08/12/2022

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TOGO : les difficultés de dialoguer avec le dictateur EYADEMA

D’abord, il nous faut faire cas d’une analyse on ne peut plus simpliste de la crise politique togolaise qui pose comme postulat, l’impossibilité de dialoguer avec une dictature. C’est par voie de conséquence suggérer une solution de la rupture, voire de façon plus radicale une stratégie de la confrontation…

Oui, le régime EYADEMA est une dictature ! mais, c’est une dictature qui est avide de donner d’elle une image lisse et belle. Son chef a le souci de passer pour un sage, un homme de dialogue et de paix. En cela, EYADEMA nourrit un complexe qui le pousse à acquérir de la reconnaissance sur la plan extérieur. A cette fin, EYADEMA s’est attaché à construire une image positive de son régime. Mais, à partir des années 1990, la pression populaire et la fin de la guerre froide ont mis à nu le régime dans toute sa barbarie. De façon très opportune et ayant bien assimilé les leçons de François MITTERAND, EYADEMA s’accommode du multipartisme, la démocratie en moins : c’est l’application du fameux concept de démocratie apaisée. Il réussira à annihiler toutes les aspirations du peuple au changement, au moyen d’une stratégie de la terreur armée et qui se poursuit jusqu’à ce jour.

Dans ce contexte des années 1990, les oppositions sont naissantes en Afrique, particulièrement au Togo. Point d’organisation forte et structurée susceptible de mener la lutte contre une dictature disposant de fortes ressources et de puissants soutiens en Europe. Nos oppositions sont faibles, et ceux qui au Togo osèrent et osent s’opposer au tyran le font au prix de sacrifices, de privations et en risquant leur vie. En outre, nombreux sont ceux qui, au Togo, ou même à l’étranger refusent ce risque que comporte l’engagement politique. Tel craint de compromettre sa famille, ou un autre a peur de ne pouvoir retourner au pays. Les oppositions africaines sont dans une position éminemment faible par rapport au pouvoir omnipotent. Par conséquent le reproche qui leur est fait de boycotter des élections mas organisées est injustifié et spécieux. Il s’agit tout simplement pour ces oppositions de ne pas être la caution de régimes illégitimes ou de s’accommoder de scrutins tronqués à la base

C’est dans un environnement de brutalité et de terreur que l’Union des Forces de Changement lutte contre le système RPT et son chef. Nous sommes présents sur toute l’étendue du territoire, même dans le Nord, où EYADEMA et son fils ne supportent pas notre audience auprès des populations du Nord. C’est ainsi que Marc PALANGA, responsable de la fédération de la Kozah ( région natale d’EYADEMA) a été emprisonné pour des prétextes fallacieux. L’UFC est au cœur du combat contre EYADEMA. Son chef Gilchrist OLYMPIO a éprouvé dans sa chair l’extrême dangerosité de ce régime. Dès lors, il serait pour lui irresponsable d’appeler le peuple à dresser des barricades, à affronter à mains nues une armée et un homme qui, dans une logique du désespoir n’hésitera pas à faire tirer sur la foule.

L’option de la négociation politique est une voie ardue et frustrante. Nous l’avons choisi en 1999, car la communauté internationale, et le Président CHIRAC était les garants du respect des engagements pris par EYADEMA. Si nous nous sommes engagés dans cette voie, c’est parce que nous sommes instruits par les événements tragiques qui se déroulent dans divers pays africains ( les deux CONGO, le LIBERIA, la SIERRA-LEONE, le BURUNDI, le RWANDA, l’ALGERIE, etc.). L’histoire qui s’y déroule est pleine de bruits de fureur et de sang…

Nous osons le proclamer très fortement : qui prendrait la responsabilité de déclencher une lutte armée pour chasser EYADEMA du pouvoir ? L’UFC et son chef ont le souci de préserver l’intégrité physique de nos compatriotes. Voilà pourquoi, notre stratégie exclut le recours à la violence. Cependant, dans le contexte actuel, nous sommes contraints de solliciter le peuple et d’en appeler à sa vaillance et à son courage pour contraindre EYADEMA de permettre l’expression libre de sa volonté.

Il est cocasse d’entendre les gens du RPT revendiquer la souveraineté du Togo pour justifier les diktats qu’ils veulent imposer à l’opposition, et renier leurs engagements. La souveraineté véritable n’appartient qu’au peuple. Et il faut que le peuple se prononce librement sans contrainte pour que ces représentants aient la légitimité de s’exprimer en son nom. Or, le pouvoir actuel au Togo procède d’un crime de sang et d’une violence faite à la volonté populaire qui s’est exprimée en 1958. Depuis lors, c’est-à-dire depuis 1963, jamais le peuple n’a pu s’exprimer en toute liberté. Ainsi, en 1998, le RPT et son chef n’ont pas hésité à s’opposer par les armes à la volonté du peuple qui avait choisi Gilchrist 0LYMPIO comme Président.

Ce dernier incarne l’opposition véritable et constante à Gnassingbé EYADEMA. La propagande du régime veut faire croire à une affaire personnelle entre M. OLYMPIO et le dictateur togolais. Balivernes que cela ! Il suffit de s’en tenir aux actes du leader de l’UFC pour comprendre que sa lutte est politique. Elle vise au changement du régime et à l’action de reconstruction du pays. Du reste, M. OLYMPIO n’a jamais cessé de dire que le futur gouvernement n’intenterait aucune action judiciaire contre EYADEMA.

L’Union des Forces de Changement est un parti largement implanté sur toute l’étendue du territoire. Son leader dispose d’une très large audience dans tout le pays. Ce qui lui vaut quotidiennement d’être l’objet d’une médiocre sollicitude sur les médias publics togolais. Gilchrist OLYMPIO incarne aux yeux des Togolais, une opposition forte et résolue au système RPT et à son chef. Et son combat est un combat pour et avec le peuple togolais. Ce combat contre l’ignoble régime de Lomé nécessite donc un appel pressant au peuple tel que l’envisageait M. OLYMPIO dans sa récente interview accordée à Radio France international, le 10 mai dernier.

Par Hélian MENSAH