26/06/2022

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Togo : Des sanctions contre le commissaire SAMA ?

LE CACIT DEMANDE DES SANCTIONS CONTRE LE COMMISSAIRE SAMA

Le 05 mai 2012, le Collectif « Sauvons le Togo » a rassemblé les populations de Lomé pour une manifestation de profession de foi autour du Monument de l’Indépendance à Lomé. Le CACIT se réjouit du bon déroulement de cette activité mais déplore qu’une semaine plus tôt, cette activité qui devait avoir lieu dans le cadre de la commémoration du 52ème anniversaire de l’indépendance du Togo ait été réprimée par les forces de l’ordre. Le CACIT rappelle que lors des malheureux événements survenus le 28 avril 2012, des journalistes venus sur les lieux de la manifestation pour la couverture médiatique ont été pris à partie par les forces de l’ordre. Noël Kokou TADEGNON, journaliste-reporter correspondant de Reuters Télévision au Togo, a été passé à tabac par les forces de l’ordre et des coups violents lui ont été assénés. Dans une interview accordée à la radio Légende FM le lundi 30 avril 2012, le journaliste a dit avoir formellement identifié le commissaire Sama Athana sous les ordres duquel les violences ont été exercées sur lui. Ce dernier lui ayant reproché de filmer les agents des forces de l’ordre. Au cours de ce même événement, les caméras de Reuters Télévision et de la télévision TV7 ainsi que plus d’une cinquantaine de motos ont été emportées par des forces de l’ordre.

Alors que le gouvernement s’était engagé à sanctionner les auteurs des exactions commises à l’encontre du journaliste Nöel Kokou TADEGNON, le CACIT constate qu’à ce jour, aucun acte concret n’a été posé dans ce sens.

Le CACIT condamne avec la dernière vigueur les agissements de certains responsables des forces de l’ordre et de sécurité qui, à l’instar du commissaire Sama Athana, inspirent de mauvais exemples aux forces de l’ordre et de sécurité au Togo.

Le CACIT déplore le fait que quelques semaines seulement après la remise officielle du rapport de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) aux autorités, ces dernières, loin de sanctionner les hauts responsables qui commettent de graves violations de droits de l’Homme, semblent vouloir les protéger, sapant ainsi le crédit de confiance déjà amenuisé dont les forces de l’ordre jouissent auprès de la population.

Le CACIT s’estime déçu par la teneur du communiqué du conseil des ministres du 30 avril 2012 qui, loin d’apporter des précisions sur les noms et la nature des sanctions infligées aux agents en cause, s’est contenté de termes pour le moins vagues. Le CACIT continue de croire que, pour une fois, les autorités auront le courage d’aller au-delà des discours et de donner des signaux forts pour mettre la population en confiance.

Pour le CACIT, ce n’est qu’à ce prix qu’au Togo, le crime cessera de se nourrir de l’impunité.

Fait à Lomé le 07 mai 2012

Le Président,
Me Zeus Ata Messan AJAVON