06/12/2022

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Plus de 8.000 manifestants à Paris contre le coup d’Etat au Togo !!!

La retenue légendaire des togolais, leur peu d’empressement à s’impliquer dans des manifestations politiques, ont été démentis de la plus vibrante des manières dimanche dans les rues de Paris. . Solidarité, détermination, mise entre parenthèse des clivages politiques, un mélange détonnant de statuts pour faire passer un seul message :plus jamais le Togo ne se laissera opprimer…

Par Franck EKON

Les projections pessimistes sur le succès de la manifestation de dimanche ont été vite levées. Les rafales de vent et la pluie intermittente n’y ont rien fait, les Togolais ont massivement répondu présent à la marche de protestation contre ce qui se trame dans leur pays. Démonstration de force ponctuelle ou amorce d’une implication politique d’envergure de la diaspora, le nombre de togolais présents au départ de la manifestation suffit à se convaincre de l’intérêt suscité dans les esprits par les derniers développements de la vie politique au Togo.

Des milliers d’entre eux ont déferlé sur la place de la République pour exprimer clairement leur refus de voir le pays sombrer une fois de plus sous le joug d’un pouvoir illégitime. Le rouge, couleur de circonstance, est arboré comme vecteur du ressentiment généralisé contre le passage en force initié par l’armée pour étouffer l’espoir né du décès du Général Eyadéma. Un carton rouge également synonyme du rejet de tout compromis avec une équipe qui n’a pas hésité à insulter l’honneur de tout un peuple en violant sans état d’âme la constitution nationale.

« Ensemble, nous vaincrons la dictature au Togo », annonce une gigantesque pancarte exhibée par des jeunes en début du cortège qui s’ébranle à partir de la place de la République. L’union sacrée autour de la défense de la démocratie en péril au Togo est largement perceptible ; Sur le parcours qui mène à la Bastille, les manifestants semblent s’être entendus pour tourner le dos à tous les particularismes politiciens pour entonner en parfaite symbiose l’hymne de la mise en commun des énergies. A la tête de la manifestation, des responsables d’associations se mêlent aux anonymes dans une ambiance bon enfant.

Et comme pour témoigner de la proximité de leur action de ce dimanche avec celle des togolais actuellement mobilisés sur le terrain, le répertoire des chants traditionnellement scandés aux temps forts des marches de protestation à Lomé refait son apparition. L’hymne national togolais et les chansons guerrières entrecoupés de coups de sifflets et de percussions de tous genres s’invitent dans un brouhaha qui rappelle les processions spectaculaires à travers les artères loméennes, les militaires en moins. Un symbolisme qui porte une signification toute spéciale au lendemain du matraquage d’innocentes populations par les militaires dans la capitale togolaise. Dans une atmosphère où l’émotion le dispute au ras-le-bol, aucun slogan, aucune exhortation n’est de trop pour se donner mutuellement le courage indispensable devant les difficultés en perspective dans le pays.

« Assez de la famille Gassingbé ! Togolais, libérons-nous de cette racaille ! », hurle une voix dans un haut-parleur sous l’assentiment d’une foule qui déroule sans attendre sur le même thème. C’est que pour les participants à la manifestation de dimanche, rien ne saurait justifier cette nouvelle prothèse dictatoriale que les caciques de l’ancien système nourrissent l’ambition d’imposer au Togo.

Rejoignant le groupe peu sur le parcours, Gilchrist Olympio peut lui-même mesurer la ferveur de ses compatriotes. Entre les journalistes et la horde de manifestants qui l’assaillent de toutes part, le Président de l’Union des forces de changement n’a d’autre choix que d’adopter le tempo d’un groupe qui apprécie la surprise à sa juste valeur. La nouvelle de l’arrivée du leader de l’UFC crée visiblement l’événement, car de l’arrière à la tête du cortège, les décibels montent d’un cran et le personnage lui-même fait monter les enchères, les bras levés, en prenant place aux côtés des autres responsables de partis et d’associations en tête de la manifestation.

La Bastille n’est heureusement pas très éloignée et l’impressionnante foule peut maintenant écouter les communications du jour. Les dents claquent sous le vent froid qui s’est remis à souffler et la grêle qui s’y remet, mais c’est le moment que des jeunes armés de mégaphones choisissent pour requinquer les ardeurs. Les « oui à l’insurrection populaire » succèdent une fois de plus aux « Faure Gnassingbé dehors ». Le consensus pour l’accalmie se dégage pourtant progressivement quand les différents responsables politiques prennent la parole à tour de rôle pour en appeler à la mobilisation de tous les Togolais.

La rhétorique est invariable : la mise en scène destinée à instaurer un despotisme héréditaire au Togo doit interpeller tous les fils du pays. C’est autour de cet ennemi commun que les forces populaires du Togo sont aujourd’hui appelées à fédérer leur énergie. C’est aussi le point de vue de l’armada qui a fait le déplacement. Liberté, quand tu nous tiens…

La rédaction letogolais.com