28/11/2022

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Togo: Les détenus politiques de Kara menacent d’entamer une grève de la faim

Depuis le 10 mars 2010, le pouvoir RPT a convoyé vers la prison civile de Kara plusieurs citoyens togolais après les avoir présentés au Procureur de la République et au doyen des juges d’instruction qui les a placés sous mandat de dépôt. Alors que les familles des inculpés les attendaient à la prison civile de Lomé, les véhicules dans lesquels ils ont été entassés comme des sardines ont pris la direction du Nord du pays, les larguant à 2h du matin à la prison civile de Kara. Accusation : tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat, comme s’il n’y avait que ça pour justifier l’arrestation des adversaires politiques. En tout cas, c’est du déjà entendu.

Le 30 mars 2010, le doyen des juges d’instruction Bidassa, a débarqué à Kara et procédé à la libération de 12 des 16 détenus politiques de Kara, et ce, après que le pouvoir et l’opposition ont convenu d’une trêve au cours de laquelle cette dernière a exigé la libération de tous les citoyens arrêtés pendant la période électorale. Depuis, Fulbert Attisso, Guillaume Koko Messan, Abobi Ayawovi et Solewassi Eric sont arbitrairement gardés dans la prison de Kara. Ce qui inquiète, ce n’est pas tant leur détention en prison mais le calvaire qu’ils vivent dans cette prison qui se situe à plus de 400 kilomètres du lieu de leur résidence. Les détenus ont dépéri et maigri du fait des difficultés qu’ils éprouvent à s’alimenter normalement. Leurs familles se trouvant à des centaines de kilomètres d’eux, ils ont des problèmes à manger, d’autant plus que le manger qui est servi en prison n’est pas comestible. En tout cas, les détenus politiques de Kara n’arrivent pas à manger les trois boules de pâte de maïs mal égrené et la sauce réduite à l’eau, quelques feuilles d’arbres et du glutamate, dont on gratifie les prisonniers de droit commun. Résultat : la faim et la maladie menacent ces citoyens dont le seul mal est d’avoir eu des opinions politiques différentes de celles des dirigeants sur les élections. Pour vivre, ils sont obligés de faire des commandes à l’extérieur de la prison et de s’organiser à l’intérieur pour faire à manger.

Fulbert Attisso, Guillaume Koko, Abobi Ayawovi et Solewassi Eric boucleront deux mois, loin de leurs familles et de leurs médecins. Pendant combien de temps pourront-ils encore tenir ?

Des sources dignes de foi, ils menacent d’entamer une grève de la faim si leur transfert à Lomé n’est pas fait dans les délais raisonnables. Ils auraient par ailleurs saisi leur conseil à la tête duquel se trouve Me Zeus Ajavon, afin qu’il fasse la demande de leur transfert à la prison de Lomé.

Il est anormal qu’à l’heure où tous les Etats s’évertuent à faire du respect des droits de l’Homme leur cheval de bataille, le pouvoir RPT ait le culot d’envoyer des prisonniers loin de leurs familles (à 4 km). Le prisonnier (surtout politique) a des droits, il n’est pas un esclave, sa dignité, son honneur et son intégrité physique doivent être respectés. L’époque où on pouvait envoyer un adversaire politique à Mango pour le détruire ou le livrer à la mort est révolue.

C.T
Source libertetg.com