26/06/2022

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Un gouvernement d´union nationale : le NIET de l’opposition

L´opposition togolaise, dans sa globalité, refuse la main tendue d´Eyadéma dans son discours du 18 juin 2003. Il réitère en vain son appel aux partis politiques de l´opposition en vue de la formation d´un gouvernement d´union nationale. Une lecture de la presse togolaise de cette semaine nous démontre la détermination de certains partis à ne pas céder à cette énième roublardise du dictateur.

Dans une interview accordée à l`hebdomadaire Le Tambour, du 20 juin dernier, le secrétaire général de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), Léopold Messan Gnininvi, a déclaré que si « la victoire du général Eyadéma avait été proprement établie, sa proposition aurait eu plus de chance d´être prise au sérieux ». Selon le professeur Gnininvi, très sec comme à l´accoutumée, « cette question (de la victoire d´Eyadéma, ndlr) mérite d´être préalablement tranchée afin que le fameux gouvernement d´union nationale soit fait autour du vrai vainqueur ». Le leader de la CDPA ironise : « un vrai vainqueur d´une élection n´est pas tenu de faire un gouvernement d´union nationale s´il se sent en mesure de gouverner seul ». La Convergence patriotique panafricaine, pour sa part, réagissant à cette proposition, a, déclaré dans un communiqué signé par un de ses vice-présidents, Alassani Issa-Samarou, que cette proposition « prêterait à sourire s´il ne s´agissait de problèmes sérieux concernant la vie de toute une nation ». La CPP affirme en outre que la formation d´un tel gouvernement ne servirait le peuple que s‘il y a la reprise de l´élection présidentielle ; « l´organisation des élections législatives et locales sous la double exigence d´équité et de transparence avec l´appui d´experts internationaux impartiaux et reconnus comme tels ; la révision consensuelle de la constitution et la modification du code électoral ». En clair, le parti d’ Edem Kodjo subordonne une quelconque participation à ces exigences-là. A l´Union des forces de changement (UFC), c´est un refus catégorique. Le parti de Gilchrist Olympio ne veut pas aller « à la soupe ». Au Comité d´action pour le renouveau (CAR), il n´y a « aucun commentaire à faire », a déclaré Me Agboyibo, leader du parti, à l´AFP.

Le journal Motion d´Information, dans une longue analyse parue dans son édition du lundi 23 juin 2003, et intitulée : « Gouvernement d´union nationale : l´opposition togolaise face à un vrai dilemme : faut-il accepter ou refuser » , fait le bilan des relations gouvernement RPT-Opposition et écrit que « la formation d´un gouvernement d´union nationale apparaît aujourd´hui comme une astuce inventée par la France pour forcer la main à l´Union européenne qui ne fait aucune confiance aux capacités de bonne gouvernance du RPT dans le cadre d´une reprise de la coopération ».Cependant, le journal souligne par ailleurs que : « constituer un gouvernement d´union nationale signifie que l´opposition et le RPT se mettent d´accord sur un programme de gouvernement et une méthode de gestion des affaires ». Ce qui, pour Motion d´Information, veut dire qu´il faudra également assigner une mission à ce gouvernement, comme par exemple « la transition du Togo vers la démocratie ». Dans ces conditions, estime le journal, il est évident que toutes les institutions actuelles soient « réaménagées ». Cependant, la mise en oeuvre d´un tel gouvernement serait difficile à cause des précédents fâcheux entre le pouvoir et la mouvance présidentielle dans le non-respect de l´Accord-cadre de Lomé devant régler politiquement le contentieux électoral de 1998.

Comme on le voit, en monnaie d’échange à son hold-up électoral, Eyadéma propose aux leaders de l’opposition d’aller à la soupe en se contentant d’une hypothétique gouvernement d’union national. C´est un difficile pari entre Eyadéma et ses opposants traditionnels. C’est s’en compter sur la nouvelle donne au Togo, l’émergence de nouveaux acteurs et la diaspora togolaise qui après les atermoiement des leaders politiques embourgeoisés ou esseulés, seront des interlocuteurs incontournables.

La rédaction letogolais.com