîte insignifiante au premier rang de sa branche. Là aussi, l’âge a fait bon ménage avec le modernisme, la dureté de la concurrence et la gestion d’un patrimoine personnel colossal.

L’acteur et cinéaste Clint Eastwood apparaît dans un autre registre. Aux dernières cérémonies des oscars, il a récolté une belle moisson de récompenses : oscar du meilleur film, oscar du meilleur réalisateur, oscar de la meilleure actrice et celui du meilleur second rôle masculin ! Clint Eastwood, né le 30 mars 1930, navigue ainsi avec bonheur et réussite dans un milieu où il ne fait pas bon d’être d’un certain âge. Il est entré dans le métier en 1955 ; il y est encore à 75 ans sans donner l’impression de vouloir s’arrêter ni d’être blasé !

On pourrait multiplier des exemples de ce genre dans divers milieux (science, médecine, arts, lettres, musique, etc.). Le modernisme peut dépendre de l’âge mais avoir 40 ans ne signifie pas forcément avoir des idées modernes ou être proches des préoccupations des jeunes. Se précipiter pour occuper une place vacante de président de la république, sans aucune légitimité, est une idée du moyen âge qui n’a rien à voir avec le modernisme.

Evoquer l’âge d’un candidat à une haute fonction pour le disculper est une preuve supplémentaire de mauvaise foi voire de malhonnêteté intellectuelle. On ne devrait pas prêter attention aux attaques de ce type mais il faut combattre le RPT sur tous les fronts. Par ailleurs, l’espérance de vie a augmenté presque partout dans le monde à l’exception de l’Afrique. Si les dirigeants africains des dernières décennies, Eyadéma et consorts, avaient pris à bras le corps le problème posé par certaines pandémies, l’espérance de vie aurait augmenté en Afrique aussi. On aurait donc pu avoir des femmes et des hommes d’âge à mûr au chevet de nos économies en détresse.

Nous ne sommes pas en train de faire l’apologie de l’âge mûr, nous voulons montrer qu’il est faux de faire croire qu’il existe une équivalence entre l’âge et le degré de modernisme d’un homme. Il existe des jeunes notoirement incompétents, inefficaces, malhonnêtes, incorrects, manquant de bon sens, de dignité et de droiture d’esprit. Ces défauts peuvent également être retrouvés chez des hommes d’âge mûr. Seules les expériences capitalisées peuvent départager les hommes qu’ils soient jeunes ou vieux. De fait, le débat sur l’âge est un faux problème. En revanche, répondre à certaines questions relatives à notre avenir est primordial. Que voulons-nous pour le Togo de demain ? De quel Togo rêvons nous après 38 ans de tyrannie ? Quelles stratégies devrons-nous adopter pour répondre aux défis de demain (gagner le combat contre les divisions inter ethniques ou régionales des séquelles du régime Eyadéma ; vaincre la pauvreté et la misère ; instaurer la démocratie, redynamiser notre économie, etc.) ? Quel est le candidat le mieux armé pour porter les espoirs de la majorité ?

Des questions pouvant faire l’objet de débat

Eyadema a laissé le Togo dans un état de division jamais égalé. Outre les divisions régionale, ethnique et sociale, l’économie est dans un état désastreux et connaît probablement la phase la plus délicate de son histoire moderne. Dans le même temps, les alliés du tyran défunt, les barons du RPT, vivent dans une opulence révoltante et sans borne. Notre système d’éducation et de formation est à la dérive depuis plusieurs années ; notre politique sanitaire fonctionne au mieux à deux vitesses de telle sorte que seuls les nantis et leurs proches bénéficient de soins dignes de ce nom. Même si les mouvements du début des années 90 ont permis de grignoter des espaces de contestations, sur le front des libertés individuelles et collectives, la situation générale demeure plus que préoccupante. Le Togo d’Eyadema était le pays le moins démocratique de la sous région et, probablement de toute l’Afrique. Par conséquent, de sérieux problèmes attendent nos futurs dirigeants.

Après près de quarante ans de dictature et de pouvoir sans partage, le prochain Président de la République devrait rompre avec les pratiques répugnantes et crapuleuses de l’ancien régime et mettre le pays sur orbite pour la conquête et la consolidation d’une véritable démocratie. Il est donc nécessaire que le candidat de l’opposition, seul susceptible à nos yeux de ramener la quiétude au Togo, prenne des engagements fermes sur un certain nombre de points lui permettant de se décaler encore plus de Faure Gnassingbé :

– rendre la cohabitation possible et paisible entre tous les Togolais quelle que soit leur ethnie, région d’origine, religion ou catégorie socio – professionnelle. Tout togolais doit se sentir chez lui où qu’il aille sur l’étendue du territoire. Aucune discrimination ne doit être tolérée dans le Togo de demain. Le fait d’appartenir à un corps ne doit donner lieu à aucun passe droit. Le Togo appartient au même titre à tous ses habitants ; ils y ont les mêmes devoirs et de droits. Comme l’a si bien dit le philosophe noir américain, « … si tu aimes la justice, tu détestes toute forme de discrimination », nous devrons maintenant chérir la justice et l’équité ; condamnons sans équivoque toutes les formes de discrimination sur notre territoire ;

– rendre le Togo à son seul et unique propriétaire, le peuple. Ce dernier, pris en otage par Eyadema et ses alliés pendant trente huit ans, veut tourner la page du despotisme et de la loi de l’arbitraire. Le nouveau régime doit imposer une éthique politique: les Togolais doivent enrichir le Togo et non s’en servir pour leur propre compte. Le pouvoir ne doit plus favoriser les intérêts d’une personne ou d’un clan mais être mis à la disposition de la collectivité. Faire la politique ne consiste pas à soigner son propre bien-être ou approvisionner ses comptes bancaires par l’argent public. Faire la politique signifie avoir le sens du devoir et oeuvrer pour le bien-être collectif ;

– mettre en place des garde-fous pour préserver le pays contre les dérives d’un pouvoir personnalisé à outrance ou contre l’avènement d’un régime autocratique, tyrannique ou dictatorial. Le futur Président doit s’engager à réformer nos institutions et mettre en place de véritables organes indépendants de contrôle des actes publics et politiques. Une séparation des pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif par exemple doit être instaurée. Le pouvoir judiciaire doit jouir d’une totale indépendance ; la justice doit alors fonctionner selon la loi et non inféodée au prince ;

– instaurer, garantir et protéger les libertés individuelles et collectives fondamentales. Chaque habitant doit pouvoir jouir de la liberté d’expression, de celle de religion ou de philosophie, de la liberté politique ou d’association non seulement dans les lettres mais également dans les faits. Les nouvelles lois doivent protéger les citoyens contre toutes les violations et abus d’où qu’ils viennent, veiller sur leur sécurité, préserver leurs libertés. La liberté de la presse doit être établie et garantie ; la désinformation doit être bannie ; les lois scélérates et liberticides imposées par l’ancien régime doivent être abolies et supprimées du code pénal. Une modification de la Loi Fondamentale est indispensable pour revenir à une constitution non taillée sur mesure pour un homme mais correspondant à l’idéal de vie et au choix de société de tout un peuple ;

– introduire la rigueur et le contrôle dans la gestion de la chose et des biens publics. Nous devrions intégrer dans notre démarche politique, le respect de la chose publique. Etre responsable d’un budget ne doit plus signifier être propriétaire de la caisse. Les femmes et hommes qui exercent des responsabilités publiques doivent apprendre à rendre des comptes. Ils doivent être sévèrement sanctionnés en cas de manquement à leurs obligations. Les nominations dans la fonction publique et dans les entreprises d’état ne doivent plus être opérées sur une base clanique ou ethnique. La compétence et l’expérience du candidat doivent désormais y jouer un rôle primordial. L’impunité en cas de malversations financières, caractéristique principale du précédent régime, doit disparaître du paysage politique. Demander au peuple de faire des efforts signifie avoir des dirigeants aux mains propres et non des membres d’une mafia ! C’est le président qui doit orchestrer la nouvelle approche de la politique ;

– mettre fin au règne de la gabegie et de la corruption. Il est inconcevable que des citoyens meurent de faim, que des soins ne soient pas dispensés convenablement tandis que des milliards disparaissent frauduleusement dans les poches des dirigeants. Un geste fort du nouveau président consistera à faire de la lutte contre la corruption et la gabegie un des points centraux de son programme politique. Il s’agit ici d’une véritable lutte contre ces maux et non du simulacre mis en place par le tyran défunt. Les appels d’offre concernant les marchés publics doivent être totalement transparents ; des instances indépendantes et compétentes de contrôle doivent être instaurées. Une lutte féroce et sans merci doit être menée contre les fraudeurs.

Les points soulignés ici ne font, bien évidemment, pas le tour des problèmes auxquels le Togo est confronté aujourd’hui. Cette liste est partielle et non exhaustive mais comporte des éléments sur lesquels le nouveau pouvoir ne doit pas transiger. Nous pensons que le prochain gouvernement ne devrait pas lancer de grandes réformes en matière économique car les élections du 24 avril ne vont pas se faire sur le programme d’un parti mais sur une volonté commune de ne plus subir une dictature. Le problème de l’armée par exemple est mis volontairement en berne car sa résolution exige une réforme trop lourde à mettre en place immédiatement. Si débat il doit y avoir, il devrait porter sur les urgences auxquelles il faudrait faire face pour soulager le peuple et retrouver une relative sérénité au Togo.

Emmanuel Akitani Bob est digne d’être le Président de tous les Togolais

Faure Gnassingbé n’a pas les capacités pour conduire le Togo, pour y garantir la paix et la stabilité ou pour y instaurer et protéger les libertés individuelles et collectives. A la mort de son père, il s’est comporté comme un voyou, prêt à tout pour conserver un pouvoir illégitime. Il a montré que seul le pouvoir l’intéressait et n’avait que faire des règles les plus élémentaires de respect ou de décence. Il a bafoué sans état d’âme la Loi fondamentale, tripatouillée à plusieurs reprises pour assouvir sa soif du pouvoir et préserver les intérêts de son clan. Ses options ont montré à la terre entière qu’il est un adepte d’un pouvoir despotique et clanique. En outre, il est prêt à user de subterfuges y compris les plus frauduleux pour voler les suffrages des électeurs. Faure Gnassingbé n’est pas qualifié pour prendre les rênes du pouvoir au Togo. Il doit comprendre que le temps des dictatures à la Eyadéma est révolu. Ses partisans font valoir sa jeunesse pour stigmatiser la candidature de Emmanuel Akitani Bob. Qu’il se serve de cette jeunesse pour retourner à l’école de la vie et acquérir une expérience de la chose publique. Peut-il présenter au peuple un bilan sur son activité professionnelle ? Sur quoi est fondée sa nomination au gouvernement ? Dans quelle entreprise a-t-il exercé des responsabilités ? Où a-t-il montré son savoir-faire ? Rien ne vient créditer sa candidature. Il faut l’empêcher de nuire au pays en votant massivement en faveur d’Akitani Bob.

L’âge du candidat unique de l’opposition est dans le contexte actuel un atout : il n’y a pas de risque qu’il s’incruste au pouvoir pendant 38 ans ; c’est un homme d’expérience qui a eu, outre une formation excellente et sélective, des expériences professionnelles et politiques confirmées ; c’est un homme à qui on ne peut reprocher ni des malversations financières ni un copinage avec la dictature d’Eyadema ; c’est un homme qui a toujours respecté la loi et qui n’a jamais eu d’autres ennuis que les tracasseries exercées à son encontre par le défunt tyran ; c’est un homme de parole, respecté pour sa fidélité en politique et son sens du devoir. Akitani Bob fera l’affaire compte tenu des circonstances actuelles. Certes, un autre choix était possible mais l’heure n’est plus aux supputations ou aux tergiversations. Nous avons une équation simple dont nous connaissons la solution : barrer la route au clan Eyadéma.

Nous appelons à une mobilisation sans arrière pensée en faveur du candidat unique de la majorité de l’opposition. Cette mobilisation doit prendre toutes les formes possibles : une mobilisation financière y compris auprès des démocrates non ressortissants Togolais ; une mobilisation dans les médias ; une incitation de la frange de la population qui pourrait être tentée par le découragement ou terrorisée par les hommes de main du RPT ; une mobilisation auprès des responsables des partis qui pourraient penser à tirer leurs épingles du jeu en pensant avant tout à leurs propres intérêts. Il ne nous reste plus que deux semaines, nous devons montrer notre détermination et notre volonté de voir chuter ce régime qui nous empoisonne la vie depuis trop longtemps. Nous devons donc inciter les gens à « bouger » sur les places du marché ou dans les hôpitaux, dans les écoles, à l’université ou dans les collèges ou à l’église, au temple ou dans les mosquées.

Pour nous, l’objet du défi actuel est donc très simple : pour ou contre le régime clanique instauré par Eyadema et que veut proroger Faure Gnassingbé ? Si vous êtes contre ce régime alors faites le savoir autour de vous et faites tout pour que le peuple se mobilise! Tout autre question n’est ni de mise ni opportune aujourd’hui.

La mobilisation de tous les partis est l’une des conditions de notre victoire

Il est possible que le choix du candidat unique ait suscité des rancoeurs ci et là. Il est sûr que certains dirigeants de l’opposition considèrent qu’ils sont plus aptes à occuper le poste du Président de la République. Il est également possible que des maladresses des uns et des autres aient blessé, découragé, déçu certains responsables de l’opposition qui, de ce fait, « se mettent un peu à l’écart ». A ceux-ci, nous souhaitons dire une seule chose : nous avons une chance de battre la dictature, ne la gâchons pas. S’il vous plaît, mettez vos ressentiments et querelles entre parenthèses. Jouons ensemble la partition qui pourrait nous conduire à la victoire finale. Mobilisons toutes nos forces et montrons au monde entier et, prioritairement, à notre peuple que nous avons tous la volonté de tourner la page de la dictature. Une fois la tyrannie à terre, une véritable compétition politique permettra une répartition nouvelle des cartes. Les ambitions personnelles qui sont légitimes s’exprimeront alors sans retenue. Soyons responsables pour nous et pour les futures générations.

L’UFC doit garder à l’esprit le fait que Emmanuel Akitani Bob est le candidat de l’opposition et que la mobilisation se fait surtout contre la dictature. La victoire ne sera possible qu’avec le soutien de l’ensemble des démocrates y compris ceux n’appartenant à aucun parti de la coalition. L’UFC ne doit donc afficher ni suffisance, ni arrogance, ni prétention exagérée ou mépris vis-à-vis de ses partenaires. Seul un collège de responsables issus des partis et de la « société civile » devrait épauler le candidat de toute l’opposition qui est un primus inter pares. Son appartenance à l’UFC ne doit pas être gommée mais elle doit se fondre dans la défense de nos intérêts communs. L’ambition du candidat ne devrait pas consister à gagner les élections pour son parti mais pour le peuple togolais. Plus de calculs mesquins, plus de défense d’intérêts individuels ou partisans, plus de discussions inutiles, le moment est venu d’agir ensemble. Réunissons nos forces et concentrons nous sur l’essentiel, l’alternance est possible. Pour cela, l’apport de tous est nécessaire.

Comme l’a dit un philosophe français, « le choix en politique n’est pas entre le bien et le mal mais entre le détestable et le préférable ». Bien sûr, c’est le « préférable » que nous recommandons avec enthousiasme ! Jalal Talabani, 72 ans, le nouveau président irakien, a l’habitude de dire, « j’ai passé ma vie à combattre pour la démocratie ». Emmanuel Akitani Bob peut dire la même chose. Ce n’est pas le cas de Faure Gnassingbé. C’est une raison forte pour se mobiliser pour la candidature et la victoire du candidat de l’opposition et mettre fin à la dictature et s’ouvrir enfin au monde moderne et au développement !

Paris le 10 avril 2005

EYIDI CLARA ET AGOU WOOD
AGOU_EYIDI@HOTMAIL.COM