28/06/2022

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Eyadéma verrouille le système électoral

Le conseil des ministres réuni à Pya le samedi 25 janvier 2003, sous la présidence du Général Eyadéma, vient d’adopter un avant-projet de loi modifiant le code électoral déjà revu en mars 2002. Le communiqué, à l’issu de ce conseil, dit vouloir « simplifier l’organisation des scrutins tout en renforçant et en rendant plus opérationnelle la Commission Electorale Nationale Indépendante » (CENI).

Le gouvernement ne donne aucune autre explication sur la composition de cette soi-disant CENI amputée d’une partie de ses prérogatives qui sera, de toute façon, chapeautée par le Ministère de l’Intérieur. Cette nouvelle institution, qui n’aura aucune indépendance, se chargera simplement « d’assurer la supervision et la transparence des opérations de vote ». Le Ministère de l’Intérieur assurera « l’organisation matérielle du scrutin ». Cette clé de voûte du système Eyadéma sera à la fois juge et partie. Les cartes peuvent être aisément brouillées en cas de déconvenues lors des hypothétiques élections présidentielles. Le dictateur ne veut plus parier sur un seul mécanisme de tricherie, il a besoin d’un garde-fou pour s’assurer une victoire certaine. Ce que vient de mettre sur pied le dictateur Eyadema est simplement scandaleux. Echaudé par la défection de la présidente de la CENI en 1998 puis par celle de l’un des 7 magistrats cooptés par ses soins lors de la mascarade électorale par celle 27 octobre 2002, Eyadéma veut se prémunir en mettant en place une commission 100% infaillible. Il saborde le C7 pour le remplacer par une CEN(I), c’est du pareil au même.

Cette initiative passera comme une lettre à la poste à l’Assemblée Nationale. Il est vrai que toutes les gesticulations des députés de l’Assemblée Nationale ne sont qu’écran de fumée visant à masquer les méfaits du vrai artisan de la mise en place de la Présidence à vie d’Eyadéma : le constitutionnaliste français du Général qui, nous dira-t-on, agit à titre privé. Sa stratégie est de mettre en œuvre sa diabolique conspiration et de la faire entériner par les députés RPT qui n’y comprennent rien. Dans l’empressement, certains diplomates semblent aller vite en besogne en conseillant à nos hommes politiques de s’impliquer davantage pour d’hypothétiques élections présidentielles, pensant prendre au mot le Général. Il est vrai qu’Eyadéma est souvent encouragé dans ses actes par la frilosité de la communauté internationale qui, sous prétexte que le Togo est un pays souverain, avalise et entérine toutes ses turpitudes dès lors que celles-ci ont un vernis de légalité. Non, les Togolais sont toujours sous la férule d’un dictateur féroce. C’est la raison pour laquelle ils veulent des élections mais uniquement sous le contrôle et l’égide des Nations-Unies.

Et il est absurde que l’on ne puisse pas faire l’économie d’une guerre civile, pour obtenir l’assistance de la communauté internationale à l’application du Pacte des droits civiques et politiques dont le Togo est signataire.

La rédaction