27/06/2022

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Togo: Les voeux de Brigitte Adjamagbo-Johnson, présidente de la CDPA

[Brigitte Kafui Adjamagbo johnson->https://fr.wikipedia.org/wiki/Kafui_Adjamagbo-Johnson]

N’ayons pas peur ! Rien n’est permanent dans ce monde

Malgré les bons vœux que nous nous échangerons depuis le début de notre lutte pour la démocratie dans notre pays, cette année 2015, à l’instar des autres, se termine aussi avec son cortège de souffrances, d’injustice et de frustrations.

Les problèmes socio économiques ont constitué encore une fois le lot quotidien de tous les togolais :
• vie chère et salaires de misère pour une immense frange de la population ;
• difficultés d’accès aux soins et autres services sociaux de base pour beaucoup ;
• chômage endémique des jeunes ;
• conditions de travail difficiles voire dangereuses qui ont coûté la vie à nos concitoyens à WACEM dans le Yoto ;
• multiplication des promesses non respectées par les gouvernants face aux revendications sociales de tout genre ;
• insécurité grandissante coutant la vie à plusieurs de nos concitoyens ;
• impunité au mépris des recommandations de la Commission vérité, justice et réconciliation;
• caporalisation de la justice toujours incapable (i) de se soustraire aux dictats de l’exécutif comme le témoigne l’affaire Bodjona, la détention incompréhensible des personnes appréhendées dans l’affaire des incendies des marchés et ceux des évènements de Mango, (ii) ou de dire tout simplement le droit, même dans les affaires de droit commun ;
• amplification des inégalités sociales ;
• politisation et régionalisation prononcées de la hiérarchie administrative ;
• travaux de réhabilitation d’infrastructures traînent en longueur et devenant pour bien de togolais un véritable chemin de croix tant pour la circulation que pour les activités économiques, alors qu’en situation normale ils sont sources de progrès et de développement ;

Au plan politique, les réformes politiques constitutionnelles et institutionnelles attendues depuis plus d’une décennie n’ont toujours pas vu le jour.

Alors qu’on observe une dégradation continue de la gouvernance des localités, qui depuis plus de trente ans sont dirigées par des délégations spéciales, incapables d’être à l’écoute des populations, le régime semble toujours renvoyer aux calendes grecques les élections locales. La commission mise en place depuis 2014 n’a apparemment pas servi à régler les problèmes qui doivent l’être afin que nos localités soient enfin gérées par des élus dotés d’une légitimité et se sentant comptables devant les populations, de leur bien être économique et social. A Mango dans la préfecture de l’Oti, neuf de nos citoyens ont payé de leur vie le prix de la mal gouvernance en voulant défendre leurs droits à disposer d’un espace vital et à s’exprimer sur l’utilisation des ressources de leurs localités.

Le regroupement de partis de l’opposition, CAP 2015, constitué en prévision de l’élection présidentielle, pour conquérir le pouvoir et répondre aux aspirations profondes des togolais, a suscité beaucoup d’espoir au sein de la population. Mais l’alternance n’a pas été au rendez vous : au nez et à la barbe de tous, malgré nos efforts communs, tout a été mis en place par la minorité qui s’accroche au pouvoir pour aller à l’encontre de la volonté de changement de l’immense majorité des populations. En effet, l’élection présidentielle d’avril 2015 est sortie de son cadre légal avant et pendant le scrutin, et le système en place depuis 50 ans a déployé des moyens considérables : violations des lois constitutionnelles et électorales ; menaces, intimidations des électeurs et bourrages d’urnes, falsification des procès verbaux, surtout dans la zone septentrionale ; achats massifs de consciences et de voix ; instrumentalisation des institutions ; recours à la force en mettant la CENI sous contrôle militaire. Certains partis de l’opposition ont eux aussi leur responsabilité dans cet échec : refus d’affronter l’adversaire en rang serré ; appel au boycott du scrutin ; campagne contre le candidat de CAP 2015…

En définitive le Togo détient dans la sous région, le double record du régime le plus ancien de la sous région et du pays qui n’a pas eu d’élus locaux depuis plusieurs décennies.

Malgré tous ces facteurs qui pourraient décourager plus d’un, ne nous laissons pas voler l’espérance qui nous maintient toujours debout ; n’ayons pas peur, rien n’est éternel dans ce monde, pas même les problèmes. Nos efforts doivent être maintenus et même intensifiés, nous devons, comme nous l’ont montré nos frères du Burkina Faso en cette année 2015, alors même que leurs acquis semblaient être remis en cause, retrouver les ressources qu’il nous faut pour repartir à l’assaut et achever notre conquête de la démocratie avec beaucoup d’abnégations, et davantage de discernement.

A cet effet, et parce que c’est notre bien le plus précieux, la CDPA vous réitère ses bons vœux santé pour 2016.

La CDPA souhaite que cette année soit celle des élections qui portent enfin des élus locaux à la tête de nos communes et préfectures et que leurs actions apportent un peu de joie de vivre dans les communautés et les foyers en enrayant la pauvreté savamment maintenue pour asservir politiquement le peuple.

Bonne et heureuse année.

[Brigitte Kafui Adjamagbo johnson->https://fr.wikipedia.org/wiki/Kafui_Adjamagbo-Johnson]

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