28/06/2022

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LE FRONT: Appel du Foyer PIE XII aux magistrats…

LE FRONT (ADDI, CAR, CDPA, UDS-TOGO)

Le Font uni de l’Opposition lance, à l’occasion de la réunion d’information tenue ce dimanche 1er septembre 2002, au Foyer Pie XII, l’Appel dont la teneur suit à l’adresse des magistrats cooptés pour avaliser les élections législatives anticipées qui se préparent en violation flagrante de l’Accord Cadre de Lomé :

Le Front uni de l’Opposition rappelle que, lors du Dialogue inter togolais de juillet 1999, le Général Eyadéma ne s’est fait maintenir par ses suppôts extérieurs à la tête de l’Etat-Caserne du Togo à la suite du scrutin présidentiel frauduleux du 21 juin 1998 qu’après qu’il se soit engagé d’une part, à se retirer du pouvoir en 2003, d’autre part à garantir la régularité des consultations électorales à venir par un code électoral consensuel.

Ce Code adopté par le Comité Paritaire de Suivi en décembre 1999, devrait servir de base à des élections législatives générales anticipées pour permettre à notre pays de renouer avec les concours financiers extérieurs et la dynamique du développement.

Le processus électoral débuta finalement en février 2001 par la révision des listes électorales dans l’enthousiasme populaire et fut salué avec satisfaction par la Mouvance présidentielle, l’Opposition, les Facilitateurs et la Communauté internationale.

Contre toute attente, le Chef de l’Etat mit un coup d’arrêt brutal à ce processus par une série d’actes, notamment, la modification du code électoral consensuel et la nomination d’un collège de sept magistrats aux lieux et place de la Commissions électorale nationale indépendante (CENI) à composition mixte paritaire.

Dès lors, il est apparu que le Chef de l’Etat n’entend laisser organiser les élections législatives anticipées que si les résultats sont susceptibles de lui permettre de modifier la Constitution pour briguer un nouveau mandat en 2003 au mépris de son engagement de juillet 1999

Il est désormais clair que les seules consultations électorales décisives à l’horizon sont les élections présidentielles de 2003. le scrutin législatif anticipé n’en est qu’une manœuvre préparatoire.

Le Font uni de l’Opposition a été crée en vue d’apporter la riposte populaire appropriée que requiert la démarche cynique du Général Eyadéma dont le départ en 2003 constitue un impératif tant pour nos populations que pour les partenaires au développement du Togo.

Depuis plus d’une décennie, notre pays, est mis au ban des nations et bloqué dans son développement à cause du refus du Chef de l’Etat d’ouvrir le Togo à la démocratie. Cette situation est synonyme de misère, de maladie pour les togolais, hommes, femmes et enfants. Nos écoles, nos hôpitaux, nos routes… sont de plus en plus délabrés. Nos jeunes, par perte de confiance dans leur pays, ne cessent de s’exiler par millier vers d’autres horizons…

On peut comprendre que le Chef de l’Etat et ses proches qui disposent eux, de quoi survivre au milieu de cet océan de misère ne s’émeuvent guère de la situation catastrophique que traverse le Togo.

On a en revanche du mal à imaginer que les magistrats pétris du même sang que leurs frères végétant dans le ghettos et hameaux du pays se fassent complices d’un processus électoral qui, s’il est mené à terme, ne peut qu’aggraver la crise socio-économique.

L’acte que ces magistrats s’apprêtent à poser est hautement criminel.
C’est pourquoi le Front en appelle à leur conscience : que la crainte de Dieu les inspire et les éloigne du chemin du mal que le Chef de l’Etat les oblige à emprunter.

Le Front en appelle à leur conscience de citoyen pour qu’ils choisissent désormais l’intérêt du peuple plutôt que de se soumettre à la volonté d’un seul homme.

Le Front les invite à faire honneur à leur profession qui fait d’eux des remparts contre toutes formes d’injustice et d’oppression.

C’est le lieu de rappeler qu’en d’autres occasions, certains de leurs collègues ont fait preuve de courage face aux manœuvres d’intimidation du pouvoir, à la grande satisfaction de leurs concitoyens.

Les magistrats du collège électoral sont également capables de la même résistance pour la préservation de leur dignité.

Le Front en appelle aux populations, singulièrement aux familles, aux collègues et amis des magistrats concernés : MM. Komlan Assogbavi, Kouassu Dotsè-Togbé, Akibou Idrissou, Yempab Kantchil-Laré, Kokou Kpomégbé, Komlan Missité, Abalo P. Pétchélébia, à intervenir auprès d’eux pour les sauver du grand scandale auquel le Général Eyadéma veut les associer.

Fait à Lomé, le 1er Septembre 2002
Pour Le Front,
Le Coordinateur,

Yawovi AGBOYIBO