28/11/2022

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A 48 heures de la présidentielle, le Togo sous tension

Le ministre de l’Intérieur a perdu son fauteuil, vendredi matin, après avoir demandé le report de l’élection • L’oppostion redoute la manipulation du scrutin •

Par G. T. (avec agences)

L’élection présidentielle au Togo aura bien lieu dimanche «comme prévu» et le ministre de l’Intérieur, François Esso Boko, qui avait demandé dans la nuit de jeudi à vendredi la suspension du «processus électoral suicidaire», a été limogé. «Les forces de l’ordre et de sécurité ont pris les mesures nécessaires pour que l’élection présidentielle se déroule dans le calme et la sérénité. L’ordre public sera maintenu», a notamment assuré Pitang Tchalla, le ministre togolais de la Communication, faisant état d’une déclaration du président de la République par intérim, Abass Bonfoh. C’est le ministre de la Justice, Katari Foli-Bazi, qui a été chargé vendredi matin «d’assurer provisoirement» les fonctions de ministre de l’Intérieur.

Esso Boko, avait demandé, outre la suspension de l’élection présidentielle, la mise en place d’une transition avec un Premier ministre issu de l’opposition pour apaiser la tension dans le pays à 48 heures du scrutin présidentiel du 24 avril. Il avait souhaité que «pour éviter le pire et le chaos», la classe politique «se retrouve» autour de Bonfoh «pour envisager une transition politique d’un à deux ans afin de réconcilier le pays». Samedi dernier, des heurts entre militants du Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir) et de l’opposition avaient fait une cinquantaine de blessés dans la capitale Lomé, selon les autorités.

D’autres affrontements ont éclaté mardi à Sokodé (nord), deuxième ville du pays, faisant de nouveaux blessés. D’après l’opposition, sept de ses partisans ont été tués lors des violences qui ont ponctué ces rassemblements politiques.

L’opposition redoute en effet que le scrutin ne soit manipulé en faveur de Faure Gnassingbé, candidat du pouvoir togolais et fils du défunt président Eyadéma. Porté à la magistrature suprême par l’armée à la mort de son père, Gnassingbé avait promis de se plier aux exigences internationales, de quitter la présidence et d’accepter l’organisation d’une élection présidentielle anticipée. La France, dont le président Jacques Chirac était un «ami personnel» du défunt président, et les Etats-Unis ont lancé un appel au calme après les violentes manifestations des derniers jours. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a quant à lui estimé que cette élection offrait au Togo «l’occasion d’émerger en tant que nation unie et pacifique d’une difficile transition politique».

Outre Faure Gnassinbgé, investi par RPT -qui fut l’une des bases des 38 années de pouvoir de son père- trois candidats sont en lice. Six partis de l’opposition se sont alliés autour d’Emmanuel Akitani-Bob, le vice-président de l’Union des forces pour le changement (UFC). Deux autres personnalités, Harry Octavianus Olympio et Jean Nicolas Lawson, briguent les suffrages des 3,5 millions d’électeurs inscrits. Le principal opposant et dirigeant de l’UFC, Gilchrist Olympio, n’a pu se porter candidat. Exilé depuis une tentative d’assassinat, en 1992, il n’a pu justifier de sa présence au Togo dans l’année précédant le scrutin.