08/08/2022

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Togo: la tournée de l’UFC dans l’ensemble du pays

Elections législatives 2007: Bilan de la tournée du Bureau National de l’UFC

Du 29 novembre au 08 décembre 2006, le Bureau National de l’Union des Forces de Changement (UFC) était en tournée sur toute l’étendue du territoire. L’objectif était d’expliquer aux fédérations, sections, sous-sections la situation politique qui prévaut actuellement au Togo et de les mobiliser dans la perspective des élections législatives.

Des responsables de l’UFC viennent de sillonner l’ensemble du territoire national togolais. Sans trompettes, ni tambours. Mais dans la pure tradition de ce parti qui ne fait jamais des questions de son implantation et de ses structures.

L’option a été : le sérieux et l’efficacité dans le contrôle des fédérations, de l’implantation du parti jusque dans les hameaux les plus reculés du Togo. En sorte, ce fut la répétition générale et la mise en ordre de bataille de l’ensemble de l’appareil du parti : fédérations, sections, sous-sections. Il y a autant de fédérations de l’UFC qu’il n’existe de Préfectures et de sous préfectures. Les Fédérations sont même démultipliées dans les préfectures trop populeuses ou trop larges. C’est le cas de Lomé Commune qui, à lui seul, compte 6 fédérations.

L’ambiance pendant cette tournée était à la confiance et l’envie folle de relever le nouveau défi lancé au peuple et à l’UFC à travers l’annonce de la tenue prochaine des législatives. Tous les militants sont prêts à prouver que leur parti, l’UFC, est le plus fort, le plus populaire, le mieux structuré pour remporter cette nouvelle échéance électorale. Leur souhait pour ce faire est que le parti leur donne plus de moyens pour travailler sur le terrain.

De même, l’épineuse question de l’insécurité à la base de la confiscation des résultats positifs obtenus par le parti dans les urnes a été abordée.

Les militants n’ont pas manqué d’évoquer l’absence prolongée des responsables depuis l’élection présidentielle de 2005 et la gestion humaine et financière approximative par la Coalition. Mais, ils n’en tiennent pas rigueur au parti. Seulement, ils demandent aux responsables d’en tirer toutes les leçons pour l’avenir. Des assurances ont été données en ce qui concerne les moyens matériels et techniques et plusieurs tournées de contact, de sensibilisation sont d’ores et déjà programmées pour que la direction ne se coupe plus de la base.

Sur l’insécurité, les dispositions prévues par l’APG ont été expliquées et mises en exergue. Toutefois, la vigilance doit être de mise pour ne pas être surpris une fois de plus par la violence inouïe sur les populations et les vols électoraux.

Si les responsables du parti sont rentrés confiants et rassurés, comment se sont-ils organisés avant de partir et quels objectifs se sont-ils fixés ? Cette première tournée du Bureau National a eu pour but de rencontrer les bureaux fédéraux du parti et leurs démembrements, de discuter avec les responsables fédéraux et arrêter les directives et orientations en vue d’une mobilisation générale des populations pour assurer une victoire éclatante de l’UFC aux prochaines élections législatives.

Pour chaque séance de travail, les délégations du Bureau National chargées de cette tournée ont veillé à désigner un rapporteur qui proposera un compte rendu destiné à l’élaboration d’un rapport général de synthèse.

A chaque séance, les sentiments de compassion ont été transmis, au nom du Président National et du Bureau National, à tous ceux qui ont souffert et qui souffrent encore des péripéties de la lutte héroïque menée par tout un peuple pour la reconquête d’un Togo libre, paisible et prospère. Au début de chaque réunion, le chef de délégation a donné :
le bilan de la coalition pour l’élection présidentielle d’avril 2005
les motivations des rencontres d’Abuja, de Sant’Egidio, d’Accra, etc.
les motivations du dialogue intertogolais et la signature de l’APG du 20 août 2006.
les positions et appréciations du parti sur la désignation du Premier ministre, la formation du gouvernement, la désignation du président de la CENI etc.
Les questions relatives à la situation des réfugiés, des prisonniers et des déplacés ont occupé une place importante dans les échanges ; des visites de compassion et de condoléances ont été effectuées et des déplacements sur les lieux des drames ont été faits.
Le rôle des femmes et des jeunes a été mis en exergue lors des discussions
La situation sécuritaire, le libre exercice des activités politiques ont été discutés ; la nécessité de redéploiement dans les préfectures et les nouvelles nominations dans les délégations spéciales dans un esprit de partage ont été soulevées.

D’autant plus que certains préfets font déjà 10, voire 13 ans à leur poste et finissent par se considérer comme les rois inamovibles du coin. Certains comme ceux de la Kéran et de Sotouboua ont du mal à s’inscrire dans l’esprit de l’APG. Quant au Préfet de l’Est-Mono, il a été signalé qu’il aurait racketté des militants du parti à hauteur de 500.000 F CFA avant de les autoriser à s’installer de nouveau dans l’Est-Mono, à leur retour d’exil après les événements de 2005.

Pendant cette tournée, le parti a écrit au Ministre de l’Administration Territoriale avec copie au Ministère de la Sécurité et ce, à titre d’information. La plupart des préfets, des commandants de Brigade, des commissaires et leurs éléments, ont fait le travail comme il le fallait. Souvent même avec une certaine malice au lieu d’assurer la sécurité du dehors, ils s’installaient dans le lieu privé où se tenait la réunion, écoutaient tout et parfois même prenaient des notes. Pourvu que ça dure jusqu’ à la fin du processus.

Après ces explications, les délégations en sont venues à l’essentiel, l’état des lieux des fédérations, des sections et des sous-sections du parti. Les débats qui s’en sont suivis, ont permis de consolider les positions ou encore d’aplanir les diverses difficultés que rencontrent les bureaux quant à leur composition, fonctionnement et activités sur le terrain.

Les responsables fédéraux ont été invités à resserrer les rangs pour faire face à la donne politique créée à la suite de la signature de l’APG le 20 août 2006 et des tentatives répétées d’exclusion de l’UFC de la vie politique nationale.

Les responsables fédéraux ont été invités à observer une discipline sans faille qui permettra de se ranger résolument derrière les candidats désignés par les instances locales et nationales du parti.

Il a été relevé que chaque fédération doit démontrer sa capacité de large mobilisation des populations autour des valeurs de l’UFC pour l’avènement du vrai changement auquel aspire le peuple togolais longtemps spolié, opprimé, torturé et martyrisé. Pour cela, chaque fédération doit s’atteler à un travail intense de mobilisation interne au sein du parti et prendre sur elle de rassembler un électorat au-delà des militants et sympathisants de l’UFC.

Le constat a donc été fait au niveau de chaque fédération qu’en aucun cas, l’UFC ne fait l’objet d’un rejet de la part des Togolais. Chaque fédération doit se consacrer résolument au travail de mobilisation intense partout sur l’étendue de son fief électoral.

Il leur a été dit de ne pas perdre leur temps à s’occuper de particules créés juste pour tenter de porter préjudice à l’UFC au passage, se procurer à eux-mêmes les subsides qui leur manquaient tant que ces particules qui n’ont pour thème de sensibilisation et de propagande, que des dénigrements de l’UFC, mourront de leur propre mort que ce soit dans le Vo, dans le Danyi, dans les Akposso, car, il s’agit de bastions nationalistes où les oiseaux migrateurs n’ont pas de place pour se faire une cachette. Ces fédérations ont répondu qu’une hirondelle ne fait pas le printemps.

Les fédérations ont été rassurées qu’en cas de victoire, tous seront à des niveaux divers, associés à la question de la République (nationale, régionale, préfectorale, cantonale, villageoise, etc). Ainsi donc, ces responsables, militants et sympathisants doivent par conséquent oeuvrer à cette victoire, que l’UFC soit au gouvernement ou pas.

Ce sont là, les grandes lignes des échanges, en dehors des questions relatives à la loyauté au courage et à l’abnégation des futurs candidats, des membres UFC des CELI et de ceux des Bureaux de vote, le recensement par le système du kit et confection des cartes d’électeurs avec photos a remporté la préférence des militants. Le programme de délivrance des cartes nationales d’identité doit s’inscrire dans la durée et ne pas constituer un obstacle sur le chemin des électeurs. Des pièces en tenant lieu doivent être acceptées et le témoignage accepté.

Quant au mode de scrutin, les responsables craignent que le proportionnelle qui serait une nouveauté, ne perturbe les électeurs et complique les tâches des membres dans les CELI, bureaux de vote, et CENI. Si on ne veut pas nuire, pourquoi ne pas faire plus simple en choisissant le mode à deux tours se demandaient les partisans ? Dans tous les cas, ils entendent se mobiliser pour gagner, pour peu que l’insécurité soit bannie.

Il y avait deux grandes délégations :
Pour les régions Maritimes et Plateaux, la délégation est dirigée par le Vice-président Patrick Lawson avec comme autres membres, Kouevi André, Amétitovi François, Mme Haden Atakpamèto, Jean-Baptiste Dagbovie, Charles Alissoutui.
Pour les régions centrales, de la Kara et des Savanes : Jean-Pierre Fabre comme chef de délégation. Autres membres : les vice-présidents Diabacté Brim Hamadou (Savanes) et Kakou Emmanuel (Kara et Centrale). Ont devancé ces délégations, les coordinateurs fédéraux et cadres du parti ressortissants des préfectures respectives dans le but d’aller aider les responsables locaux à préparer l’organisation des différentes réunions. Cette tournée a duré environ deux semaines.

par Didier Ledoux
Article publié dans Liberté Hebdo N°147 du 15 décembre 2006