26/06/2022

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Togo: MRJ5 lance un appel à la jeunesse togolaise

A l’occasion de la commémoration du 15e anniversaire du soulèvement populaire du 5 octobre 1990, des jeunes, venus d’horizons divers, se sont réunis au Foyer Pie XII, à Lomé, à l’initiative du Parti des travailleurs, pour discuter des problèmes du Togo.

Les constats suivants ont été faits :

— au cours de la répression qui s’est déchaînée au Togo contre les populations civiles depuis le soulèvement populaire du 5 octobre 1990 jusqu’à ce jour, ce sont les jeunes qui ont été le plus massacrés ; ils ont servi de chair à canon pour l’armée, la gendarmerie et la police togolaises ;
— tout dernièrement, lors du génocide organisé après la disparition du dictateur Etienne GNASSINGBE Eyadéma, parmi les plus de 811 morts dont a fait état la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH) et les 400 à 500 morts dont a fait état le Rapport de la mission de vérification des faits du Haut commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies, on compte une majorité écrasante de jeunes ;
— sur le plan de l’Education, le droit à l’instruction de la jeunesse est de plus en plus bafoué faisant d’un nombre de plus en plus considérable de jeunes, des analphabètes alors que la Constitution de la IVe République du Togo, même tripatouillée par le régime RPT, reconnaît le droit à l’éducation de la jeunesse ;
— sur le plan de la Santé, ceux que les pandémies (sida, paludisme, méningite, etc.) tuent le plus au Togo, ce sont les jeunes ;
— à la sortie du système de formation, l’écrasante masse des jeunes diplômés est réduite au chômage et est contrainte à exercer des petits métiers pour survivre comme conducteurs de moto-taxi (zémidjan), gardiens ou agents des sociétés de gardiennage, portefaix, etc. ;
— le déni de justice et la corruption qui règnent dans les tribunaux togolais font condamner à tour de bras, souvent de façon injuste, des milliers de jeunes qui croupissent dans les prisons, en toute illégalité pour certains, car mineurs détenus avec des adultes.

Nous avons constaté que tous ces maux qui existaient déjà dans la société togolaise d’avant 1990 et pour lesquels la jeunesse s’était soulevée le 5 octobre 1990, se sont considérablement aggravés depuis 15 ans.

Nous avons estimé qu’il est temps de nous organiser pour mettre fin à cette situation désastreuse en reprenant le flambeau de la lutte des jeunes qui se sont soulevés le 5 octobre 1990 et celui de ceux qui, un après, ont constitué le Mouvement patriotique du 5 octobre (MO5). Parmi ces derniers, on compte le valeureux combattant, feu Tavio Ayawo AMORIN, 1er Secrétaire du Parti socialiste panafricain (PSP), membre du Haut Conseil de la République (HCR) qui a été lâchement assassiné par les hommes de main d’Eyadéma en juillet 1992.

Nous avons écouté les enregistrements sonores d’émissions au cours Tavio Ayawo AMORIN disait notamment :

— A propos du combat pour la révolution :
« Nous menons aujourd’hui, au Togo, un combat pour la libération effective de l’homme (…)

L’erreur fondamentale que nous avons commise ici, au Togo, c’est d’avoir voulu, à travers notre Conférence nationale souveraine, mélanger une forme de révolution et, une forme, je dirai, d’institution, de constitutionnalisation.
Nous étions dans un processus révolutionnaire car, après tout, la Conférence nationale souveraine n’existe dans aucune constitution togolaise et, donc, toute institution qui est hors ou toute manière d’organiser le pouvoir qui est hors de la Constitution est révolutionnaire et c’était dans cette mouvance que nous nous trouvions.

Nous n’avons pas pu aller au bout de cette logique révolutionnaire et nous avons perdu pratiquement tout ce que nous avons gagné, aujourd’hui.
Eh bien, je pense qu’il faut être fou pour continuer ce combat au Togo et j’assume parfaitement ma folie parce que j’entends continuer ce combat au péril de ma vie et, peut-être que nous ne serons même plus là demain mais je suis convaincu que l’on peut tuer des hommes mais on ne tuera jamais les idées.
Alors, si je suis fou parce je défends une idée pour la libération de ce peuple ou l’honneur de notre peuple togolais, pour la dignité du peuple africain, pour que l’homme togolais, au moins une fois, puisse aller à l’extérieur, relever la tête devant tout le monde en se sachant homme libre, homme responsable, eh bien, je suis fou et j’accepte la folie, je l’assume en tant que telle. »

— A propos du combat pour la justice sociale et le socialisme :
« Nous entendons, à travers notre socialisme, marquer totalement une justice sociale pour que la pauvreté ne devienne pas héréditaire.
Nous sommes dans une société où les planteurs, les paysans, nos frères agriculteurs, vivent dans des difficultés, je dirai, presque structurelles.
Leurs enfants ont du mal pour aller à l’école et c’est grâce à leur travail que l’on subventionne les écoles publiques. Et ce sont ces enfants-là qui ne peuvent pas aller très loin dans leurs études.

Nous ne pouvons pas tolérer ce genre de choses. Ce n’est pas une société que nous estimons adéquate, correspondant au souhait de notre pays ou même de notre peuple.

Nous pensons, qu’en tout état de cause, nous devons pouvoir corriger ces déséquilibres structurels, je dirai presque, ces déséquilibres que l’on traîne en naissant.

Nous voudrions que la pauvreté ne devienne pas, dans notre société, une tare, qu’elle ne soit pas répercutée de génération en génération mais que l’on permette à tous les citoyens togolais d’avoir les mêmes chances, d’accéder à la culture, d’accéder aux emplois et, ainsi, que chacun de nous puisse trouver l’épanouissement complet dans notre société. »

En plein accord avec ces idées, nous décidons de constituer le Mouvement de la jeunesse pour la révolution-5 octobre (MJR5) et nous engageons à combattre pour la révolution et le socialisme.

Nous voulons faire de ce mouvement que nous constituons ce jour, un cadre de réflexion et d’action pour la jeunesse togolaise qui soit à même de nous permettre de combattre pour nos droits mais surtout pour mettre fin à ce régime d’assassins, de pilleurs, de maffieux, du RPT qui a pris le Togo en otage depuis 38 ans en bafouant les droits de la jeunesse avec le soutien des puissances étrangères au premier rang desquelles l’Etat français, au profit de qui est organisé le pillage éhonté de notre pays.

Nous sommes solidaires du combat de toute la jeunesse d’Afrique et du monde qui, comme nous, au Togo, combattent l’oppression et la surexploitation dont sont victimes les jeunes du monde entier.

Nous décidons dès à présent :

— d’appeler toute la jeunesse à se mettre en campagne pour signer et faire signer massivement la pétition qui, tirant les conséquences du rapport de la mission de vérification des faits du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies, exige la démission de Faure Essozimna GNASSINGBE, celui-là qui a organisé et planifié, entre les mois de février et mai dernier, le massacre de centaines voire de milliers de nos camarades jeunes pour se maintenir au pouvoir ;
— d’appeler tous les jeunes à constituer, dans les quartiers des villes et villages de tout le Togo, de Lomé à Cinkassé, des Comités de notre mouvement, le MJR5 ;
— d’appeler tous les jeunes et le peuple togolais à se tenir prêts pour reprendre tous les mots d’ordre que nous lancerons pour la satisfaction de nos revendications ;
— de mettre en place un bureau provisoire pour coordonner nos actions.

Prêts pour la révolution ? La lutte continue !

Lomé, le 29 octobre 2005

L’Assemblée constitutive