08/12/2022

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Message de Me Yawovi AGBOYIBO candidat du CAR

LE SENS DE NOTRE ESPERANCE

Chers compatriotes,

Je voudrais, au nom des militants du CAR et en mon nom propre, vous dire à quel point je suis heureux de pouvoir m’adresser à vous, en ce jour. Je vous salue tous, populations togolaises de toutes les régions ; de toutes les ethnies, de tous les courants politiques et de toutes les confessions religieuses, et tout particulièrement, la jeunesse qui, en dépit des épreuves, est demeurée debout.

Ces salutations, je les adresse tout autant à nos frères et sœurs policiers, gendarmes, marins, aviateurs et militaires. Je les convie à se sentir rassurés. J’aimerais mettre à profit l’opportunité exceptionnelle que m’offre cet accès aux médias de la République pour exprimer mes sentiments de reconnaissance à tous mes collègues, amis et autres compatriotes qui m’ont apporté leur soutien professionnel, moral et matériel au cours de l’épreuve d’incarcération que j’ai endurée innocemment à la prison civile de Lomé. Je voudrais enfin et surtout rendre gloire au Seigneur d’avoir fait en sorte que je puisse participer à ce scrutin présidentiel en déjouant les manœuvres ourdies contre moi dans l’ombre.

Eternel, j’ai besoin de Ta protection le long de cette campagne. J’en ai intensément besoin.
Car, tout comme à l’occasion des élections de 1993, 1994 et 1998, les méchantes langues se sont déjà remises en besogne. Elles recommencent à répandre à mon endroit des propos mensongers et calomnieux. Un leader politique est même allé très loin. Il a déployé dans l’ensemble du pays des jeunes, avec pour mission de raconter aux populations que moi, Yawovi AGBOYIBO, je me serais rendu à Lomé II pour prendre de l’argent d’Eyadema.

Oh, Grand Dieu ! Je ne voudrais pas me faire justice. Je Te fais confiance, Seigneur. Toi qui connais nos cœurs et nos esprits. Je Te laisse seul Juge de la vérité des propos de mes adversaires. J’oserai simplement te prendre à témoin pour proclamer solennellement, la main sur la Bible, que depuis ma sortie de prison, je n’ai pas mis pied à Lomé II. Je répète : depuis ma sortie de prison, je n’ai pas mis pied à Lomé II. Je défie le général Eyadéma, tout leader politique et toute autre personne qui aurait la moindre preuve du contraire à avoir le courage de se manifester pour une confrontation sur ce plateau. Je défie la personne de me faire comparaître pour PARJURE devant l’Evêque de mon Diocèse ; le PARJURE étant la sanction qu’encourt une personne qui prend faussement le Seigneur à témoin. Eternel, je sais que tu es infiniment miséricordieux. Mais c’est vrai aussi que tu es sans pitié pour les menteurs. C’est pourquoi j’en appelle humblement à Ta Foudre contre tous ceux qui, chercheront à mentir sur mon compte. Seigneur, je voudrais ensuite implorer ta grâce pour mon peuple.
Nous T’avons offensé. Mais quelle que soit la gravité des offenses, accepte notre repentance pour que mon peuple soit délivré à l’issue de ce scrutin. O Seigneur, ce peuple a trop souffert.
Regardes l’état de délabrement de nos établissements scolaires, sanitaires et culturels. Vois à quel point notre économie est complètement par terre.

Les grands magasins qui autrefois faisaient la fierté de notre capitale ont peu à peu cédé la place à des boutiques obscures servant d’abri à la contrebande, à la dérobade fiscale et au trafic de la drogue.

O Seigneur, naguère, les jeunes, à 25 ans commençaient à subvenir aux besoins de leurs parents. Aujourd’hui, à trente ans parfois à quarante, ils continuent à être des fardeaux pour leurs pères et mères, eux-mêmes souvent mis précocement à la retraite.
Cela est-il normal Seigneur ! Aies pitié de ces jeunes contraints chaque jour de quitter par centaines leur terre natale pour d’autre pays, à la recherche d’un bonheur illusoire.
Eternel, malgré ces épreuves, notre peuple continue à Te faire confiance. Parce qu’il sait que, toi seul peut le sauver. Il avait placé un grand espoir dans l’élection présidentielle de cette année.

Or, voilà que par des violations répétées de la parole donnée, le régime a fini par remettre à plat les dispositions légales qui devraient garantir la transparence et l’équité des élections.
La tentation de la résignation a du coup refait surface dans nos rangs. Mais le peuple s’est décidé à aller de l’avant en acceptant de participer à l’élection avec la conviction que nous les leaders de l’opposition nous pouvions nous entendre sur un candidat unique. Nous avions passé des mois pour rechercher le candidat idéal. Mais nous n’y sommes pas parvenus.
Seigneur, on le sait, l’opposition aurait pu éviter l’impasse si elle avait appliqué jusqu’au bout le critère qui lui a permis de se donner un Président, lequel critère était tiré des résultats comparés des élections de 1994 et de 1998. Mais que pouvons-nous contre l’injustice des humains. Heureusement que nos voies ne sont pas tes voies. Et après tout, qui est mieux placé que toi pour identifier le candidat le plus apte à sauver notre peuple!

Avant même que nous ne commencions à débattre de la candidature unique de l’opposition, tu avais déjà fait ton choix. Dans le sommeil de nos nuits, Seigneur, veilles à ce que ce choix pénètre les esprits. Eternel, uses sur ta puissance pour épargner aux Togolais la dispersion des votes, le 1er juin. Grâce à ta puissance, le peuple ne votera pas en ordre dispersé. Il votera pour un candidat unique : celui que tu auras choisi. Nous te faisons confiance.

Seigneur, pour que nos vœux soient pleinement comblés, nous te demandons de libérer du doute, les compatriotes qui continuent à s’interroger sur l’intérêt à prendre part à une élection considérée comme perdue à l’avance à cause de la présence du Général Eyadéma parmi les candidats. Je comprends leurs inquiétudes. Mais comment pourrait-on là aussi ne pas faire confiance à ta puissance, O Eternel ? N’est-ce pas Toi qui fais et défais les rois ? Si ta volonté est que le Togo soit délivré à l’issue du scrutin de juin prochain, qui pourrait entraver son accomplissement !

Mais pour qu’il en soit ainsi, encore faut-il que le peuple assume sa responsabilité.
Et nous savons que tu n’accompagnes pas ceux qui optent pour le découragement, la résignation et la capitulation. Tu as été toujours aux côtés de ceux qui font preuve de patience, de persévérance et de résistance. Nous sommes à ton écoute, sachant que tu ne déçois jamais ceux qui te font confiance. C’est là le sens de notre espérance. Nous sommes convaincus que cette année est l’année de la victoire. Quelles que soient les manœuvres que les forces d’oppression du mal trament dans l’ombre, le peuple gagnera.

Ces forces de l’ombre, nous le savons, tenteront à nouveau de résister à la victoire au peuple.
Mais tu sauras Seigneur, nous indiquer la conduite à tenir pour que cette victoire s’impose et débouche sur la délivrance du pays.

Eternel Bénissez le Togo.

AMEN