01/07/2022

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Togo : Le Frac dans les rues ce jeudi

AfriSCOOP/14/03/2011 — Le Frac (Front républicain pour l’alternance et le changement) n’entend pas du tout baliser la route au vote du « projet de loi Bodjona » par son mutisme. Pour éclairer la lanterne des Togolais et dénoncer ce projet de loi, ce Front entend battre le pavé ce 17 mars 2011, à partir de 08h, à travers une « grande marche pacifique ».

Le plat de résistance du 10ème meeting hebdomadaire du Frac en 2011 était simple : « Se mobiliser pour arracher le retrait immédiat et sans condition du projet de loi scélérat de Pascal Bodjona ». Pour ce faire, tous les intervenants qui se sont succédés sur le podium du Frac ce 12 mars y sont allés de leurs mots et de leurs explications. D’une part pour haranguer et chauffer la détermination des inconditionnels du Frac, et d’autre part pour éclairer leur lanterne.

« Le projet de loi Bodjona est une imposture. La marche de jeudi prochain n’est pas une démarche revendicative solitaire de l’Anc, mais de tout le peuple togolais ! Nous en appelons à la conscience de tous pour une grande et bonne mobilisation ! Rendez-vous jeudi dans les rues de Lomé », s’est efforcé d’expliquer Edem Akantsi (secrétaire national aux Affaires politiques de l’Anc). « Cette mobilisation doit se faire porte à porte », a poursuivi le Secrétaire national à la coordination du Pt (Parti des travailleurs), Claude Ameganvi. Le bouillant Ameganvi a profité de cette tribune pour donner lecture d’un « appel à la démission de Faure Gnassingbé, au plus tard le 26 avril 2011 » ! Un appel lancé sur internet le 26 février dernier par la Togolaise vivant aux Etats-Unis, Farida Nabourema. Dans son texte, cette dernière lance, entre autres, un avertissement au président Faure : « Le vent de la liberté souffle, et il vient dans votre direction » ! C. Ameganvi a de ce fait appelé les participants au meeting du samedi dernier à signer une grande pétition autour de cet appel de Farida Nabourema. M. Ameganvi a réclamé « 500.000 à 1 million de signatures » !

Bien-fondé de la grande mobilisation annoncée jeudi

C’est Me Manavi Ameganvi, avocate de son état, qui a mis à nu les incongruités juridiques contenues dans l’avant-projet de loi adopté le 02 mars dernier par le gouvernement « Houngbo 2 ». « L’avant-projet de loi adopté par le gouvernement est liberticide ! Nous mettrons à l’épreuve le gouvernement le 17 mars, au sujet des dispositions de ce projet de loi qui autorisent les marches pacifiques en milieu de semaine. Accepter ce projet de loi, c’est paver la voie à une perpétuation du Rpt au pouvoir, au moins encore pendant 50 ans ! », a dit sans ambages Me Isabelle Ameganvi.

Avant de rentrer dans les détails de ses explications juridiques, en ces termes : « Nous avons écrit entre-temps au préfet de Kpalimé (dans le cadre de l’organisation d’une marche) qui nous a demandé d’organiser uniquement nos marches à Lomé, où, a-t-il dit, il existe une Cour constitutionnelle (…) Il n’existe pas de juridictions administratives au Togo à l’heure actuelle ! Elles n’existent que dans les textes ! C’est dire que les recours prévus dans le projet de loi du 02 mars n’auront aucune suite lorsqu’ils seront introduits. Raison pour laquelle c’est tout le Togo qui est interpellé pour dénoncer ce texte. Rendez-vous jeudi pour réaffirmer que la voix du peuple, c’est la voix de Dieu ».

Un peu avant la prise de parole de Me Ameganvi, le secrétaire général de l’Addi (Alliance des démocrates pour un développement intégral), Alphonse Kpogo, a demandé à tous les responsables des confessions religieuses du Togo d’appeler les autorités à encadrer pacifiquement la marche de ce 17 mars 2011.

Au cours de ses travaux, le Conseil des ministres du 02 mars 2011 « a adopté un avant-projet de loi qui fixe les conditions d’exercice de la liberté de réunion et de manifestation sur la voie publique ou dans les lieux publics (…) Ce projet de loi rappelle, dans ses dispositions générales, le principe classique de la liberté de réunion et de manifestation, tout en l’enfermant dans un cadre juridique précis. Il traite en outre du régime juridique des réunions et manifestations pacifiques sur la voie publique et dans les lieux publics, ainsi que les conditions d’organisation des réunions et manifestations se déroulant en dehors des lieux publics », disait le communiqué final de ce Conseil.