30/06/2022

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Togo: Branle-bas de combat dans les officines françafricaines à la veille du scrutin…

Les présidentielles togolaises intéressent au plus haut degré les francs tireurs de la France officielle. Pour cette « légion étrangère » suivant l’expression de Bob DENARD, tout doit être mis en œuvre pour empêcher le choix légitime des populations de s’imposer. Du côté de Paris, le discours de la neutralité et le soutien apporté au processus électoral sous l’égide de la CEDEAO ne sont conçus que pour camoufler les opérations sous-marines pour le maintien de l’ordre ancien. Pressions diverses sur l’opposition, réactivation des cellules dormantes et retour au, premier plan des circuits parallèles, le recours aux bonnes vieilles méthodes est dans l’air du temps….

Par Franck EKON.

Les diplomates Français à Lomé( capitale du Togo) ont clairement annoncé la couleur : « le bleu blanc rouge » aura son mot à dire dans le déroulement des élections présidentielles du 24 avril prochain. Mais cet interventionnisme n’aura finalement rien à voir avec celui de puissances occidentales apportant leur soutien au peuple ukrainien pour la reconnaissance de la victoire de Viktor Ioutchenko. L’ancienne métropole a manifestement choisi son camp ; elle sera aux côtés du fils de « l’ami personnel » et contre la victoire du changement. Des représentants de la coalition de l’opposition en ont eu la confirmation lors d’une rencontre vendredi dernier avec l’ambassadeur de France lui-même. Entre avertissement sur les risques d’une francophobie galopante lors des manifestations et « conseils avisés » sur la conduite à tenir au cours des élections, les membres de la coalition n’ont pas eu beaucoup de peine à saisir le message. C’est que ce scrutin préoccupe énormément Paris, où depuis toujours, une victoire de l’opposition est considérée comme un scénario catastrophe.

Pour les réseaux françafricains, il est question de reprendre rapidement la main à la veille d’une élection qui sera considérée comme un sérieux indicateur de leur influence dans la sous-région. L’implication des services de l’Ambassade de France au Togo est, par conséquent l’équivalent d’un coup de semonce annonciateur de futures vagues. Optant pour une ligne discrète depuis quelques années, Paris sous-traite la prise en main des pays sensibles à une bande de barbouzes peu scrupuleux et chargés d’y faire le ménage( entendons, organiser l’ensemble de la mécanique devant préserver le maintien sur place des régimes mafieux et impopulaires).

En l’occurrence, la menace de plus en plus nette d’une alternance politique au Togo, synonyme d’une prise de pouvoir par l’opposition démocratique trouble par conséquent le sommeil des laborantins de l’immobilisme françafricain. D’abord rasséréné dans un premier temps par le coup de force de Faure Gnassingbé qui s’est autoproclamé Chef de l’Etat à la mort de son Père, la France officielle et ses démembrements visqueux ont vite fait de prendre la mesure de la gravité de la situation : le Togo risque d’inaugurer un virage important dans son fonctionnement politique. C’est pourquoi on peut dire que l’impressionnante mobilisation populaire sur le terrain et surtout la désignation (non sans difficultés) d’un candidat unique par l’opposition ont d’une manière ou d’une autre démenti les pronostics élaborés par les traficoteurs des « cellules noires » à Paris.

Réveiller les réseaux et remettre en route la machine toujours utile de l’intervention non officielle devient une priorité dans ce cas de figure. Ils arrivent par groupes ces derniers jours à l’aéroport de Lomé et sont logés aux frais du contribuable togolais dans de grands hôtels de la capitale. Leurs journées de travail consistent en des allers-retours entre leur hôtel et Lomé 2, où Faure Gnassingbé a élu domicile depuis la mort de son père. Sous bonne escorte, ils mettent méticuleusement en place les pièces de leur puzzle crapuleux. Pour certains, ce job relève de la routine, puisqu’ils ont été souvent les maîtres d’œuvre des différents cambriolages électoraux survenus au Togo entre 1993 et 2003.Affublés de titres ténébreux comme « conseillers spéciaux » ou encore « experts électoraux » à chaque fois qu’il fallait « sauver le soldat Eyadéma » et toujours bons pour le service, ils répondent cette fois-ci encore présents à l’appel du fils pour tenter de barrer la route à la libre expression populaire.

Si la réputation d’un Charles Debbasch n’est plus à faire dans le dispositif mis en place pour cet objectif, les habitants de la capitale togolaise suivent d’un regard interrogateur les allées et venues de cette horde suspecte qui semble faire si bon ménage avec des diplomates français en poste à Lomé. Une perplexité justifiée à bien des égards, puisque leur débarquement sur le sol togolais a trop souvent coïncidé avec le renvoi aux calendes grecques de leurs vœux de changement. La troublante synchronisation entre les combines de ce commando et les « messages de félicitation » du locataire de l’Elysée avant même la proclamation des résultats dénote d’un timing parfait et finit de convaincre les plus sceptiques de la honteuse connivence entre tous ces acteurs du drame que vit actuellement le peuple togolais.

Suivant un « modus opérandi » bien ficelé, le discours officiel de la « patrie des droits de l’homme » viendra s’emboîter aux canailleries d’une équipe de sous-traitants tandis que les électeurs togolais s’en retourneront à leurs méditations métaphysiques sur le sort qui a été réservé à leurs bulletins de vote. L’extrême agitation observée dernièrement dans les rangs de ceux que le tristement célèbre Bob DENARD appelait « les bras armés de la France en Afrique » montre bien que le cas togolais est pris très au sérieux en haut lieu…Et les coups ont volé très bas : mise sous éteignoir des grandes gueules de la CEDEAO, de l’Union Africaine et de l’organisation internationale de la francophonie. Empêcheurs de tourner en rond, leurs rugissements frisaient le crime de lèse-majesté. Les KONARE, Abdou DIOUF, OBASANDJO et WADE sont aimablement mais fermement priés d’aller voir ailleurs et laisser la France s’occuper de sa chasse gardée. Pendant ce temps Omar BONGO et Blaise COMPAORE qui justifient tous les deux d’un parcours incontestable de fidèles apôtres de la Françafrique sortent de leur tanière et propagent la bonne nouvelle venue de l’hexagone. Masquant à peine leur soutien au fils-candidat de leur grand-frère défunt, ils multiplient les massages codés en direction de l’opposition : « laissez faire le temps ! » répètent-ils aux opposants. Traduction : « calmez-vous et laissez-vous déposséder de votre prochaine victoire, nos commanditaires sauront s’en souvenir et se montrer généreux. » Sans avoir été très amis avec le père, ils feront d’une pierre deux coups en coachant le fils tout en obéissant aux ordres de Marianne…

En amont donc, un travail de sape et de fragilisation méthodique des partisans du changement par ces commis de Paris et en aval la mise sur orbite des hommes de terrain dans une touchante répartition de rôles pour un autre épisode d’une tragi-comédie électorale. Les togolais les laisseront-ils faire ?

La rédaction letogolais.com