01/10/2022

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Togo/dialogue: Déclaration du collectif des associations contre l’impunité au Togo

Le 24 avril s’ouvrait le dialogue inter togolais souhaité par le peuple togolais dans son ensemble. Un dialogue souhaité franc et sincère, susceptible de sortir le pays de la crise institutionnelle et politique grave dans laquelle il est plongé suite à la mort du général Eyadema et au massacre de la population avant, pendant et après le 24 avril 2005.

Le Collectif des Associations Contre l’impunité au Togo (CACIT), appelle le peuple togolais à la vigilance extrême pour que ce dialogue aborde avec sérieux, le vrai problème qui mine le pays; l’impunité. Nous ne pouvons pas faire confiance aveugle à des gens qui ont montré dans un passé récent, qu’ils n’ont comme outil du jeu politique, que du matériel de guerre et des gourdins cloutés.

A cause de l’impunité, les victoires successives du peuple lui ont été arrachées à coups de fusil et de gourdin.
A cause de l’impunité, la constitution votée par tous y compris le RPT en 1992, a été révisée pour satisfaire un petit groupe de personnes.
A cause de l’impunité, des milliers de Togolais ont été envoyés en exil.
A cause de l’impunité, Faure et son clan ont refusé le dialogue proposé par des personnes de bonne volonté et l’opposition au lendemain de la mort d’Eyadema afin de sauver des vies humaines, apaiser le pays, réconcilier les Togolais avant d’aller aux élections.
A cause de l’impunité, un groupe ethnique perdure au sein des FAT et qui manipule le reste de l’armée. Un groupe aux ordres du clan Gnassingbé qui l’utilise dès qu’il se sent menacé par les urnes.

Vu l’arrogance de la mouvance présidentielle au cours du dialogue, qui tient à conserver à tout prix le pouvoir acquis par la violence en marchant sur les cadavres programmés des Togolais, Le CACIT, invite les Togolais à ne jamais accepter que le dialogue accouche dans ses résolutions, d’une amnistie sans justice. Depuis sa prise sanglante du pouvoir, Faure Gnassingbe n’a posé aucun acte susceptible d’amener les Togolais vers une réconciliation sincère et durable.

Et pour une réconciliation durable, vraie et sincère, CACIT propose:
Le retour à la constitution de 1992
La définition d’une période de transition
La formation d’un gouvernement d’union nationale et de transition
La constitution d’une commission VÉRITÉ / JUSTICE / PARDON / RÉCONCILIATION / RÉPARATION. Dans une première phase, cette commission sur la basse des différents rapports sur les violences survenues avant, pendant et après le 24 avril 2005, doit faire la lumière sur les auteurs des crimes et les traduire en justice. Et dans une seconde phase, faire la lumière sur tous les crimes de 1958 à la mort d’Eyadema. Le peuple veut savoir qui a fait quoi avant de pardonner.

Paris, le 06 juin 2006
Le secrétaire général
Raymond Houndjo