26/09/2022

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Me AGBOYIBO à propos du pilotage du dialogue par un facilitateur extérieur

Position du Président National du CAR

La position du CAR sur la question est liée à notre expérience des différentes facilitations accueillies par le Togo dans le passé. Les dialogues qui ont fait avancer notre processus démocratique se sont déroulés sans facilitateurs. Les partenaires togolais à ces dialogues, eurent à mettre en place des mécanismes internes de déblocage de leurs divergences. C’est ainsi que nous avons procédé lors des discussions de mars – avril 1991 entre le régime et le FAR (Front des Associations pour le Renouveau). Il convient de rappeler par ailleurs que les négociations inter-togolaises de juillet 1999 avaient quasiment échoué malgré la présence des facilitateurs de l’Union Européenne, de la France, de l’Allemagne et de la Francophonie, et n’ont débouché de justesse sur l’Accord cadre du 29 juillet 1999, que grâce à un entretien que j’ai eu une heure auparavant avec le feu Président Eyadema après en avoir avisé certains collègues de l’opposition. En réalité, il est moins gênant entre togolais, de se confier les inquiétudes, les peurs et les préoccupations qui constituent les causes profondes de la crise. C’est pour ces raisons que notre parti considère que la recherche d’un facilitateur ne devrait pas continuer à bloquer le démarrage du dialogue.

Encore faut-il que le Gouvernement rassure de sa disponibilité à consentir les concessions susceptibles de sortir le pays de la crise. Mais qu’est-ce qui pourrait l’inciter à une telle disponibilité ? Avec ou sans facilitateur, le problème se pose dans les mêmes termes. Eu égard au contexte politique actuel, l’aboutissement heureux du dialogue implique que le RPT se décide à desserrer la confiscation de l’Etat pour permettre au pays de s’ouvrir aux valeurs républicaines et démocratiques. J’éprouve à cet égard des doutes sur sa bonne foi. C’est pourquoi je demeure prudent sur la réponse à donner à la question de savoir si notre parti pourrait accepter de prendre part ou non à un dialogue sans facilitateur.

Fait le 1er février 2006

Me Yawovi AGBOYIBO