08/12/2022

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Togo : Libération de Fulbert Attisso et les autres….les manœuvres insidieuses du pouvoir RPT

En libérant les responsables et sympathisants du Mouvement Citoyen pour l’Alternance (M.C.A.) qui voulaient favoriser l’alternance, le régime RPT vient de démontrer que Fulbert Attisso et ses amis ont servi de cobayes pour le délivrer de sa hantise de se voir condamner par le peuple des fraudes électorales de mars 2010. En ordonnant leur mise en « liberté provisoire », le pouvoir tente de les intimider par la menace de les embastiller de nouveau s’ils ne se tiennent pas à l’écart des activités politiques et des marches qui dénoncent la victoire frauduleuse de Faure Gnassingbé du 4 mars 2010.

Fulbert Attisso, Guillaume Coco, Ayaovi Abobi et Eric Solewassi ont été libérés le 1er septembre dernier après plus de cinq mois passés à la prison civile de Kara. Ils viennent de bénéficier d ‘ une « liberté provisoire », comme Kofi Folikpo qui avait été kidnappé en pleine rue à Lomé lors de la réunion de prières du FRAC du mercredi 11 août 2010. Ces arrestations et libérations sans procès, non seulement restent des atteintes graves aux droits des citoyens, mais elles démontrent que le pouvoir de Faure Gnassingbé est tombé bien bas en s’adonnant aux vieilles méthodes des années glorieuses de la dictature, méthodes qui malheureusement ont débouché sur des violences meurtrières lors des manifestations politiques.

La mystification du pouvoir RPT…

Le baromètre de la transparence des élections présidentielles du 4 mars 2010 n’était pas la régularité du scrutin mais la sérénité et le calme le jour du vote. Pour y parvenir, le régime RPT avait multiplié, en complicité avec certains responsables des organisations internationales accréditées au Togo, des séminaires et ateliers d’information et de sensibilisation sur une seule thématique « non-violence et élections ». Le pouvoir accusait l’opposition de vouloir semer des troubles pendant et après les élections. La raison pour laquelle le parti au pouvoir craignait qu’il y ait des violences n’était pas exposée ; et personne ne voulait en parler ni en débattre car le Chef de l’Etat avait annoncé que le scrutin serait libre, démocratique et transparent comme celui du Ghana voisin en 2009. Ainsi la communauté internationale, bluffée par certains de leurs représentants à Lomé, a donné carte blanche à un régime qui refuse toujours l’alternance par les urnes.

Le slogan universellement partagé lorsqu’il s’agit de se mobiliser pour un enjeu important est « la victoire ou la mort, nous vaincrons ». C’est un cri de ralliement, de mobilisation et d’encouragement. Rien de plus ! Le reste, c’est le mental et la mobilisation citoyenne. Le Mouvement Citoyen pour l’Alternance (M.C.A.) a eu tort de paraphraser ce slogan en disant « l’alternance ou la mort » : Fulbert Attisso et les siens ont réveillé, sans le savoir et le vouloir, les vieux démons des mercenaires et valets locaux qui hantaient les nuits de la dictature. Les services de renseignements et de sécurité sont lancés à leurs trousses, infiltrant le mouvement, et le summum a été cette scène insolite de libation pour se jurer fidélité que le MCA et ses militants ont offerte au monde entier. [Ces images de libation et de prestation de serment->http://www.youtube.com/watch?v=zsVGw-at52s&feature=fvw] ont fait le tour du monde, diffusées en boucle sur certaines chaînes de télévision et sites internet. Le régime RPT venait ainsi de trouver les agneaux sacrificiels prêts à être immolés sur l’autel du mensonge, de la délation et de la récupération politique. La communauté internationale devrait savoir que l’opposition prépare les jeunes à troubler les élections et à semer le désordre. Le régime venait de gagner son pari : bluffer la communauté internationale en se posant en victime de violences électorales dûment organisées et planifiées par l’opposition([Conférence de presse du pouvoir->http://www.youtube.com/watch?v=TG47zhFDFGs]). La mystification a réussi ; les yeux des observateurs de l’Union européenne et ceux triés et accrédités localement n’y ont vu que le calme et la sérénité qui ont entouré le vote. Au sujet du vote et des fraudes qui l’ont accompagné, les communiqués et les rapports sont semblables d’un groupe d’observateurs à un autre comme s’il y avait eu une concertation préalable.

Victimes expiatoires ?

On ne peut effacer les turpitudes du passé et les fraudes qui entachent constamment les élections présidentielles en embastillant gratuitement les activistes des droits humains et les défenseurs de la démocratie. Depuis des décennies, le pouvoir togolais fait des défenseurs de la démocratie les victimes expiatoires de ses errements, de ses violences et de ses égarements. Faure Gnassingbé et les siens ne peuvent être absous des fautes politiques qu’ils commettent quotidiennement en imposant des souffrances à autrui. Fulbert Attisso, Guillaume Coco, Kofi Folikpo et les autres, sans oublier les dizaines d’anonymes que les forces de sécurité interpellent et brutalisent chaque mercredi et chaque samedi, ne sauraient être des victimes expiatoires d’un régime en déperdition ni d’un pouvoir juché sur les ruines d’une dictature moribonde qui mène son baroud d’honneur.

La manipulation des prisonniers politiques…

Le régime RPT avait décidé depuis plus de trois mois d’élargir les détenus du MCA. Mais le pouvoir craignait que l’apparition de Fulbert Attisso et de ses camarades aux marches et autres manifestations du FRAC ne donne lieu à l’intensification de la lutte de l’opposition conduite par Jean-Pierre Fabre. D’où l’idée de fragiliser les mouvements et les manifestations avant leur libération, en discréditant les leaders de l’opposition à leurs yeux. A cet effet, le pouvoir a fait courir dans la population des rumeurs selon lesquelles ils avaient été oubliés à la prison de Kara et que Fabre et ses amis ne leur rendaient pas visite. Plus ignominieux encore a été d’essayer de leur faire croire que c’est à cause de leur soutien aux leaders du FRAC qu’ils étaient détenus, et qu’à leur sortie, ils ne devront leur salut qu’en jouant les agents doubles. Ces interpellations et ces arrestations ne font que renforcer les manifestants dans leur quête de justice sociale et de liberté.

Ils sont encore des dizaines à croupir en prison à Lomé, d’autres sont dépouillés de leurs motos-taxis confisqués sur les lieux des manifestations par les forces dites de l’ordre. C’est ainsi que l’ordre règne au Togo. Mais jusqu’à quand ?

La rédaction letogolais.com

Les coordonnées du MCA
MOUVEMENT CITOYEN POUR L’ALTERNANCE (MCA)
1012, Avenue Augustino de Souza, Immeuble Madona
Tél. : (228) 232 84 09/993 65 02/992 07 97 E-mail : mca2010@yahoo.fr
Compte bancaire : FUCEC N° 300125792

LIRE EGALEMENT:
[Togo: Protestation contre la dispersion d’une réunion du MCA par les forces de la Gendarmerie->http://www.letogolais.com/article.html?nid=3919]
[Interview de Mr Attisso Fulbert membre fondateur du MCA-> http://www.icilome.com/nouvelles/news.asp?id=3&idnews=13918]