05/12/2022

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L’armée empêche une marche de la NDP

La nuit du vendredi 14 mars 2003, les rues du quartier sud de Lomé ont été quadrillées par l’armée togolaise pour empêcher la manifestation des militants de la Nouvelle Dynamique Populaire (NDP) prévue le samedi 15 mars 2003 contre le régime arbitraire d’Eyadéma et son caractère dictatorial.

Cette marche était organisée pour exiger la liberté d’expression, de manifestation pour tous les Togolais et la fin de la marginalisation de la jeunesse. La NDP souhaitait également attirer l’attention de la communauté internationale sur l’intérêt d’une solution consensuelle et sans exclusion à la crise togolaise. Mais la manifestation n’a pas pu avoir lieu en raison d’une interdiction tardive des autorités togolaises et du quadrillage militaire des quartiers sud de la capitale. C’est la veille du jour prévu qu’un communiqué du ministre de l’intérieur de la sécurité, lu à la télévision togolaise, a interdit la marche des jeunes de l’opposition ; intimidation qui n’a pas suffit pour faire céder les militants de la NDP. La nuit a été interminable pour les militaires en tenue de camouflage et armés qui avaient, dès la soirée de vendredi, pris d’assaut le château d’eau de Bè, point de départ de la manifestation, et les rues adjacentes. Les jeunes très déterminés sont sortis, nombreux, de très bonne heure le samedi 15 mars 2003, munis de frondes, de lance-pierres pour défier le pouvoir d’Eyadéma. Les responsables de la NDP ont fait preuve de sang-froid en évitant la confrontation et le carnage que recherchaient les militaires. Ils ont dû déployer toute leur force de persuasion pour convaincre les jeunes de ne pas offrir cette opportunité aux autorités togolaises qui voulaient faire des victimes pour servir d’exemple à leur stratégie de terreur. Les échauffourées ont duré environ deux heures avant que les jeunes ne se décident à abandonner le terrain. Les militaires ont essayé d’engager des courses poursuites car ils voulaient créer des incidents provoquant des dommages et des victimes. Des cars de police et de la gendarmerie ont circulé à travers les rues et les ruelles de la capitale à la recherche de manifestants invisibles dissimulés dans la foule. Il n‘y a eu ni blessés ni arrestations.

Les jeunes togolais sont conscients que le pouvoir est décidé à les faire taire par tous les moyens et cherche à provoquer un carnage parmi la population pour refroidir la révolte naissante. Il semblerait que la jeunesse et la NDP aient opté pour une stratégie de la rupture définitive avec la dictature d’Eyadéma et décidé de harceler cette junte militaire jusqu’au jour fatidique.

La rédaction letogolais