27/06/2022

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Togo: Appel du parti des travailleurs pour la démission de Faure Gnassingbé

PARTI DES TRAVAILLEURS
Membre de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples (EIT)

APPEL

5 octobre 1990 – 5 octobre 2005

• Il y a 15 ans, le peuple togolais se soulevait pour exiger
la démission du dictateur Etienne GNASSINGBE Eyadéma

• 15 ans après, le peuple togolais doit exiger la démission de son fils, le génocidaire Faure Essozimna GNASSINGBE

Il y a 15 ans, le 5 octobre 1990, le peuple togolais se soulevait spontanément, à partir de sa jeunesse, pour exiger le départ du tyran Etienne GNASSINGBE Eyadéma, à l’occasion de la parodie de procès de deux jeunes gens : LOGO Dossouvi et DOGLO Agbélenko qui avaient été sauvagement torturés sur les ordres du Directeur général de la Police nationale d’alors, Pitalouna LAOKPESSI, actuel ministre dans le gouvernement dirigé par Faure Essozimna GNASSINGBE.

Par son soulèvement, le peuple togolais voulait que soit mis fin à 23 années d’assassinats, d’oppression, de corruption, de gabegie, de vol, de misère, de famine, de pillage et de ruine sous la dictature sanglante du régime RPT afin que s’ouvre une nouvelle ère de liberté et de démocratie, seule à même d’ouvrir la voie à une solution positive des insurmontables difficultés dans lesquelles ce peuple se débattait.

Malgré la terrible répression qui a été déchaînée par le régime RPT, cette profonde aspiration à la liberté n’a jamais pu être étouffée.

RAPPELONS-NOUS :

— de la terrible répression du soulèvement populaire du 5 octobre 1990 lors de laquelle de nombreux jeunes ont été lâchement assassinés par l’armée, la Gendarmerie et la Police togolaises, de la répression de la grève des conducteurs de véhicules de transport en commun qui s’est étendue sur toute l’étendue du territoire national de novembre à décembre 1990 ;

— de la répression de la grève des étudiants de l’Université du Bénin qui se sont mis en grève le 12 mars 1991 pour dénoncer la politique liquidatrice et régressive du régime RPT ; de la terrible répression de la marche des femmes, les 15 et 16 mars 1991, par laquelle celles-ci protestaient contre la répression des marches pacifiques des étudiants, leurs enfants ; des massacres de la Lagune de Bè, le 10 avril 1991, où l’armée togolaise a tué 28 citoyens innocents parmi lesquels une femme enceinte et une autre portant un bébé au dos puis jeté leurs corps dans cette lagune ; des tueries perpétrées dans tout le Togo lors de la grève générale illimitée de juin 1991 exigeant la démission d’Etienne GNASSINGBE Eyadéma ; des tueries lors des multiples coups de force des Forces armées togolaises, sur ordre d’Eyadéma, contre les institutions de la transition mises en place au lendemain de la Conférence nationale de juillet-août 1991 ;

— de l’assassinat de valeureux démocrates comme Marc ATIDEPE, OURO Atchankpa Zakari, MOUSSA Mama Touré, Sama TCHADJOBO Alasa, tués le 5 mai 1992, lors de l’attentat de Soudou ; Tavio Ayawo AMORIN qui, mortellement blessé, à Lomé, le 23 juillet 1992, lors de l’attentat perpétré par un commando de policiers et de militaires commandités par Eyadéma, mourra le 29 juillet des suites de ses graves blessures à l’Hôpital St Antoine à Paris où il a été évacué ;

— des massacres de Fréau Jardin et de Bè, les 25 et 30/31 janvier 1993, lors de la deuxième grève générale illimitée lancée en novembre 1991 par le Collectif des syndicats indépendants (CSI) pour protester contre la prise en otage des membres du HCR, répression d’une rare barbarie qui a poussé à l’exode, dans les pays voisins, plusieurs centaines de milliers de Togolais ;

— des milliers de citoyens assassinés par les forces armées aux ordres d’Eyadéma lors des mascarades électorales qui n’ont cessé de se succéder depuis au Togo : élection présidentielle de 1993, élections législatives de 1994, élection présidentielle de juin 1998, élection présidentielle de juin 2003.

DEPUIS LA MORT D’EYADEMA : DEBUT D’UN GENOCIDE AU TOGO

C’est dans cette situation que l’annonce de la disparition du dictateur Etienne GNASSINGBE Eyadéma, le 5 juillet 2005, a vu les tueries qui n’ont cessé d’ensanglanter notre pays, le Togo, sous son régime connaître une brutale et préoccupante accélération :

— répression sanglante de la mutinerie à la Prison civile de Lomé dès le 7 février 2005 qui a fait 3 morts ;

— répression sanglante de la marche pacifique de protestation appelée par l’opposition démocratique le 12 février 2005 pour dénoncer le coup d’Etat monarchique qui a installé au pouvoir, en toute illégalité, Faure Essozimna GNASSINGBE à la place de son père, et répression sanglante de toutes les marches pacifiques de protestation qui ont été organisées par la suite ;

— généralisation des massacres, viols, vols, exactions de toutes sortes et destructions avant, pendant et après l’élection présidentielle du 24 avril 2005 avec l’apparition de milices organisées, armées et financées par le régime RPT, tendant vers un génocide à caractère tribaliste, minutieusement planifié et exécuté avec l’aide de puissances étrangères principalement l’impérialisme français, comme nous l’avons vu dans bien d’autres pays d’Afrique et du monde. Il est aujourd’hui confirmé par le Rapport récemment publié par la Mission de vérification des faits mandaté au mois de juin 2005 au Togo par le Haut Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU que le bilan de cette répression est accablant : de 400 à 500 morts ce qui tend à confirmer le chiffre de plus de 811 morts indiqué par le Rapport préliminaire publié en mai 2005 par la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH).

A l’occasion de la commémoration du 15ème anniversaire du Soulèvement populaire du 5 octobre 1990, le Parti des travailleurs rend hommage à la mémoire de ces milliers de martyrs qui ont versé leur sang sur la terre de nos aïeux et exige que justice leur soit rendue afin que les auteurs, responsables et commanditaires de tous ces crimes soient recherchés, jugés et châtiés afin de mettre fin au règne de l’impunité au Togo pour qu’il n’y ait « PLUS JAMAIS ÇA ! », sur la terre de nos aïeux.

Comment en est-on arrivé là ?

Depuis que l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO, seul Président démocratiquement élu du Togo, a été fomenté le 13 janvier 1963 par les réseaux de l’impérialisme français qui ont installé Etienne GNASSINGBE au pouvoir, la fondation du RPT comme parti unique – parti Etat, en 1969, a complété le dispositif mis en place pour faire main basse sur les richesses produites par le peuple togolais ou lui appartenant aux fins de leur pillage au profit des grandes puissances, de leurs institutions et de la camarilla des « barons » et séides du régime RPT.

Cette politique de détournement des richesses devant servir à promouvoir le bien-être et l’épanouissement du peuple togolais n’a pu être mise en œuvre que sous un régime de terreur se singularisant par la répression, l’arbitraire, la violation des droits de l’Homme, l’enfonçant continuellement dans une situation des plus catastrophiques se caractérisant notamment par :

— une misère, un chômage, une famine, une ruine des plus révoltantes avec le non paiement des salaires aux travailleurs, des pensions aux retraités, des bourses aux étudiants, lesquels sont détournés sur les diktats du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que les richesses produites par les travailleurs des villes et des campagnes du Togo, pour le paiement d’une dette extérieure qui, estimée aujourd’hui à plus de 1 000 milliards de dollars, n’est pas celle du peuple togolais qui n’a jamais vu la couleur de cet argent ;

— la destruction de la Santé qui continue de s’aggraver occasionnant la généralisation de maladies et de pandémies comme celle du sida et du paludisme qui déciment la population par milliers au moment même où l’Ecole subit un processus de destruction qui ruine, non seulement l’avenir de toute la jeunesse, mais du pays tout entier ;

— les privatisations tout azimut accélèrent le transfert de tous les secteurs clés de la production et du commerce aux mains des grandes puissances et de leurs institutions mais surtout d’une maffia nationale et internationale qui pille sans vergogne le Togo dont il a fait la plaque tournante de trafics en tous genres et dont les plus hautes autorités de l’Etat font l’aveu même dans leurs discours officiels.

Mais pourquoi sommes-nous depuis dans l’impasse ?

Si l’héroïque combat depuis le soulèvement populaire du 5 octobre 1990 montre bien que le peuple togolais n’a pas manqué de lutter et n’a jamais baissé les bras, la responsabilité des partis institutionnels de l’opposition démocratique dans l’impasse dans laquelle nous sommes depuis 15 ans n’est-elle pas engagée ?

En cédant sans cesse aux diktats des grandes puissances qui les fourvoient dans des « négociations », « accords », « dialogues » sans issue et dans des processus électoraux notoirement piégés d’avance comme celui du 24 avril dernier, les principaux responsables de ces partis qui se sont propulsés aux devants de la lutte du peuple togolais, n’ont-ils pas contribué à désorganiser sa lutte ?

N’est-ce pas pour perpétuer cette politique d’impasse que, sous l’égide des grandes puissances impérialistes, les responsables de l’opposition institutionnelle sont poussés à se déclarer aujourd’hui prêts à la « cogestion » d’un gouvernement « à base élargie » avec le RPT et se font les victimes faciles de grossières manipulations les poussant à se déchirer pour une hypothétique nomination au poste de premier ministre ou un hypothétique partage de postes ministériels d’un gouvernement d’« union nationale » avec le RPT ?

Avec surprise et indignation, le peuple togolais voit s’approfondir rivalités et divisions entre ces partis auxquels les manipulations des grandes puissances font actuellement jouer le rôle de sauveteurs du régime RPT du génocidaire Faure Essozimna GNASSINGBE. Pourtant coupable d’avoir perpétré un double coup d’Etat, militaire le 5 février, électoral les 24 et 26 avril 2005, ce dernier tombe sous le coup de l’article 150 de la Constitution adoptée par référendum le 27 septembre 1992 qui dispose que : « Tout renversement du régime constitutionnel est considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné conformément aux lois de la République ».

Ne doit-on alors pas s’interroger :

• Est-il admissible q’une telle garantie soit apportée au règne de l’impunité au Togo alors qu’il y a eu autant de sang versé, autant de morts, autant de blessés, autant de disparus, autant de sacrifices, autant de souffrances pour le peuple ?

• Doit-on continuer à aller chercher les solutions aux problèmes du Togo à l’étranger auprès de grandes puissances et institutions qui, tels la France, les Etats Unis d’Amérique, l’Union européenne, l’ONU, la CEDEAO, l’Union africaine sont impliqués, au nom de la défense de leurs intérêts, dans le complot international contre le peuple togolais ?

• N’est-il pas temps que le peuple togolais lui-même reprenne ses droits ?

Quelle solution pour les problèmes du Togo ?

Face à la situation tragique dans laquelle se trouve aujourd’hui le Togo, il est clair pour le Parti des travailleurs qu’il ne peut y avoir d’autre solution que la démission de Faure Essozimna GNASSINGBE, responsable du massacre de centaines voire de milliers de Togolais.
C’est pourquoi, pour le Parti des travailleurs qui a pris l’initiative d’une « Pétition nationale et internationale pour la démission de Faure Essozimna GNASSINGBE, actuel président du Togo, principal responsable et commanditaire génocide de 400 à 500 citoyens au Togo, dans la période du 5 février au 5 mai 2005 », il n’y a pas de combat plus immédiat à mener que de poursuivre celui engagé depuis le 5 octobre 1990 par le peuple togolais.

A l’occasion de la commémoration du 15e anniversaire du soulèvement populaire du 5 octobre 1990, le Parti des travailleurs :

• appelle les jeunes, travailleurs et paysans, tout le peuple togolais à signer massivement cette pétition qui sera portée à Faure Essozimna GNASSINGBE exiger sa démission.

• prendra prochainement l’initiative d’une « JOURNEE DE REFLEXION » sur le thème : « 15 ans après le soulèvement du peuple togolais : Quel bilan et comment sortir de l’impasse ? ». Il informera ultérieurement sur ses conclusions.

Lomé, le 04 octobre 2005
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination

Claude AMEGANVI