26/06/2022

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Communiqué de la Coalition concernant le mini sommet d’Abuja sur la crise togolaise

LA C O A L I T I O N (ADDI, CAR, CDPA, PSR, UDS, UFC)

COMMUNIQUE DE PRESSE
Concernant le mini sommet d’Abuja sur la crise togolaise

Dans le prolongement de la rencontre qu’il a eue le 25 avril avec Messieurs Gilchrist Olympio et Faure Gnassingbé, Son Excellence M. Oluségun Obasanjo, Président de la République Fédérale du Nigeria, Président en exercice de l’Union Africaine, a réuni le 19 mai 2005 à Abuja, la Coalition de l’Opposition Démocratique et les autres composantes de la classe politique togolaise en vue de discuter des voies de sortie de la crise qui secoue actuellement notre pays.

Cette rencontre s’est tenue en présence des Présidents Omar BONGO du Gabon, Mathieu KEREKOU du Bénin, Blaise COMPAORE du Burkina Faso, John Agyekum KUFUOR du Ghana, Mamadou TANDJA du Niger.

Les discussions se sont déroulées à huis clos et ont porté essentiellement sur deux points :

1) point sur le déroulement de l’élection présidentielle du 24 Avril 2005 et la situation post électorale au Togo;

2) discussion sur le processus devant conduire à la réconciliation nationale et à la démocratie au Togo;

A propos du point 1, La Coalition a vivement déploré que la mission mandatée par la CEDEAO pour superviser le scrutin n’ait pu amener le régime RPT à respecter les engagements auxquels il a souscrits le 28 février 2005 devant leurs Excellences Monsieur Mamadou Tandja du Niger et Monsieur Toumani Touré du Mali. C’est ce manquement de la mission de la CEDEAO qui est à l’origine:

– des graves irrégularités et anomalies qui ont émaillé le scrutin (manipulations des listes électorales, fraudes massives en faveur du candidat du RPT, falsifications de procès-verbaux…);
– de la contestation populaire massive suscitée par la proclamation de M. Faure Gnassingbé comme Président de la République en lieu et place du vrai vainqueur du scrutin, M. Emmanuel Bob Akitani.
– des conséquences dramatiques de la répression sauvage de la contestation populaire (500 morts selon les investigations de La Coalition et plus de 800 morts la FIDH, plus de 4500 blessés et plus de 20.000 réfugiés).

La Coalition a demandé au sommet de lancer un appel pour l’arrêt immédiat des violences, des arrestations arbitraires et des persécutions. Elle a également plaidé pour la mise en œuvre d’un mécanisme de protection des populations et convié les Chefs d’Etat à lancer un appel à la communauté internationale pour l’aide humanitaire en vue de secourir les blessés et faciliter le retour et la réinsertion des réfugiés et des personnes déplacées. La Coalition a enfin sollicité des Chefs d’Etat, la mise en place d’une commission internationale d’enquête pour faire la lumière sur les violences perpétrées.

S’agissant du point concernant la réconciliation nationale, le Président Obasenjo a fait observer qu’après 38 ans de régime militaire, le Togo ne peut aller vers un système démocratique sans passer par une transition. C’est en fonction de cet objectif que la durée et les autres modalités de la transition doivent être définies.

M. Faure Gnassingbé a réitéré l’idée d’un gouvernement rassemblant toutes les sensibilités politiques du pays en indiquant que, pour lui, peu importe la terminologie retenue pour désigner ledit gouvernement (gouvernement d’union, de réconciliation, d’ouverture, etc.).

De son côté, le Président Kufuor a demandé à M. Faure Gnassingbé de préciser le contenu et les contours du gouvernement d’union nationale qu’il propose afin d’éviter toute suspicion sur ses intentions.

La Coalition a alors proposé aux Chefs d’Etat, une suspension de séance pour permettre à chaque partie de faire des propositions concrètes autour des cinq points suivants:

– La dénomination du Gouvernement
– Les missions du Gouvernement
– La durée
– La composition
– Les garanties internationales de respect des engagements

M. Faure a refusé d’adhérer à la démarche proposée en déclarant qu’il lui revient de former son gouvernement avec ceux qui voudraient y entrer.

Dans leur communiqué final, les Chefs d’Etat ont recommandé «la mise sur pied d’un cadre de dialogue destiné à ramener le pays à la normalité et à permettre la formation d’un gouvernement d’union nationale représentatif de l’ensemble de la clase politique».

Pour répondre à cette recommandation des Chefs d’Etat, La Coalition a demandé un délai de réflexion.

La Coalition fera connaître sa position dans les tous prochains jours.

Fait à Lomé, le 21 mai 2005

Pour la Coalition,
Le Coordinateur Général,
Maître Yawovi AGBOYIBO