06/10/2022

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Togo: Djovi Gally rejoint l’UFC de Gilchrist Olympio

PANAPRESS-14/03/08-L’avocat togolais, Djovi Gally, militant des droits de l’homme et ancien ministre des Droits de l’homme, a annoncé solennellement, vendredi, son adhésion à l’Union des forces de changement (UFC) de l’opposant Gilchrist Olympio.

Au cours d’une conférence de presse à Lomé, Me Gally, connu pour son franc parler, a expliqué que son engagement au sein du parti de Gilchrist Olympio vient des leçons qu’il a tirées des législatives du 14 octobre 2007 au cours desquelles cette formation politique a remporté 27 sièges à l’Assemblée contre 50 pour le Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir).

« Je crois que l’UFC constitue la force motrice qui peut apporter le changement et oeuvrer pour une alternance au Togo et il faut lui donner du soutien », a-t-il dit, devant un parterre de journalistes et de personnalités de la société civile.

Il a justifié son choix par le fait que « les Togolais votent de manière têtue et toujours massivement pour ce parti », ajoutant que l’idéologie de l’UFC (semble) convenir aux populations togolaises qui, a-t-il dit, « veulent un changement fondamental ».

L’annonce de l’adhésion de Me Djovi Gally, très proche de l’ancien Premier ministre Edem Kodjo, au sein du parti de Gilchrist Olympio constitue une surprise.

Selon des informations dignes de foi, Me Gally, qui ambitionne de devenir maire de la ville de Lomé, veut passer par le canal de l’UFC, parti bien assis dans la capitale togolaise avec 4 députés sur 5 pour y parvenir.

La cinquantaine, Me Djovi Gally s’est engagé très tôt dans le combat pour les droits de l’homme et la démocratie du temps du parti unique en participant à des débats contradictoires et en intégrant plusieurs associations de défenseurs des libertés.

Il a occupé le poste de ministre des Droits de l’homme et de la Promotion de la démocratie pendant la transition politique en 1991-1993.

Il dirige, depuis lors, deux organisations : l’Association pour la promotion de l’Etat de droit (APED) et l’Observatoire panafricain de la démocratie (OPAD), basé à Lomé.

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CONFERENCE DE PRESSE
DE MAITRE DJOVI GALLY
avocat à la Cour, ancien Ministre

Lomé, Centre Christ Rédempteur, 14 mars 2008

DECLARATION LIMINAIRE

Mesdames, Messieurs,

Merci d’être venus si nombreux à cette conférence de presse que j’anime ce matin, pour tirer les conséquences politiques des élections législatives du 14 octobre 2007.

Mesdames, Messieurs,

Il y a 50 ans, le 27 avril 1958, le Peuple togolais a définitivement choisi, à la suite d’une longue lutte, de s’affranchir du joug de la domination en affirmant aux yeux du monde étonné sa vocation irrésistible à la liberté.

La victoire électorale ainsi donnée par le Peuple souverain au front nationaliste conduit par le CUT (Comité de l’Unité Togolaise) devra aboutir à la Proclamation de l’Indépendance du Togo deux années plus tard, le 27 avril 1960, par le Président Sylvanus OLYMPIO.
Le coup d’Etat du 13 janvier 1963, caractérisé par l’assassinat du Père de l’Indépendance, Sylvanus OLYMPIO, a introduit dans le corps social de notre pays un désordre moral – au sens théologique du terme – dont les conséquences se font sentir jusqu’aujourd’hui.

Le Togo est ainsi entré dans un cycle de violences et de tâtonnements qui, au fil des ans, a conduit notre pays à la dérive.

Le processus de démocratisation amorcé dans les années 1990 – marqué notamment par la révolte populaire du 5 octobre 1990 contre le Pouvoir monolithique oppressant du RPT – qui devrait permettre la refondation de notre chère Nation, s’est malheureusement heurté à la résistance de forces du conservatisme voulant protéger leurs privilèges indus, et à la division et à la faiblesse des forces démocratiques.

La Conférence Nationale des forces vives des mois de Juillet et Août 1991 a soulevé des espérances, mais très vite trahies par une Transition chaotique où la violence aveugle d’une part, et l’amateurisme politique d’autre part, ont replongé notre Peuple dans un abîme de souffrances indicibles.

Ainsi, d’années en années, d’accords politiques en accords politiques, d’élections en élections – les unes aussi approximatives que les autres – le Togo meurtri ne fait que compter ses morts, ses blessés et ses laissés-pour-compte…

Le coup d’Etat militaire du 5 Février 2005 à la mort du Président EYADEMA, et qui a porté M. Faure GNASSINGBE au pouvoir, a introduit une instabilité institutionnelle que le coup d’Etat constitutionnel subséquent n’a pu corriger…

Les élections présidentielles du 24 Avril 2005 organisées avec la « complicité » de la Communauté internationale, ont été suivies de violences d’une rare intensité. Le rapport de vérification des faits des Nations Unies parle de 400 à 500 morts !…

A la suite de l’Accord Politique Global (APG) du 20 Août 2006 signé à l’issue du Dialogue inter togolais, sous l’égide du Président COMPAORE du Burkina Faso, et conformément aux 22 engagements pris à Bruxelles le 14 avril 2004 par le Gouvernement de la République Togolaise devant l’Union Européenne, les élections législatives ont été organisées le 14 octobre 2007.

Ces consultations électorales ont envoyé à l’Assemblée Nationale 3 formations politiques : le RPT, l’UFC et le CAR.

Les résultats officiels, en termes de voix, dégagent deux forces politiques principales, le RPT et l’UFC, chacune totalisant environ 900.000 voix.

Aujourd’hui, il est donc clair, comme l’eau de roche, que la force motrice du changement politique au Togo – identifiée comme telle par le Peuple togolais à travers les urnes – est et demeure l’UFC, l’Union des Forces de Changement. Ce que nous savions déjà depuis de longues années !…

Mesdames, Messieurs,

Durant ce long processus, comme vous le savez, j’ai personnellement pris une part active à ce noble combat de notre Peuple, pour un Togo libre, fraternel, prospère et juste.

Pendant plus de 2 décennies, j’ai agi de manière multiforme pour l’avènement de la Démocratie et de l’Etat de droit dans notre chère Patrie.

Souvent incompris – et malgré les critiques souvent injustes – j’ai gardé une foi inébranlable dans notre combat commun.

J’ai été nourri dans cette foi depuis le sein maternel, et éduqué à l’amour intrépide de la Patrie par mes parents.

Le 24 avril 1987, devant la dépouille mortelle de mon père, je disais ceci :

« Et autant tu nous aimais, Papa, autant tu aimais ce TOGO chéri, cette Terre de nos Aïeux. Et tu nous a appris à aimer cette Patrie Togolaise, dans la Liberté, et par le Travail.

Et ce jour mémorable du 27 Avril 1958, ce jour unique, où le Peuple du Togo allait poser le pas décisif de sa longue marche qui se poursuit, tu étais souffrant, tu étais en plâtre, mais tu avais demandé que l’on te transportât sur un brancard, jusque sur le lieu du vote. Et tu avais déposé ton bulletin dans l’urne. Car, devais-tu me confier plus tard, tu ne voulais pas être absent de l’Histoire…
Et ce même jour, devait naître ma petite sœur à qui tu avais donné ce nom béni : ABLODEVI.
Voilà pourquoi, devant ce cercueil blanc, symbole de la plénitude de la liberté vers laquelle ton cœur a toujours soupiré, et en fidélité à ta mémoire désormais vénérée, je redis, avec la fierté du fils, mon engagement irrévocable aux côtés du peuple, de ceux qui souffrent, de ceux qui sont victimes de toute forme d’oppression, dans l’éternel combat pour les Droits de l’homme et la Liberté. »

C’est cette même foi qui m’animait lorsque je prononçais les conférences publiques depuis 1984, à mon retour au Togo après mes études supérieures en France, pour éveiller la conscience de mes compatriotes aux exigences de la liberté et de la dignité.

Nous étions au temps du Parti unique où une chape de plomb était suspendue sur le Togo tout entier.

Et il a fallu du courage !

Il vous en souvient, j’avais prononcé la 22è conférence au Centre Culturel Américain de Lomé, le 4 décembre 1989, sur le thème :
« l’indépendance des juges aux Etats-Unis, ciment de la Démocratie américaine »

Cette conférence où j’avais fermement condamné le Parti unique – qui est par essence liberticide – m’avait attiré les foudres du régime.

J’ai été convoqué dès le lendemain à 5H 30 du matin à la Direction de la Sûreté Nationale, en même temps que Me Joseph KOFFIGOH et M. Michel AHYI (LABORATHENA) qui étaient intervenus dans les débats.

Quelques jours plus tard, tous les avocats ont été convoqués à la maison du RPT (actuel Palais des Congrès) devant les instances du Parti : Bureau politique, Comité central, Bureau National de la JRPT, Bureau national de l’UNFT, Bureau national de l’Union des Chefs traditionnels du Togo… Ce fut un moment de grande épreuve pour notre Barreau.

La suite, vous la connaissez…

Mesdames, Messieurs,

Cette fameuse conférence, je la concluais en ces termes, parlant des Pères fondateurs de la Nation américaine :
« Les grands moments de l’histoire d’un peuple sont ceux où il pose des pas pour sa liberté en refusant la soumission, la résignation, le silence complice, la facilité et la médiocrité, le mensonge et la démission généralisée…
Ces pas décisifs sont souvent l’œuvre de quelques hommes décidés à mener, contre vents et marées, le combat historique.»

Voilà pourquoi, après avoir longuement délibéré avec moi-même, et afin d’apporter ma contribution sans défaillance, à l’alternance politique, indispensable à la restauration de l’équilibre fondamental de notre société togolaise, devant Dieu et devant l’Histoire, j’annonce solennellement, mon adhésion à compter de ce jour, à l’Union des Forces de Changement (UFC), parti politique dirigé par M. Gilchrist OLYMPIO.

Vive la République !
Vive le Togo !
Djovi GALLY