30/06/2022

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Togo-Arrestations des opposants: Manœuvres d’intimidations du système Gnassingbé

Par Vénavino DALVES

En procédant manu militari, aux arrestations de cadres des partis en pointe à la contestation du régime en place au Togo depuis 1967, le pouvoir veut intimider, réduire au silence toutes voix dissidentes, et mettre au pas ceux qui osent porter le flambeau de la contestation, c’est-à-dire ceux qui résistent encore.

Car, c’est de cela qu’il s’agit dans le contexte politique et social actuel : l’opposition ferme et décidée à un régime, qui dure depuis 1967, au Togo, et dont les stratégies de conservation du pouvoir ne changent pas. Elles consistent entre autres en l’utilisation abusive et en toute impunité du monopole de la force armée dont il dispose.

Il faut le dire et le répéter toujours et toujours jusqu’à l’alternance : ce qui se passe au Togo, n’est que la répétition du même; assurer l’ancrage au pouvoir d’un homme, Faure Gnassingbé, fils de l’ancien dictateur, en utilisant toutes les pratiques et les ficelles qui ont permis à son père, Gnassingbé Eyadema de se maintenir au pouvoir pendant presque 40 ans au Togo.

Stratégie de tension

Ainsi, face à l’opposition, les manœuvres consistent à créer toujours et encore des tensions politiques, à fausser les règles du jeu, à pratiquer le contrepied, en accusant les adversaires politiques de refuser le dialogue, et, enfin à user de la matraque et des gaz lacrymogènes pour ramener à « sa raison » ceux qui osent contester.

Il faut poser désormais cette question fondamentale : comment être une opposition politique dans un système qui oscille constamment entre la légalité et l’illégalité, qui réécrit à chaque fois comme bon lui semble les règles du jeu politique, un régime qui est foncièrement amoral. Il ne s’agit pas de porter un jugement de valeur, mais de poser avec froideur et distance les termes du problème auquel sont confrontés ceux qui ambitionnent de porter un projet politique alternatif.

La pratique de l’opposition politique au Togo est une gageure !

Pour exemple, et sans entrer dans les détails, le régime de Faure Gnassingbé annonce des élections législatives et locales dans quelques semaines à peine. Or, le cadre électoral est actuellement inexistant ( loi électorale encore en discussion, le modèle de communalisation, la loi sur la décentralisation et ses enjeux ne sont pas connus par les acteurs qui aspirent à concourir. Et cela vaut bien sûr pour les partenaires du régime qui, eux aussi, n’ont aucune visibilité du processus.

C’est la négation même de ce qui est au cœur de la démocratie, à savoir la transparence.
Les arrestations de Jean Eklou, Secrétaire national à la jeunesse de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) et membre de l’executif de ce parti, ainsi que celles de Alphonse Kpogo, secrétaire national de l’ADDi, et Agbéyomé Kodjo, président de l’OBUTS ont pour objectif de briser l’esprit de résistance qui anime encore les Togolais

Mais, c’est une impasse et une fuite en avant. Car la volonté de changement et le désir d’espérance du peuple togolais sont potentiellement intacts.

La rédaction letogolais.com

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