25/09/2022

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Togo-Assemblée nationale : Le RPT à la trousse des députés UFC

Par Marc D. kouakani-assi*

Ce que d’aucuns prédisaient au lendemain de la proclamation des résultats des élections législatives du 14 octobre 2007, risque d’arriver dans les prochains jours. Il s’agit de l’achat par la majorité de certains députés du camp adverse, notamment ceux de l’UFC.

Selon certaines informations, la majorité parlementaire surprise par les attaques et les tentatives de ‘‘déstabilisation’’ de l’Union des Forces de Changement (UFC), serait en train de lui préparer actuellement la réplique. Et ceci, à prix d’or. Elle aurait proposé à un groupe de députés de la « minorité non écrasée » des millions (environ 6 chacun), des villas et des moyens de déplacement (véhicules 4X4) contre leur ralliement à la « majorité écrasante ».

D’après les sources, après avoir été approché par un émissaire du camp adverse, un ancien ministre de la Communication, ce groupe de députés du « Détia », composé pour l’essentiel d’élus de l’intérieur du pays, est allé soumettre un lot de « doléances » aux responsables de leur parti. Ils auraient réclamé des villas et des voitures comme le camp d’en face le leur a promis en cas de ralliement. Pour l’heure, ils n’auraient pas obtenu satisfaction et le parti ne semble pas disposer à leur offrir ces « cadeaux en nature ».

Tout en confirmant l’existence de cette tentative de débauchage, un responsable de l’UFC a laissé entendre que le parti s’y attendait. En plus, devait-il ajouter, « c’est de bonne guerre. Quitte à nos élus de prouver qu’ils valent mieux que des millions et qu’ils ne sont pas en politique pour des intérêts personnels, mais pour la cause nationale».

Avec seulement 27 députés à l’Assemblée nationale, le parti de Gilchrist Olympio semble poser plus de problèmes à ceux qui lui ont attribué cette « note électorale ».

Des assises de la séance de droit à celles relatives à l’étude et à l’adoption du budget, cette formation politique aura démontré, à travers les interventions de ses juristes : Isabelle Améganvi, Adama Doe-Bruce et Georges Lawson, et ses politiques : Patrick Lawson et Jean-Pierre Fabre, qu’elle maîtrise bien les rouages du jeu parlementaire. Des démonstrations de forces qui ont conduit certains à opter pour la fragilisation de cette minorité, déjà ‘‘incapable’’ de bloquer le cours des évènements au parlement.

C’est en prévision de ce genre de situations que le leader de l’UFC, avait, lors de la cérémonie d’investiture des candidats de son parti aux législatives, demandé aux postulants de faire un serment de fidélité et de s’engager entre autres « à démissionner de leurs fonctions de député en cas de transhumance politique ».

En 1994, le RPT (Rassemblement du Peuple Togolais), légèrement dominé par l’opposition CAR (Comité d’Action pour le Renouveau)-UTD (Union Togolaise pour la Démocratie), a dû recourir à l’époque à cette pratique pour fragiliser davantage une coalition déjà minée par des querelles de chefs. Aujourd’***, loin de vouloir seulement s’adjuger quelques députés opportunistes de l’UFC, la manoeuvre serait destinée à déstabiliser psychologiquement l’adversaire.

Pour l’heure, les élus de la bannière jaune jouent aux apôtres de Jésus et nient avoir été approchés alors que dans le camp d’en face, on annonce pour la prochaine rentrée parlementaire des surprises.

Pays atypique, le Togo est une contrée où l’argent sert à beaucoup de choses, notamment à l’achat de personnalités politiques. Ainsi, de 1990, année du début du processus démocratique à 2008, nombreuses sont les personnalités politiques togolaises qui ont, chemin faisant, changé de camp. On citera le cas non moins important de l’ex-député CAR Allagbé Kokou, devenu préfet du Zio puis de Wawa depuis le dernier mouvement des représentants du pouvoir central, ou encore celui de l’ancienne ministre de la Protection de l’Enfance et des Personnes Agées, Christine Agnélé Abra Messan (ancienne militante du CAR et actuelle député RPT à l’Assemblée).

D’autres personnalités comme Amah Gnassingbé (ex-2e vice-président de l’UFC), ont eu aussi à faire fausse route à leurs camarades de parti pour se retrouver soit à la « mangeoire » au nom de la politique de la collaboration, soit membre du parti au pouvoir avec l’espoir de décrocher une petite place au soleil.

En attendant que l’on assiste au premier coup de théâtre de cette législature, le parti du ‘‘fils de l’indépendance’’ annonce pour ce mardi une conférence de presse de rentrée politique. A cette occasion, le parti entend porter certaines informations à la connaissance du public.

*Golfe Info N°350 du 28 janvier 2008