06/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

Deux leaders de l’opposition togolaise sous mandat d’arrêt

Des mandats d’arrêt auraient été émis le jeudi 27 février 2003 contre le professeur Léopold M.Gnininvi et le professeur Lantam. Les autorités togolaises débordées par les révoltes naissantes ces derniers jours à Lomé chercheraient des boucs émissaires.

Des sources très proches de la CDPA et du courant des Rénovateurs, des mandats d’arrêt auraient été émis le jeudi 27 février 2003 contre le professeur Léopold M.Gnininvi, secrétaire général de la convention démocratique des peuples africains (CDPA), et le professeur Lantame, proche de Dahuku Péré. Pour l’heure, aucune précision n’a été fournie sur les faits qui leur sont reprochés. Les autorités togolaises reprocheraient à ces opposants d’être impliqués dans les mouvements de protestations de la NDP qui s’amplifient au jour le jour au Togo. En effet, le samedi 22 février 2003, la Nouvelle Dynamique Populaire tentait d’organiser une marche de protestation qui a été réprimée par les forces de l’ordre. D’autres manifestations violentes ont suivi toute la semaine à Lomé. Des pneus ont été brûlés, les cours de classe ont été perturbés pendant plusieurs jours par des jeunes togolais venus des quartiers populaires. Le pouvoir RPT a imputé ces violences aux jeunes de la NDP. Gilbert Atsu, le responsable de ce mouvement, et ses animateurs sont dans le collimateur du dictateur et de ses hommes de main depuis la naissance de ce mouvement, il y a quelques jours. Mais le mouvement est plus profond et c’est une lame de fond qui monte de toute part dans la population et la diaspora togolaise. C’est la réponse des jeunes togolais aux manquements des hommes politiques traditionnels empêtrés dans leur rivalité intestine. Une accusation est montée de toutes pièces pour attribuer cette révolte naissante à des hommes politiques qu’Eyadéma veut écarter de la course aux présidentielles qu’il compte mener pour faire entériner son projet de présidence à vie à la tête du Togo. Les jeunes qui ont été arrêtés auraient déclaré que les principaux instigateurs seraient les Professeurs Gnininvi et Lantame.. Le scénario est connu d’avance. D’autres jeunes soudoyés à coup de centaines de francs CFA par Eyadéma, seront bientôt invités à la télévision pour revendiquer ces actes de violence et accuseraient nommément de paisibles citoyens. Le pouvoir du Togo est friand des ces mises en scènes quotidiennes pour dénigrer les opposants.

Après avoir embastillé pendant quelque temps M. Abgboyibor et Claude Améganvi, écarté Gilchrist Olympio en tripatouillant la constitution togolaise et le code électoral, Eyadéma veut s’attaquer au reste des hommes politiques susceptibles de contrer la mécanique bien huilée du hold-up électoral qu’il a mijoté pour les présidentielles de 2003.

La rédaction letogolais.com