26/09/2022

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Peur sur le Togo : Des législatives à la mode des bêtes sauvages

Par décret en date du 14 mars 2007, Faure Gnassingbé, le chef de la junte militaire qui régente le Togo, a mis fin aux fonctions de Monsieur Boukpessi, ministre du budget, des finances et des privatisations, de façon unilatérale et arbitraire, sans aucune explication préalable au peuple togolais qu’il « se dit » représenter. Le premier ministre du gouvernement dit «d’union nationale», Maître Agboyibor, mis devant le fait accompli par le chef du clan, n’a rien trouvé à dire; alors que demain, il pourrait s’agir de son cas personnel, où de celui des ministres des partis politiques qui collaborent sans prendre garde avec le système RPT. Où est l’esprit de consensus ?

Par Tido BRASSIER

Peut-on imaginer un seul instant, la participation de l’UFC à un tel gouvernement, comme l’y invite le facilitateur Compaoré dans le dernier communiqué du Comité de suivi de l’accord politique global. Un gouvernement d’allégeance, sans tête ni queue, dont Faure le chef du clan Gnassingbé se permet de révoquer les membres sans aucune justification ? C’est le fait d’un dictateur. Et un avertissement à tous ceux qui au gouvernement se risqueraient à le contrarier.

Le Togo, c’est le pays de l’arbitraire par excellence, incarné à tout point de vue par la junte militaire. Tant que cette dictature se maintiendra aux affaires dans notre pays par la force des baïonnettes, aucune croissance ne sera au rendez-vous, la pauvreté va s’accentuer et les conditions sociales seront de plus en plus catastrophiques. Notre pays se trouve dans un état de délabrement sans précédent, c’est bien grave !!!

Il y a bien longtemps que le Togo n’est plus dans un cadre de jeu politique apaisé. La vérité est qu’il va falloir beaucoup de réalisme aux Togolais, pour enfin orienter la lutte de libération de notre pays vers une stratégie frontale pour nous défaire des griffes de l’occupant. Il faut le reconnaître, sans détour, que notre pays est depuis 1967 sous occupation d’une clique d’aventuriers sanguinaires. Le clan Gnassingbé et ses acolytes n’ont rien à faire d’un projet collectif, dont les Togolais ont besoin pour laisser libre cours à leur créativité et assouvir leurs légitimes ambitions de développement national.

EPURATION DANS LE CLAN…A QUI LE TOUR !

Les têtes tombent les unes après les autres depuis 1967, le capitaine Paul Comlan, le colonel Koffi Congo, le général Améyi, le colonel Tépé, le colonel Akpo, le commandant Sanvee, le capitaine Fiati, Biténéwé, Assih, le commandant Boco, etc. Cette épuration s’accélère depuis la succession monarchique de février 2005 sans qu’aucune autorité morale ne réagisse. Et pire, au sein de cette junte militaire, toute personne en dehors du clan des Gnassingbé, sait pertinemment que son tour viendra un jour ou l’autre. Il incombe aux forces armées togolaises, principales victimes de l’arbitraire, de réagir par la désobéissance civile, en libérant notre pays, pour que triomphent l’Etat de droit et la démocratie au Togo. S’ils ne réagissent pas, ils continueront d’être complices aux yeux des Togolais, par l’instrumentalisation de leur institution.

En contribuant à renforcer la dictature et son système de destruction, c’est le peuple togolais tout entier qu’on détruit, en s’automutilant soi-même : voilà ce qu’il en est des répudiés Boukpéssi, Assani Tidjani, Pitang Tchalla, Titikpina, qui étaient aux premiers rangs des faucons du clan…et nous ne sommes qu’au début du feuilleton des barons tombés en disgrâce. Sous la couverture d’une disgrâce, certains pensent que c’est plutôt une opération de radicalisation et de rajeunissement des cadres de la junte militaire au pouvoir.

CE A QUOI IL FAUT S’ATTENDRE !

L’arbitraire érigé en mode de gouvernement, de gestion de l’Etat-clanique RPT, est à son comble. C’est dans cette tenaille qu’il était question d’enfermer l’opposition et tout particulièrement l’UFC, pour tuer à jamais les revendications légitimes du peuple. Le premier ministre, Maître Agboyibor, un de nos meilleurs avocats, se révèle être un piètre défenseur des aspirations du peuple togolais face à Faure Gnassingbé à tort considéré comme un dictateur en herbe ? Aurait-il perdu son engagement fécond et son éloquence ? Il s’est apparemment laissé lier les mains par le RPT, de surcroit, il est devenu aphone sur les agissements anarchiques des ministres de son gouvernement, avec une CENI totalement soumise aux ordres du clan des Gnassingbé, une réforme de l’Armée à la hâte qui n’est rien d’autre qu’une consolidation de la junte militaire.

Dans la perspective des prochaines élections législatives, cette situation n’est pas de nature à rassurer les Togolais. Il est même à craindre qu’elles sont jouées d’avance; organisées dans la précipitation, la confusion et la répression comme les élections d’avril 2005 et toutes celles qui ont été usurpées par la junte militaire au pouvoir au Togo. Les Togolais doivent se préparer à la riposte face à ce qui se prépare: une élection bidonnée ou une transition qui n’en finit pas et qui pérennise la dictature des Gnassingbé. Il n y a pas d’autres issus aux constats de ce qui résulte des improvisations et des gesticulations du soit disant gouvernement d’union nationale.

Ce à quoi il faut s’attendre d’ores et déjà le soir du vote, c’est la prise d’assaut par les forces de l’ordre et de sécurité des locaux de la CENI, pour s’approprier des procès verbaux des bureaux de votes comme ce fut le cas en 1998, lorsque le général Mémène débarqua à la CENI, à la tête d’un groupe de gendarmes et militaires malfaisants zélés et dévoués au dictateur Gnassingbé père, pour voler la victoire de Gilchrist Olympio dans les urnes au profit du dictateur.

Ce à quoi il faut s’attendre le soir du vote des législatives, c’est de savoir résister malgré les prochaines coupures d’électricité, de téléphones fixes et mobiles pour terroriser le peuple, ainsi que l’expulsion des journalistes internationaux d’investigations hors de nos frontières.

Ce à quoi il faut s’attendre enfin le soir de la proclamation des résultats, c’est la fermeture systématique des frontières aériennes et terrestres, suivies d’un déploiement massif des forces de l’ordre et de sécurité aux points stratégiques de la capitale et des grandes villes, en vue de réprimer et écraser la contestation populaire, comme ce fut le cas en avril 2005, lorsque le colonel Titikpina, le général Tidjani, Kpatcha Gnassingbé et d’autres officiers des forces armées togolaises ont quadrillé les jeunes à l’aide des moyens logistiques de guerre.

Si aucune force internationale de dissuasion et d’interposition militaire n’est déployée au Togo pour sécuriser les opérations de votes, il y lieu de craindre un nouveau chaos dans notre pays.

La rédaction letogolais.com

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[POUR LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES AU TOGO EN 2007, EXIGEONS UNE FORCE MILITAIRE INTERNATIONALE D’INTERPOSITION->http://www.letogolais.com/article.html?nid=3056]