04/12/2022

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Le Congrès autorise M. Bush a recourir à la force contre

Washington – La Chambre des représentants et le Sénat ont accordé au président Bush l’autorisation qu’il cherchait afin de monter une opération militaire contre le régime de Saddam Hussein en Irak.

Le 10 octobre, par un vote de 296 voix contre 133, la Chambre a autorisé le président Bush à lancer une attaque unilatérale préventive contre l’Irak – si les démarches entreprises par le biais des Nations unies échouent – afin de déposséder Saddam Hussein de ses armes de destruction massive et de l’empêcher d’acquérir l’arme nucléaire. Le Sénat s’est exprimé dans le même sens le 11 octobre, par 77 voix contre 23.

Lors d’une conférence de presse tenue après le vote de la Chambre, le président Bush a déclaré : « Les députés ont clairement dit au monde et au Conseil de sécurité des Nations unies : il faut absolument mettre fin une fois pour toutes à la montée de la menace venue d’Irak. » Et de réaffirmer : « L’Irak doit se désarmer et respecter toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, ou il sera forcé de le faire. Le régime irakien n’a pas d’autre choix. Il ne saurait y avoir de négociation. »

Les républicains de la Chambre ont presque tous décidé de soutenir le président dans cette entreprise, s’exprimant à 215 voix contre 6 en faveur de la résolution autorisant le recours à la force militaire pour se défendre de la menace continue que représente l’Irak. Quatre-vingt-un démocrates – dont le chef du parti à la Chambre, M. Richard Gephardt (Missouri), se sont joint à leurs collègues républicains. Cent vingt-six démocrates et un indépendant s’y sont opposés.

Dans sa version finale, la résolution donne au président Bush tous les pouvoirs qu’il avait réclamés. Cependant, si elle l’autorise à agir indépendamment des Nations unies, elle tient compte des inquiétudes de certains parlementaires en encourageant le président à épuiser d’abord tous les recours diplomatiques et exige de lui qu’il remette au Congrès un rapport tous les soixante jours au sujet de toute action unilatérale qui aurait été entreprise.

L’issue des débats est devenue évidente lorsqu’une version modifiée de la résolution, soutenue par la plupart des démocrates, a été battue par un vote de 270 voix contre 155 en début de journée. Cette version exigeait que le président Bush demande au Congrès de se prononcer une seconde fois sur le recours à la force lorqu’il aurait conclu que les démarches diplomatiques par le truchement de l’ONU n’avaient pas abouti.

Le représentant John Spratt (démocrate de Caroline du Sud), qui a parrainé la version modifiée, a déclaré : « En l’absence d’une action multilatérale, ce sera les Etats-Unis contre l’Irak et, pour certains, les Etats-Unis contre le monde arabe et musulman. »

Le démocrate Jay Inslee (Washington), a renchéri : « A mon avis, frapper un tyran et créer 10.000 terroristes ne constitue pas une victoire. »

Cependant, le chef de la majorité républicaine de la Chambre, M. Richard Armey, qui, au début, avait également critiqué le bien-fondé d’une résolution autorisant le recours à la force, a déclaré à ses collègues qu’une frappe contre Saddam était partie intégrante, et nécessaire, de la guerre contre le terrorisme.

« Si vous voulez mener une guerre contre le terrorisme, alors vous devez stopper celui qui est le plus à même d’armer les terroristes avec les armes qui nous font le plus peur. »

Si M. Gephardt a fini par appuyer cette résolution, il n’en est pas de même de son second dans la hiérarchie du parti à la Chambre. En effet, la députée Nancy Pelosi (Californie), qui a siégé à la commission du renseignement de la Chambre, a déclaré : « L’usage unilatéral de la force (…) nuira à notre guerre contre le terrorisme. »

« Nous ne pouvons pas laisser cette coalition se démanteler », a-t-elle déclaré, faisant allusion à la coalition internationale assemblée par le président Bush dans la foulée des attaques du 11 septembre 2001.

Le président Bush n’a cessé de répéter qu’il n’avait pas encore décidé de lancer une attaque militaire contre l’Irak. Il a souhaité l’appui du Congrès afin de renforcer sa position pendant qu’il cherche à obtenir du Conseil de sécurité l’approbation d’une nouvelle résolution très ferme qui ordonnerait à l’Irak d’accepter, sans conditions, des inspections et le désarmement. En cas de refus, il se verrait forcé de le faire.

Ralph Dannheisser
Rédacteur du « Washington File »