09/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

La presse togolaise du 16 au 22 février 2004

L’EVENEMENT n° 190 du 18 février 2004
Consultation UE –Togo : La Commission boucle son dossier. La position du conseil est imminente.
« La Commission européenne a élaboré un «document de travail pour mieux éclairer les Etats membres de l’Union européenne (UE) sur l’objectif des prochaines consultations » entre l’UE et le Togo sur le renforcement de la démocratie dans ce pays (…) « La Commission européenne a demandé au conseil des ministres de l’Union l’ouverture des consultations entre le Togo et les 15 Etats membres de l’UE. Des réunions ont eu lieu au niveau du conseil les 13 et 14 janvier derniers mais n’ont pas abouti à un consensus des Etats membres pour l’ouverture immédiate des dites consultations », a déclaré Gilles Desequelles, chargé d’affaires de la Commission européenne à Lomé. « Dans ce contexte, afin de mieux faire comprendre sa proposition, la Commission a été chargée de préparer un document de travail pour mieux éclairer les Etats membres sur l’objectif de ces consultations. C’est au cours de ce mois que les Etats se réuniront à nouveau pour examiner la proposition de la Commission », a-t-il ajouté. Le 8 janvier, la Commission européenne avait proposé aux Etats membres de l’UE d’engager avec le Togo des consultations sur le renforcement de la démocratie. Elle a expliqué vouloir « saisir l’ouverture » manifestée » en octobre dernier par le Premier ministre Koffi Sama d’engager de telles discussions. Ces discussions sont prévues dans l’article 96 de l’accord de Cotonou, conclu en juin 2000 et qui régit les relations entre l’UE et les pays d’Afrique, les Caraïbes et du pacifique (ACP). (…) Dans quelques jours, d’ici vendredi très certainement, le Conseil européen se décidera sur la proposition de la Commission européenne d’ouvrir des consultations avec le Togo, conformément à la procédure prévue à l’article 366 bis de la convention Lomé IV révisée. »

CROCODILE n° 664 du 19 février 2004.
Pas de gage du gouvernement. Pas de consultation avec l’UE
«La discordance qu’on note aujourd’hui au niveau des pays européens fait suite à de nombreuses entourloupettes auxquelles les autorités togolaises les ont soumises par le passé. En effet, d’après des sources dignes de foi, l’Allemagne, l’Angleterre et l’Espagne ainsi que d’autres pays de l’Europe sont d’accord pour que la Commission engage une énième consultation avec le Togo. Mais ces pays posent le problème de la duplicité du pouvoir togolais qui, par au moins deux fois de suite de 1998 et 2003, a tourné en dérision toute l’Europe qui, avait volé au secours du Togo en crise. Ces pays souhaitent que le gouvernement togolais donne au préalable des gages sérieux qui « in fine » démontrerait la volonté des autorités du Togo à respecter toutes les décisions qui sortiraient de cette consultation. Des documents de travail seraient en train d’être préparés à Bruxelles pour le cas où le pouvoir au Togo manifesterait cette volonté de ne plus réitérer les manigances politiciennes des fois passées. »

Pour un nouvel ordre politique au Togo. L’opposition doit balayer devant sa porte
« (…) Dans la perspective des consultations et du dialogue politique qui se préparent, il importe que l’ensemble de l’opposition se demande quelle est la voie tracée par le peuple c’est-à-dire quel leader doit être meneur afin d’harmoniser une stratégie. En tous les cas, les discussions au sein de l’opposition doivent se faire désormais en tenant compte du poids politique et de la représentativité nationale de chaque parti politique : C’est ça la démocratie à la base. »

NOUVEL ECHO n° 277 du 20 février 2004
Les espoirs du peuple déçus. Repanser les plaies qui gangrènent les leaders de l’opposition.
« (…) La question qui nous intéresse ici est de savoir si le dialogue est d’abord possible entre les différents partis de l’opposition et ce qu’ils proposent pour une sortie de crise. En réalité, rien ne semble aller entre les différents partis de l’opposition. (…) Les leaders des partis politiques sont devenus des chiens et chats. Certains parmi eux ne se parlent même plus . Au cours de quelques rares événements (funérailles, mariages ….) où ils se retrouvent, ils ont de la peine à se saluer. Ce qui fait dire à beaucoup d’observateurs que le dialogue entre les partis politiques d’opposition sera plus difficile que celui avec le pouvoir….Il est donc temps que les partis politiques taisent les petites querelles et qu’ils se réorganisent pour inspirer respect au pouvoir. Ils doivent recommencer à se parler et redonner confiance aux Togolais qui attendent beaucoup d’eux. Si rien n’est fait, le dialogue intertogolais qui se profile à l’horizon n’accouchera que d’une souris. Une négociation ne réussit que quand les deux parties ont les mêmes forces sur le terrain. »

LE REPORTER n° 251 du 20 février 2004
Démission de Ayékomon et Quist. La NDP réagit et fait des révélations
« Le 11 février dernier, Ayékomon T. Issaka et Quist Vincent, respectivement membre fondateur de la NDP et adjoint au délégué à la jeunesse du BN de l’UFC et membre fondateur de la NDP, président de la JFC du 2e arrondissement, ont rendu publique une mise au point par laquelle ils ont annoncé leur décision de quitter « officiellement et définitivement la NDP »(…)
La NDP estime qu’elle gêne. Mais que contrairement à ce que veulent faire croire ses détracteurs, « à part l’exclusion de son vice-président pour acte de trahison, la NDP ne traverse aucune crise en son sein et rassure les uns et les autres qu’elle mène normalement ses activités de mobilisation et de conscientisation de la jeunesse » Elle refuse à être le courroie de transmission des ambitions des responsables politiques. »

Le choléra sévit dans la cité. Le centre d’Adakpamé, un témoignage vivant.
« Il est environ 7 heures dans ce quartier périphérique situé dans la banlieue sud-est de la ville de Lomé. Nous sommes à Adakpamé. Un quartier populeux où des montagnes d’immondices retiennent l’attention. (…) Faisant état des lieux, M. Kouassi Valentin Agbétrobu, l’assistant médical du centre nous confie : « généralement, dans les années antérieures, nous avons des cas de choléra dans les périodes de pluie à savoir les mois de juin-juillet et août et à partir de septembre, les cas s’estompent. Mais à partir de ces trois dernières années, on a commencé par avoir les cas du 1er janvier au 31 décembre. Donc la maladie a pris une allure endémo-épidémique. Ainsi on a constaté ici au centre de santé d’Adakpamé une recrudescence des cas à partir du mois de novembre 2003 et cette situation a persisté dans le mois de décembre suivant. » Cependant contrairement à l’année 2003 où l’on a enregistré 51 cas avec 2 décès , l’année 2004 débute avec beaucoup d’inquiétudes. Ceci parce qu’au mois de janvier ce centre a enregistré 35 cas avec 4 décès pour un taux de létalité de 11,42 %. Au mois de février, les chiffres révèlent 65 cas avec 3 décès pour un taux de létalité de 4,6 %. »

LE SCORPION-AKEKLE n° 217 du 16 février 2004
Affaire de trafic de drogue éclaboussant la police togolaise.
Qui sont ces officiers de police, de gendarmerie et des FAT impliqués dans ce réseau de drogue au Togo ? « (…) Cette affaire de drogue risque, si on n’y prend garde de faire tomber des têtes dans les hautes sphères de la sécurité togolaise. Déjà des noms de plusieurs officiers de haut rang de l’armée commencent par sortir. Sur un site internet on apprend que la haute hiérarchie de l’armée togolaise serait également mêlée et on parle même d’arrestation. »

LE COMBAT DU PEUPLE n° 435 du 16 février 2004
Un exemple de mal gouvernance : Le Lt-Colonel Takougnandi et le quitus d’interpol sur les véhicules importés au Togo. « (…) Le quitus d’interpol n’est rien d’autre que le document délivré par la police après enquête, pour certifier que les véhicules usagés importés d’Europe ou d’autres pays au Togo, n’ont pas été préalablement volés dans leur pays d’origine. Et contre ce document, l’importateur paie une somme d’argent. (…) Le quitus d’interpol sur les véhicules importés au Togo n’a pas toujours existé dans notre pays. Sa création remonte à 1997 avec le développement du commerce des véhicules « venus d’Europe » et des risques de trafic de véhicules volés qu’il induisait. Dans un premier temps, la gestion des fonds générés par le quitus d’interpol était laissé à la Direction de la police judiciaire, dont certains fonctionnaires animaient la cellule locale d’interpol au Togo. Puis elle a été transférée plus tard en 1998, à la Direction générale de la police nationale. (…) Les recettes créées par la délivrance du quitus d’interpol se chiffrent entre 20 et 30 millions de F CFA par mois. Normalement, si le Directeur général de la police voulait se comporter en bon citoyen en faisant preuve de probité, d’honnêteté et de bonne gouvernance, cet argent devrait être versé au Trésor public compte tenu du principe de l’unicité des comptes en finances publiques. Malheureusement, pour des raisons que chacun peut deviner aisément, cette manne n’est pas versée au Trésor public mais gérée de façon quasi discrétionnaire par le Lt-Colonel Takougnandi. (…) En partant de l’année 1998, soit sur cinq ans d’exercice. 25 à 30 millions de F CFA de recette par mois, nous donne pour une année 300 à 360 millions de F CFA par an. Et pour 5 ans, (…) 1,5 et 1,8 milliards de F CFA. (…) 1,5 milliard de nos francs auront été gérés par le Lt-Colonel Takougnandi en l’espace de cinq ans, parallèlement aux services payés de la police dont il continue à bénéficier et au budget de l’Etat. »

LE REGARD n° 374 du 17 février 2004
Après une mission de deux experts sur les droits de l’Homme. Le rapport de la FIDH sur le Togo très attendu
« Une mission de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) composée de deux experts (….) a séjourné la semaine dernière à Lomé. Son objectif : faire le constat sur l’évolution des droits humains au Togo et faire des recommandations. Arrivée à Lomé le 7 février dernier, la délégation a eu du mal à se faire accepter.
La fédération avait pourtant informé les autorités togolaises de l’arrivée de la mission. Les institutions qui devaient contacter les émissaires en ont été informées. En réponse, les autorités togolaises auraient informé la FIDH que la démarche a été viciée et qu’en conséquence, la mission doit être annulée. Néanmoins la FIDH a maintenu sa position et a dépêché les experts. A leur arrivée le samedi 7 février ils ont été l’objet d’une stricte surveillance. La délégation a commencé les contacts avec la société civile au siège de la LTDH à Tokoin. Elle s’est par la suite entretenue avec la CNDH et la MTDLDH, deux organisations qui se posent comme défenseurs des droits de l’Homme dont le but réel est de minimiser les violations flagrantes des droits de l’Homme et de présenter le pouvoir comme le plus grand protecteur des droits humains que le monde ait connu.
La délégation aurait été d’ailleurs surprise de le constater au cours des entretiens. C’est juste après qu’elle ait rencontré la CNDH et la MTDLDH que les autorités togolaises ont manifesté leur volonté de collaborer avec la délégation. A partir de ce moment, le pouvoir a semblé dresser le tapis rouge aux émissaires de la FIDH sans doute pour les influencer.
(…) Le semblant d’intérêt manifesté par le pouvoir à l’endroit de la mission de la FIDH a, selon certains, bouleversé le programme de la délégation. Visiblement, on faisait tout pour que les émissaires repartent avec une bonne impression. Au cours de la visite à la prison civile de Lomé, la CNDH et le MLDTDH bien que n’étant pas invités ont accompagné la délégation qui n’y a pas trouvé d’inconvénient dès lors que l’irruption des intrus ne gênait en rien leur travail.
Elle a pu constater les conditions carcérales et la situation des prisonniers qui passent plusieurs mois sans jugement. En revanche, elle n’a pas pu interroger les prisonniers. Elle s’est également rendue, dans les commissariats et dans certaines brigades de la gendarmerie pour se rendre compte des conditions de détention des prévenus. Ici, la question du délai de garde à vue a été soulevée.
Après cette série de visites, la délégation a rencontré le premier ministre, le président de l’Assemblée nationale, le ministre de la Justice, le ministre de la Communication et de la formation civique ainsi que le ministre chargé de la promotion de l’Etat de droit et de la démocratie.
(…) La délégation a fini sa mission après une semaine de travail très chargée.
Elle est repartie le samedi 14 février dernier sans faire de déclaration. (…) On signale que le résultat du travail effectué n’engagera l’organisation que lorsqu’il aura été approuvé. »

La rédaction letogolais.com