25/06/2022

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Le Togo:Le nouveau tournant de la stratégie répressive de l’oligarchie gnassingbéenne

« Ainsi le principe est : laisser se développer le mouvement pour mieux le liquider ensuite »
Victor Serge (in Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression)

Le Peuple togolais mène, depuis la tragique date du funeste 13 janvier 1963, un combat épique d’auto-libération du joug du clan des Gnassingbé. Et les présentes lignes visent à considérer, s’agissant de la tranche temporelle qui va de mars 2010 à juillet 2012, le nouveau tournant de la stratégie de terreur mise en œuvre par ce clan pour faire face audit farouche combat.

En effet, à compter de l’élection présidentielle du 04 mars 2010 au Togo, le FRAC (Front Républicain pour l’Alternance et le Changement) a résolument radicalisé la lutte du Peuple togolais pour se libérer de la férule de l’oligarchie gnassingbéenne. C’est ainsi que ce Front a décidé d’organiser et de réaliser, chaque samedi que Dieu fait, dans des rues de notre capitale Lomé, une marche populaire pacifique, mammouth, culminant à un meeting non moins immense. Du reste, ces marches et meetings se devaient de gagner l’intérieur de notre pays, d’une part, de se compléter par de multiples diverses formes d’action, d’autre part.

Alors donc, dans un premier temps, l’oligarchie gnassingbéenne tenta d’étouffer ce mouvement insurrectionnel. Par une répression sauvage, multiforme elle aussi. Cette clique oligarchique crut calmer ainsi la vague déferlante de colère de notre Peuple en décapitant l’UFC (Union des Forces de Changement) qui en était, jusque-là, l’épine dorsale… Elle réussit à conclure, avec Gilchrist Olympio, le 26 mai 2010, un « accord » contre-nature.

Un tel « accord » d’un soi-disant partage de pouvoir n’a contribué qu’à tonifier la contestation populaire, et à donner naissance à l’ANC (Alliance Nationale pour le Changement)…

Alors, par l’adoption, en date du 16 mai 2011, de la loi scélérate n° 2011-010, le gouvernement en place chez nous substitue, en flagrante violation de notre Constitution, le régime de l’ « autorisation » à celui de la simple « information » qui jusque-là prévalait en matière de manifestation sur la voie publique… Peine perdue ! L’instauration de l’ « autorisation » ne fit que galvaniser davantage les marches et autres formes de protestation populaire dans le pays.

Face à une telle situation, l’on est autorisé à conjecturer que le RPT/UNIR crut judicieux de ne plus s’occuper de menus détails, de temporiser quelque peu, de « laisser le temps au temps », afin de pouvoir cerner, au maximum possible, les tenants et aboutissants du mouvement en cours, en vue de mieux le détruire en frappant, le moment venu, un grand coup : le coup fatal…

Alors, sans doute, avec l’avènement du CST (Collectif « SAUVONS LE TOGO ! »), les protagonistes de l’oligarchie gnassingbéenne semblent estimer que le moment du coup létal est enfin arrivé. Voilà pourquoi nous assistons, depuis quelques semaines, à un nouveau tournant pointé du doigt dans le titre du présent article : une répression véritablement systématique, qui pue un régime politique aux abois, un régime qui sent la terre trembler sous ses pieds. Une répression qui inclut l’ « interdiction de toute manifestation sur toute l’étendue du territoire national jusqu’à nouvel ordre ».

Mais notre Loi Fondamentale – plébiscitée par le Peuple togolais le 27 septembre 1992 – nous donne le droit de manifester chaque fois que nous le jugerons nécessaire ! Et nous manifesterons chaque fois que nous l’estimerons nécessaire !…

Et, en la matière, le grand coup s’avère un boomerang qui revient frapper beaucoup plus violemment celui qui le lance que celui qui est visé… Oui ! L’Empire romain persécuta, traqua radicalement les premiers Chrétiens. Ce faisant, il a substantiellement contribué à enraciner la foi chrétienne pour longtemps. Le Catholicisme joncha l’Europe de terrifiants bûchers de dissuasion ; mais ces bûchers eurent pour seul résultat la floraison de l’Hérésie et de la Réforme. Toutes les têtes couronnées de l’Europe se coalisèrent contre la Grande Révolution française de 1789 ; mais, ce faisant, elles auront permis la naissance de la République française aujourd’hui un phare qui inspire encore l’Humanité tout entière. Et ce, en dépit des imperfections de cette République. L’Okhrana russe, l’équivalent de l’ANR (Agence Nationale de Renseignement) « togolaise » de nos jours, mit sur pied un mécanisme de répression méticuleux, mirifique, redoutable, à l’encontre du mouvement révolutionnaire anti-tsariste des années 1900-1917 ; mais l’Okhrana aura contribué à assurer la victoire de la Révolution bolchévique d’Octobre 1917… Le colonialisme à l’état pur déclara une guerre implacable aux peuples colonisés qui revendiquaient leur liberté ; mais le colonialisme, par-là même, garantit l’écroulement criard de ce système d’asservissement de peuples pacifiques. Sous nos yeux, certains régimes dictatoriaux d’un âge depuis belle lurette révolu, qui cependant se croyaient éternels, ne sont-ils pas en train de s’éclater comme une bulle de savon ?! Oui ! Ces régimes, sous nos yeux, sont en voie de s’écrouler comme un château de carton !!!

À la vérité, ainsi que le veut la Dialectique de la Nature, le fleuve ne remonte pas son cours de son embouchure vers sa source… Ainsi donc, révolutionnaires togolais, au nouveau tournant de la stratégie répressive de l’oligarchie gnassingbéenne, nous nous devons, en maintenant vivaces notre Foi, notre Courage et nos Sacrifices, d’opposer une stratégie idoine de résistance qu’il appelle lui-même, et qui lui sied…, afin que puisse Renaître la Nation togolaise. Tel un noyé qui essaie de s’accrocher à un brin de paille…, le régime RPT/UNIR contribuera lui-même à renforcer, à tonifier notre lutte ! Que dis-je ? Ce régime est déjà en train de contribuer lui-même à renforcer, à tonifier notre lutte !

Alors donc :
« Ni la lassitude, ni l’abandon, ni la trahison, ni la défection, ni la répression aveugle, ni les tentatives de déstabilisation, d’où qu’elles viennent, ne sauraient avoir raison de notre détermination à poursuivre le combat pour libérer le peuple togolais de l’imposture et de la dictature. »
Jean-Pierre Fabre Président National de l’ANC (In discours d’investiture du Bureau de la Fédération Internationale de l’ANC, Paris, 31 janvier 2011)

Paris, le 07 juillet 2012
Godwin Tété