26/06/2022

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Léopold GNININVI (CDPA): Voeux 2004

Chers militants et sympathisants, Chers compatriotes,

En ce début de la nouvelle année, je me fais le plaisir, au nom du Comité directeur de la CDPA et en mon nom personnel de vous présenter mes vœux les meilleurs pour 2004.

Vous et moi, nous savons ce dont nous avons besoin pour notre bien être commun et individuel. Peut-on être heureux sans la paix, la liberté et un minimum vital ?Quelle Togolaise, quel Togolais de bonne foi peut-il prétendre ignorer que notre pays est aujourd’hui un vaste chantier de misère ? Les causes ? Nous tous nous les connaissons. Aucun peuple ne peut s’épanouir dans la servitude.
Je sais que vous avez voulu, nous avons voulu prendre notre destin en main. Nous avons profondément souhaité que 2003 marque un tournant. Hélas ! 2003 a été un rendez-vous manqué. Un gâchis considérable. L’espoir de tout un peuple déçu. Une fois encore, notre pays s’est singularisé par un extraordinaire paradoxe : les rênes du pouvoir sont détenus par ceux qui ont perdu l’élection. Une minorité impose sa loi à la majorité.

C’est donc avec une profonde tristesse dans l’âme que nous entrons dans la nouvelle année. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les autorités autoproclamées seront incapables de trouver les solutions appropriées aux problèmes des travailleurs, des retraités, de la jeunesse, des étudiants, etc.…
Alors que le peuple croupit dans la misère, le roi et sa cour continuent à danser. Mais nul n’est dupe. C’est une danse en rond. Elle ne peut plus durer. Ni ruse, ni artifices, ni gros bâtons ne suffisent plus à sauver l’apparence. L’impasse est évidente.

Chers militants et sympathisants, Chers compatriotes,
Le navire est en perdition. Nous ne devons pas le regarder en spectateurs, au risque de nous retrouver tous des naufragés. L’opposition s’est laissée priver pour une énième fois de sa victoire, de la victoire de notre peuple. Nous devons en tirer toutes les conséquences. Nous devons avoir le courage d’évaluer nos actions passées. Nous devons avoir le courage de reconnaître et d’assumer notre part de responsabilité. Nous n’avons pas su écouter les appels déchirants de notre peuple. Nous devons avoir le courage de battre notre coulpe. Mais battre sa coulpe doit être un acte fort de contrition sonnant comme un engament solennel à envisager l’avenir autrement.

La situation désastreuse de notre pays nous interpelle. Les fins de mois sans salaires, sans pension, sans bourses, les souffrances dans les foyers, dans nos villes comme dans nos préfectures ne peuvent nous laisser indifférents. Ensemble, nous devons enfin créer les conditions pour mettre fin à cette longue crise imposée à notre pays. Il est désormais évident que nous ne pouvons pas faire l’économie d’une vraie transition. Si l’on reconnaît la nécessité d’une vraie transition, l’on doit avoir le courage de reconnaître que les démocrates togolais sont entrés trop prématurément en compétition entre eux en tant que concurrents pour la conquête et l’exercice du pouvoir. Il me semble que de notre capacité à revoir nos ambitions à la baisse à partir de ce constat, dépend une issue heureuse de notre combat pour la démocratie.
Je nourris donc l’espoir que des démocrates pour qui l’amour de la patrie n’est pas un simple mot mais d’abord un comportement sauront se retrouver pour œuvrer la main dans la main dans l’intérêt supérieur du pays et sur la base des valeurs cardinales tels l’esprit de sacrifice, l’abnégation, l’humilité et surtout la sincérité et l’honnêteté.

Je saisis cette occasion pour jeter un clin d’œil appuyé aux Evêques de l’église catholiques et aux Pasteurs des églises méthodistes et presbytériennes pour leurs prises de positions courageuses. Je salue les différentes actions de la société civile, plus particulièrement celles de la diaspora togolaise. Je rends un hommage solennel à ceux des journalistes qui exercent honnêtement leur fonction et résistent aux multiples pressions dont ils sont l’objet.

Je dis un grand merci au peuple togolais, lui qui a su faire preuve de ténacité et de lucidité en accordant largement son suffrage à l’opposition.

A vous tous, travailleurs des villes et des campagnes, retraités, jeunes, femmes, étudiants, je voudrais dire qu’il y a lieu d’espérer car le peuple finit toujours par avoir le dernier mot.
Une fois encore, bonne et heureuse année.

Le Secrétaire Général
Léopold Messan GNININVI

Convention Démocratique des Peuples Africains (C D P A)
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