08/12/2022

Les actualités et informations générales sur le Togo

TOGO: craintes de torture / prisonniers d’opinion

ACTION URGENTE
DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 030390 – AFR 57/006/2003
AU 179/03
Avertissement: Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.

CRAINTES DE TORTURE / PRISONNIERS D’OPINION

TOGO Dimas Dzikodo (h), rédacteur en chef de l’ÉvénementPhilipe Evegno (h), directeur de l’ÉvénementColombo Kpakpabia (h), journaliste au Nouvel Écho
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Londres, le 20 juin 2003
Les trois journalistes nommés ci-dessus ont été arrêtés les 14 et 15 juin par les forces de sécurité dans la capitale Lomé. Amnesty International considère qu’il s’agit de prisonniers d’opinion arrêtés uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression.

Dimas Dzikodo, rédacteur en chef de l’hebdomadaire l’Événement a été arrêté le 14 juin dans un cyber café à Lomé. Il venait de scanner des photographies de personnes qui auraient été blessées par les forces de sécurité lors de l’élection présidentielle du 1er juin. Philipe Evegno, le directeur de publication, a été arrêté le 15 juin dans la matinée. Inculpés de diffusion de fausses informations et de trouble à l’ordre public, ils sont tous deux détenus à la prison civile de Lomé.

Le 19 juin, les deux journalistes sont apparus à une conférence de presse organisée par les autorités togolaises qui les ont accusés de vouloir envoyer les photographies à l’étranger pour ternir l’image du pays. Le commissaire aurait déclaré que ces photographies étaient celles d’accidentés de la route et non de victimes d’une quelconque répression exercées par les forces de sécurité. Selon des témoins, Dimas Dzikodo semblait affaibli et se serait plaint d’avoir été maltraité au cours des quatre jours pendant lesquels les deux hommes auraient été détenus au secret.

Colombo Kpakpabia, collaborateur de l’hebdomadaire Nouvel Écho a été arrêté le 14 ou 15 juin 2003. Il est détenu à la Direction générale de la police à Lomé depuis le 15 juin 2003. Il n’était pas à la conférence de presse et les autorités n’ont pas nié ni reconnu qu’elles le détenaient. On ignore pourquoi Colombo Kpakpabia a été arrêté et Amnesty International craint qu’il n’ait été torturé.

INFORMATIONS GÉNÉRALES
L’élection présidentielle qui a eu lieu au Togo le 1er juin 2003 a donné lieu à des affrontements entre les sympathisants de l’opposition et les forces de sécurité. Celles-ci ont procédé à des arrestations et ont eu recours à la force pour mettre fin aux manifestations et au mécontentement dans le pays. En mai 2003, les forces de sécurité ont arrêté une quarantaine de personnes que l’armée soupçonnait de voter pour l’opposition ou d’inciter d’autres personnes à voter en faveur de l’opposition. Une personne a été abattue d’une balle dans le dos par un membre des forces de sécurité. Une autre a été grièvement blessée à l’occasion de cet homicide extrajudiciaire.

Au Togo, les médias et les journalistes indépendants sont régulièrement intimidés et arrêtés. Avant et après l’élection, les autorités togolaises ont semblé particulièrement soucieuses de contrôler les informations risquant de porter préjudice à leur image. Les autorités ont exercé des pressions sur la presse pour qu’elle ne publie pas d’informations hostiles au gouvernement. Au cours des jours qui ont précédé l’élection, on a demandé à plusieurs personnalités des médias de ne publier que les résultats officiels du scrutin et d’éviter de commenter l’élection en elle-même. Depuis septembre 2002, plusieurs sites Internet tels que letogolais.com et le site du principal parti d’opposition, l’Union des forces de changement (UFC), ont été condamnés par les autorités.

Amnesty International a évoqué à maintes reprises auprès des autorités togolaises les préoccupations que lui inspirent le recours généralisé à la torture et aux autres formes de mauvais traitements ainsi que le fait que les personnes placées en détention ne bénéficient d’aucune garantie. Aux termes du Code pénal togolais, une personne peut être maintenue en garde à vue pendant une période d’une durée maximale de quarante-huit heures avant d’être présentée à une autorité judiciaire. Le procureur de la République peut prolonger une fois la garde à vue d’un nouveau délai équivalent. En octobre 2002, dans ses observations finales (CCPR/CO/76/TGO) sur le troisième rapport périodique du Togo concernant la mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), le Comité des droits de l’homme des Nations unies a « [relevé] avec inquiétude que de nombreuses allégations [faisaient] état d’une pratique courante de la torture au Togo, en particulier lors de différentes arrestations, de la garde à vue et dans les lieux de détention […] » Amnesty International estime que la principale raison de la persistance de la torture au Togo est l’impunité dont bénéficient les auteurs de tels agissements.

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés
ci-après (en français ou dans votre propre langue) :
– indiquez qu’Amnesty International considère que Dimas Dzikodo, Philipe Evegno et Colombo Kpakpabia sont des prisonniers d’opinion et que l’organisation demande leur libération immédiate et inconditionnelle ;
– exhortez les autorités togolaises à prendre immédiatement des mesures pour empêcher que Colombo Kpakpabia ne soit torturé ou soumis à d’autres formes de mauvais traitements et pour assurer sa sécurité ;
– exhortez les autorités à mener une enquête exhaustive sur les allégations selon lesquelles Dimas Dzikodo aurait été frappé et demandez que les personnes soupçonnées d’être responsables de ces agissements soient traduits en justice ;
– engagez les autorités à mettre un terme aux arrestations et détentions arbitraires ainsi qu’aux actes de torture et autres formes de mauvais traitements à l’encontre des personnes qui émettent des opinions critiques à l’égard du gouvernement.

APPELS À :
Président de la République :Son ExcellenceMonsieur le Général Gnassingbé EyadémaPrésident de la RépubliquePalais présidentiel, Avenue de la MarinaLomé, TogoTélégrammes : Président de la République, Lomé, TogoFax : + 228 221 32 04 (Précisez : « À l’attention du Président de la République »)Courriers électroniques : presidence@republicoftogo.comFormule d’appel : Monsieur le Président de la République, Ministre de l’Intérieur : Monsieur Akila Esso BokoMinistre de l’Intérieur et de la SécuritéMinistère de l’Intérieur et de la SécuritéRue Albert SarrautLomé, TogoTélégrammes : Ministre de l’Intérieur, Lomé, TogoCourriers électroniques : info@republicoftogo.com(Cette adresse étant utilisée par tous les ministères, veuillez préciser dans votre courrier : « À l’attention du ministre de l’Intérieur »)Formule d’appel : Monsieur le Ministre,
Ministre de la Justice :
Katari Foly-Bazi
Ministre de la Justice et Garde des Sceaux
Ministère de la Justice, Avenue de la Marina
Rue Colonel le Roux
Lomé, Togo
Télégrammes : Ministre de la Justice, Lomé, Togo
Fax : + 228 221 22 06
Formule d’appel : Monsieur le Ministre,

COPIES À :
Ministre de la Communication :
Ministre de la Communication et de la Formation Civique
Ministère de la Communication et de la Formation Civique
BP 40
Lomé, Togo
Télégrammes : Ministre de la Communication, Lomé, Togo
Fax : + 228 221 43 80
Courriers électroniques : minfocabtg@yahoo.fr
Formule d’appel : Monsieur le Ministre,

ainsi qu’aux représentants diplomatiques du Togo dans votre pays.

PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 1er AOÛT 2003, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d’Amnesty International – ÉFAI –
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l’adresse suivante : [http://www.efai.org->http://efai.amnesty.org/]