08/12/2022

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La diaspora togolaise en force à Paris

Plus de 600 Togolais et amis de la liberté venus de toute l’Europe étaient présents à Paris pour exprimer leur volonté de voir Eyadéma quitter le pouvoir au Togo en 2003. Les manifestants, tous vêtus de rouge, ont également prouvé leur détermination en défilant dans les rues de Paris malgré l’interdiction des autorités françaises qui les cantonnaient dans un seat-in à la place du Trocadéro.

Pendant plus de 4 heures sous une pluie battante, les manifestants ont entonné des chants patriotiques sous les rythmes endiablés des tam-tams. La résonance de l’ATOPANI (énorme tambour) faisait battre le cœur de l’assistance qui scandait sans cesse les slogans appelant à la destitution du dictateur et au rétablissement d’un Etat de droit au Togo. La réunion bon enfant au début a atteint un de ses moments forts quand Monsieur Gilchrist Olympio est venu rejoindre les manifestants pour leur témoigner sa sympathie et les remercier de leur courage. Happé par le public pendant plusieurs minutes, il a fallu à ses hommes de main beaucoup de courage pour le dégager des étreintes des manifestants qui le découvraient pour la première fois. Il est vrai que le plus fort du bataillon des manifestants venait d’Allemagne, Belgique, Finlande, Italie et avait fait plus de 1000 à 2000 kilomètres pour exprimer leur colère contre Eyadéma et l’ambiguïté de la politique française à l’égard du Togo.

Ce raout de la diaspora togolaise en Europe fut une occasion pour tous les jeunes Togolais de se rencontrer et de coordonner leurs points de vue sur les actions à entreprendre pour mettre fin au calvaire de leurs frères restés au pays. Les conciliabules en coulisses de la manifestation furent énergiques; les leaders de chaque délégation étaient bien au fait des difficultés que rencontrent les partis politiques sur le terrain et entendent bien apporter leur point de vue et leur détermination pour mettre fin à la dictature d’Eyadéma. Il est apparu que cette nouvelle dynamique a, en son sein, toutes les palettes pour fournir et insuffler les options déterminantes afin d’atteindre l’objectif qu’ils se sont fixé : bouter Eyadéma hors du pouvoir.
Il y a les colombes qui spéculent sur un départ négocié d’Eyadéma et les faucons qui s’en tiennent à un seul mot d’ordre: Eyadéma dehors ! Pour affirmer leur détermination, ils ont su convaincre tous les manifestants de défiler dans les rues de Paris en dehors des limites autorisées par la police. Cette désobéissance est un message fort adressé à Jacques Chirac et à la France pour qu’ils prennent réellement en compte la détermination des Togolais.

Vers 17 heures, autorisée à ne faire que le tour de la place du Trocadéro, la troupe des manifestants après deux voltes, s’engouffre dans l’avenue Raymond Poincaré, échappant à la vigilance des policiers en faction. 600 Togolais partant à la conquête de leur liberté dans les rues de Paris, je ne vous le cache pas, c’était beau à voir. Pour ceux qui doutent de leur détermination, ils sont maintenant avertis. Un kilomètre après cette envolée patriotique, confrontés à un barrage de brigade anti-émeute et aux cars fermant l’entrée de la place Victor Hugo, les manifestants ont entonné en boucle l’hymne national togolais interrompu de temps en temps par le chant des patriotes et de grâce : fofo si nusinlé (c’est au seigneur qu’appartient la force). Ce face à face a duré une heure, ensuite la manifestation a fait demi-tour, les participants fiers comme des soldats de retour d’une bataille victorieuse, reprenant de plus belle leur défilé pour rejoindre leur cantonnement, à la place de Trocadéro.

Après une telle démonstration, rendez-vous est pris pour le prochain round le 19 février 2003. Le collectif de la diaspora togolaise en Europe, né d’une initiative spontanée, a décidé de marquer à la culotte le dictateur Eyadéma partout dans le monde, jusqu’à ce qu’il quitte le pouvoir. La stratégie adoptée par les animateurs de ce collectif est le harcèlement et la réplique systématique aux atermoiements du dictateur Togolais .

La rédaction