29/11/2022

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Le portefaix, un métier ingrat

Au grand marché de Lomé, plusieurs jeunes filles exercent le métier de portefaix. Venues dans la capitale chercher de quoi survivre et la tête pleine de rêves, ces jeunes filles appelées « agbatéto » déchantent rapidement devant la dure réalité des conditions de vie et de travail en ville.

Les portefaix sont des travailleurs isolés aux revenus déplorables totalement inorganisés. Leurs seuls interlocuteurs sont les commerçants des marchés qui sont de véritables exploiteurs. Le métier de portefaix est exercé dans la plupart des cas par des jeunes filles issues de familles pauvres des localités avoisinantes de la capitale. Elles viennent des villages dont les sols arides n’offrent pas l’opportunité de pratiquer une activité agricole. Elles n’ont eu ni la possibilité d’aller à l’école ni les moyens de faire l’apprentissage d’un métier. Leur rêve est souvent de se constituer un pactole pour apprendre un métier ou créer un petit commerce. Elles louent donc leurs bras pour le transport des marchandises d’un lieu de stockage aux lieux de vente pour quelques clopinettes. Rares sont celles qui arrivent à assouvir ce rêve car les revenus des portefaix sont vraiment maigres. Pour les commerçants, elles sont devenues un palliatif aux taxis de villes, aux pousse-pousse, etc.. Mal payées les « agbatéto » subissent d’insupportables humiliations de la part de leurs donneurs d’ordre. Quel que soit le temps, elles croupissent sous des poids de plusieurs dizaines de kilos de marchandises. Le grand marché est à la fois leur lieu de travail et leur dortoir car la nuit tombée, elles doivent trouver un gîte. Moyennant 150 ou 200 FCFA, elles s’entassent à 5 personnes dans de miteuses chambrettes gérées par des propriétaires véreux des alentours du marché. Celles qui n’ont pas eu la chance de suffisamment bien gagner leur journée sont obligées de se prostituer la nuit pour se nourrir et s’offrir un lit. Ces jeunes adolescentes après des rapports souvent non protégés se retrouvent enceintes ou avec des maladies vénériennes. Les portefaix sont forcément dans des situations pour lesquelles ni l’Etat ni les ONG n’ont prévu de solutions immédiates. La vie est dure en ville, c’est l’échec garanti pour ces jeunes filles sans défense

Survivre dans la situation actuelle du Togo n’est pas chose aisée, mais il est urgent de préserver ces jeunes filles. La solution serait de freiner l’exode rural en créant des structures adéquates dans leurs villages d’origine.

La rédaction letogolais.com