26/09/2022

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Les mendiants se plaignent aussi des délestages électriques au Togo

APA-2/07/2007 – Différents secteurs d’activités ploient sous l’effet des délestages électrique que connaît le Togo depuis plusieurs mois, a constaté APA sur place. Assis sous les feux tricolores dans un quartier populaire de Lomé, Ousmane Abdou, jeune handicapé de 26 ans, mendiant à ses moments d’occupation ne décolère pas. & Avec les coupures de courant, les automobilistes ne sont plus obligés de s’arrêter aux carrefours, car il n’ y a plus de feux, donc il ne nous regardent plus » se plaint-t-il, regrettant surtout la période où le fonctionnement normal des feux tricolores donnaient l’occasion de s’approcher des conducteurs et passagers pour tendre la main. Ses revenus quotidiens qui pouvaient varier entre 2000 et 3500 francs CFA par jour, comment à devenir inaccessibles, avec les coupures d’électricité.

« Hier je n’ai rien perçu parce qu’il n’y a pas eu le courant dans la zone durant toute la journée » confie Abdou..

« Je n’ai rien fabriqué durant toute cette semaine », se plaint pour sa part, Léon Dos-Reis, soudeur, qui ajoute : « mon activité repose sur l’énergie électrique mais depuis un moment, on ne nous donne le courant que de 23 heures à 7 heures du matin et voyez-vous je ne peux pas souder pendant que les voisins dorment »..

Le groupe électrogène est entré dans les moyens de production et certains opérateurs économiques et artisans ne s’en sortent qu’en s’équipant de ces générateurs.

Adjé Téko, coiffeur dans un quartier de la périphérie de Lomé s’est doté d’un petit groupe électrogène. « Quand j’utilise le groupe, j’augmente de 50 francs le prix de la coupe pour payer le carburant », explique-t-il. Habituellement, le prix varie entre 200 et 400 francs CFA.

Dans les secteurs comme les médias c’est la désolation. Le silence radio se constate régulièrement sur certaines fréquences de la bande FM à Lomé aux heures de coupures du courant. Même les organes, qui se sont dotés de groupes électrogènes sont à bout de souffle.

« Je dépense 80 000 francs CFA par semaine pour le carburant », se plaint un directeur de radio qui ajoute: « à cette allure, je vais assurer le service minimum et réduire le personnel ».

Dans le secteur industriel, des sociétés installées en zone franche projettent des licenciements.

« L’entreprise ne tourne plus à plein temps et donc, il nous faut trouver rapidement une solution avant qu’il ne soit tard », a confié à APA le responsable d’une société, qui a requis l’anonymat.

Selon Nakou Koffi, président du conseil national du patronat togolais (CNPT), les délestages ont fait perdre plus de 80 milliards de Fcfa à l’économie du Togo.

Il a déploré la perspective de fermetures d’entreprises qu’une telle situation pourrait engendrer, si la situation perdurait.

Pour les responsables du syndicat de l’Encadrement du Secteur de l’Electricité (SYNESE), la crise de l’énergie est un problème de marché. Ils ont révélé au cours d’une journée de réflexion à Lomé, que la demande était plus importante que l’offre et le délestage attribuable à un manque de vision prospective.

Le Togo traverse depuis quelques mois, une grave crise énergétique marquée par de fréquents délestages

La communauté électrique du Bénin (CEB, qui a son siège à Lomé), fournisseur du Togo et du Bénin rencontre des difficultés financières.

Cette une structure commune aux deux pays, chargée de l’importation de l’électricité à des quantités représentant 70 à 75 pour cent des besoins des deux pays contre 30 à 25 pour cent de production interne.

Le Ghana, qui fournissait 140 Mégawatts d’énergie électrique à la CEB, a réduit cette fourniture à 25 Mégawatts, à cause du tarissement du barrage d’Akossombo (sur son territoire).

On signale aussi des difficultés sur les réseaux de la compagnie ivoirienne d’électricité (CIE).

Outre ces difficultés au plan sous régional, la CEB est actuellement incapable de produire de l’énergie électrique à cause de la hausse du prix du combustible qui alimente les turbines à gaz. Ce combustible coûtait 87 francs le litre en 1998 contre 354 francs CFA en 2007. Or les turbines consomment 6 000 litres de carburant par heure.

Pour faire face à la crise, le gouvernement togolais a autorisé récemment la compagnie énergie électrique du Togo (CEET) à signer un contrat d’installation d’une centrale électrique, avec la société Contour Global, qui s’engage à assurer, à Lomé, 100 mégawatts de puissance. Cette centrale sera opérationnelle dans les treize mois à venir et le contrat devra être signé dans les prochains jours, assure-t-on de source officielle.

La société américaine Contour Global se propose de débloquer une enveloppe de près de 20 milliards de F.CFA dans la réalisation du projet.

Agence de Presse Africaine (APA)