03/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Le testament politique de Feu DJOBO Boukari

15/11/1997 – 15/11/2002. 5 ANS DEJA !!!QUELLE TRAGEDIE!!!

Ce texte qui constitue presque un testament politique a été rédigé par Feu Djobo en personne après différents échanges avec les membres du Groupe de réflexion qu’il a mis en place et qui se réunissaient régulièrement chez lui.

Je vous invite à le publier sur vos différents sites pour rendre hommage à cet homme de conviction, et à ses courageux actes pour le bien-être de notre pays.

Cordialement
Komi Isidore De Souza
Paris

AUX PARTIS POLITIQUES ,
AU PERSONNALITES POLITIQUES
AUX SYNDICATS
ET AUX ASSOCIATIONS
DE L’OPPOSITION DEMOCRATIQUE VRAIE

La nécessité est ressentie par tous que seule l’UNION la plus large possible de toute l’opposition permettra de recréer la dynamique populaire en faveur du changement démocratique réel dans le cadre des trois objectifs que sont la sécurité, les élections libres et transparentes et l’alternance démocratique.
L’immense majorité de la population du Sud au Nord et de l’Est à l’Ouest exige l’Union de l’opposition

Présentement et surtout à l’approche des élections, des consultations tous azimuts menées par des pays étrangers et des organismes internationaux, tant auprès du gouvernement qu’auprès des Partis Politiques et des Personnalités Politiques de l’opposition

Il est évident que toute l’Opposition démocratique vraie souhaite ardemment des élections libres, transparentes et équitables.

En conséquence, et en attendant que se constitue une « Union » ou un « Front » en bonne et due forme, il est impératif qu’il y ait une unité d’action basées sur quelques thèmes fondamentaux.

C’est fort de tout ce qui précède, que le groupe de réflexion signataire du Présent Document recommande aux partis politiques, aux personnalités politiques, aux organisations syndicales et aux associations, de se conformer dans leurs démarches autant que faire se peut, aux idées suivantes auxquelles l’ensemble de l’opposition semble adhérer :

1. En ce qui concerne la sécurité, il est indispensable de demander la présence d’Observateurs Civils et Militaires des Nations Unies et/ou de pays étrangers et d’Organisations Internationales.

Les Observateurs civils, pour une durée de six mois, au nombre de cinq (5) dont un par Région Administrative et les Observateurs militaires pour une durée de quatre mois au nombre de cent six (106) dont trois (3) par Région Administrative (15) et trois (3) par Préfecture (90) sous la supervision d’un Coordinateur Général basé à Lomé, et ceci indépendamment des observateurs étrangers habituels.

La Sécurité, en tout cas, reste un préalable à l’organisation d’un scrutin crédible. Elle ne saurait être assurée par l’ARMEE mais par les Services de Police, de Gendarmerie et du Corps des Gardiens de la Sécurité.
Il faudra amener les pouvoirs publics à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser le climat de terreur et d’inquiétude qui prévaut encore dans le pays, afin de permettre le libre exercice sur toute l’étendue du territoire national des activités politiques de l’Opposition.

2. Un autre impératif est l’adoption du bulletin unique pour le scrutin

3. En raison du manque d’identification fiable, nos compatriotes vivant à l’étranger, encore une fois, ne devront pas participer aux consultations électorales.

4. S’agissant des réfugiés, tant civils que militaires, leur retour effectif dans le pays s’impose.

5. La dynamique populaire en faveur du changement ne sera recréée :
a) qu’en procédant à une analyse approfondie des trahisons successives constatées dans les rangs de l’Opposition de manière à en tirer des leçons pour l’avenir ;
b) qu’en étudiant les voies et moyens à mettre en œuvre pour remobiliser la population.

6. Le libre accès de l’opposition aux médias d’Etat doit être assuré. De plus, la libéralisation de ces médias d’Etat et la restructuration du Haut Conseil de l’Audiovisuel s’avèrent indispensables. Par ailleurs, il faudra faire cesser le harcèlement de la Presse Privée proche de l’Opposition.

7. Il faudra exiger des élections libres et transparentes à travers un Code Electoral accepté par tous et dépouillé des lacunes d’un système plébiscitant en fait, le pouvoir en place :
a) en établissant un état civil incontesté et des listes électorales révisées par consensus de tous les protagonistes ;
b) en assurant la régularité des listes électorales et des opérations de distribution de cartes électorales, en utilisant effectivement l’encre indélébile, en supprimant le vote groupé des soldats et en interdisant les bureaux mobiles ;
c) en assurant l’Indépendance et la Crédibilité des Institutions, notamment en instituant une Commission Nationale Electorale Indépendante devant servir de cadre à l’organisation, au déroulement des élections, au dépouillement, à la proclamation des résultats et à l’authentification des procès-verbaux ;
d) quant au Contentieux Electoral, un Organe consensuel devra en être chargé.

8. Il y a lieu de veiller au respect du verdict populaire par les parties aux compétitions électorales et au respect du principe de l’alternance démocratique.

9. Il faudra aussi veiller au respect scrupuleux de la Constitution adoptée à une large majorité le 27 septembre 1992 par le Peuple Togolais et promulguée le 14 octobre 1992.

10. Il faudra également solliciter auprès de tous les Togolais, vivant sur le territoire national ou à l’étranger, ainsi qu’auprès de tous les Pays et Organisations qui s’inquiètent du drame togolais, leur contribution active à la réalisation des buts énoncés par les recommandations présentes.

11. Enfin, il y a lieu d’exhorter la population à intensifier l’isolement du régime en place, en refusant de participer aux marches de soutien et en dénonçant les députés et autres responsables politiques nationaux locaux qui trahissent la confiance populaire.

Fait à Lomé le 6 septembre 1997

Ont signé :
Boukari A. DJOBO
André A. KUEVIDJEN
Moudjibou B. BRYM
Paulin K. EKLOU
Hippolyte A. KOUEVI
Bawa S. MANKOUBI
Raouf ISSAKA-COUBAGEAT TOURE