25/06/2022

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Togo: Misse au point M. Codjo et Améléwonou, membres UFC de la CENI

Jean-Claude Delava CODJO
Essem AMELEWONOU
Membres de la CENI

Lomé, le 23 Avril 2010

A
Monsieur le Président
et à Madame et Messieurs les Membres de la CENI

Lomé

Réf. : Notre lettre en date du 12 Avril 2010
Votre lettre n°820/2010P/CENI du 14/04/10

Monsieur le Président,
Madame et Messieurs les Membres de la CENI,

Par lettre n°820/2010P/CENI du 14/04/10, vous avez accusé réception de notre lettre citée en référence et fait état de divers propos que, bien entendu, nous ne partageons pas mais auxquels nous nous sommes abstenus de répondre pour éviter toute escalade de polémiques inutiles.

Mais aujourd’hui, vous venez de mettre à exécution, et de la manière la plus grossière, les menaces de représailles que les collègues qui soutiennent et défendent le RPT à la CENI, n’ont jamais cessé de brandir pour nous intimider.

Déjà en Septembre 2009, lorsque nous avions suspendu notre participation pour protester contre la prétendue élection du président de la CENI, vous avez décidé, en guise de représailles, d’amputer de moitié, nos indemnités et allocations.

Après notre reprise et au cours de la visite de courtoisie que la CENI a faite au Chef de l’Etat, le Ministre d’Etat BODJONA ne s’est pas gêné d’évoquer cette question devant le Président de la République dont il sollicitait l’accord pour faire rétablir nos allocations, donnant ainsi l’impression que l’ordre de couper ces allocations venait du Chef de l’Etat lui-même.

De même lorsque, en février 2010, nous avons suspendu notre participation aux travaux de la CENI pour protester, notamment, contre la conduite déplorable des affaires de la CENI et le refus de notre institution de donner une suite crédible aux questions d’authentification et de traçabilité des bulletins de vote, vous avez menacé de confisquer le matériel de travail y compris le bureau mis à notre disposition et de partager entre vous, la part de nos allocations correspondant à la période de suspension.

Aujourd’hui, parce que nous avons refusé, malgré les chantages, de valider le rapport général de la CENI, qui rapporte précisément des résultats que nous récusons pour vice de procédure et manque de transparence, le président de la CENI envoie un détachement de la police enlever de force, avec un camion remorque, le véhicule de fonction mis à la disposition de M. CODJO par les Nations Unies et ce, après que vous ayez déjà retenu le véhicule mis à la disposition de M. AMELEWONOU.

Il est à noter que pour exécuter vos ordres abusifs, le détachement de la police envoyé au domicile de M CODJO, n’avait d’autre document qu’une copie de votre lettre précitée, dans laquelle vous n’avez pas manqué de réitérer les chantages et menaces habituels.

Nous dégageons jusqu’à nouvel ordre, toute responsabilité en ce qui concerne désormais, le sort des deux véhicules immatriculés RT AE 8114 et RT AE 8115.

Nous dénonçons cette volonté permanente de discrimination, de chantage et de représailles à l’encontre des membres de la CENI ne partageant pas les mêmes points de vue que le président et les autres membres de la CENI, notamment ceux qui soutiennent et défendent le RPT.

Il est pour le moins indécent, que pour des opinions émises, des points de vue exprimés ou des actes posés dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leur fonction, des membres de la CENI soient constamment l’objet de menaces, de harcèlements, d’intimidations, de chantage et de représailles y compris policières, par leurs pairs, en l’occurrence, par le président et les autres membres de la même CENI.

Détrompez-vous, chers collègues, nous n’avons jamais démissionné de la CENI, même si le président et les autres membres qui soutiennent le RPT le souhaitent vivement pour pouvoir opérer à leur guise et échapper à toute observation critique.

Notre institution ayant été mise en place pour un mandat d’au moins une année, nous entendons prendre pleinement part à toutes les activités inter-scrutin de la CENI, étant entendu qu’à la différence de certains, notre présence dans cette institution n’a nullement pour objet de préserver des pécules, mais de faire ou de contribuer à faire un travail constructif, transparent et crédible. Nous refusons à cet égard, de céder au chantage et à l’intimidation.

Avant de clore cette longue réaction à laquelle vous nous avez contraints, nous voudrions levez une bonne fois pour toute, l’équivoque que vous entretenez d’une manière délibérément pernicieuse, sur les raisons de notre retrait de la séance de compilation des résultats, le 06 Mars 2010, sur le site de la Foire Togo-2000.

En effet, vous savez très bien que conformément aux procédures que nous avons adoptées, la CENI était sensée vérifier et valider les résultats du scrutin bureau de vote par bureau de vote et CELI par CELI, que ces résultats aient été transmis par voies électroniques comme stipulé dans la note N° 091/2010/P/CENI du 04 Mars 2010 ou qu’ils aient été convoyés physiquement au siège de la CENI par les présidents et membres des bureaux des CELI, comme convenu à la ‘’séance plénière spéciale’’ du 05 Mars 2010, à la suite de la ‘’panne’’ du système de transmission par VSAT.

Contrairement à vos allégations, nous avons clairement motivé notre retrait de la séance du 06 Mars 2010 par le non respect de ces procédures. Mais auparavant, nous avions, à juste titre, dénoncé la diffusion en direct sur les médias (et à l’insu des membres des CELI et de plusieurs d’entre nous membres de la CENI), de résultats non authentifiés, non vérifiés et non validés par l’Assemblée plénière de la CENI.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, Madame et Messieurs les membres de la CENI et chers collègues, les assurances de notre considération distinguée.

Jean-Claude Delava CODJO

Essem AMELEWONOU

CC :
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Membres du Comité de Pilotage du Projet PAPE