25/06/2022

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Togo: Discours d’introduction d’Eric Armerding à l’assemblée générale d’UFC-France

En tant que Président de la Fédération Internationale de l’UFC, je vous ai promis d’assister aux réunions de l’Assemblée générale de la Section France de la Fédération chaque fois que je serai à Paris. C’est donc avec plaisir que je me retrouve parmi vous cet après-midi et que je vous vois si nombreux.

J’aurais bien aimé voir le Président de la Section France, Monsieur Georges Béké et le Secrétaire Général de la Fédération Internationale, Monsieur Magloire Olympio parmi nous mais ils m’ont informé qu’ils sont souffrants et regrettent de ne pas être là.

Néanmoins, le Vice-président Augustin Glokpon et la Secrétaire Générale Ada Toovi sont mandatés pour convoquer cette Assemblée générale ordinaire, et au cours des entretiens préalables que nous avons eus, ont souhaité que nous discutions de la crise du parti ainsi que des problèmes de la Fédération Internationale de l’UFC.

De l’avis général, s’il y a aujourd’hui une crise grave qui mine l’UFC, c’est que certains de ses membres et non des moindres ont bafoué les règles de démocratie, de liberté et de respect des droits de l’Homme qui fondent le combat de notre parti et que nous inculquons méthodiquement à nos membres et à travers eux au Peuple Togolais; cela afin de justifier les raisons de notre lutte pour l’accession au pouvoir et pour que demain nous ne recommencions pas les mêmes errements que nous reprochons aujourd’hui à ceux qui nous gouvernent.

Or, comment ces règles ont-elles été bafouées au sein même du parti pour nous entraîner à la crise que nous vivons avec une grande douleur ?

Avant le Congrès extraordinaire de Juillet 2007 pour la confirmation des candidats aux élections législatives d’Octobre 2007, tout allait bien dans le parti malgré les petites querelles intestines qu’on connaît dans toute organisation.

Mais après ce Congrès et avant le troisième Congrès ordinaire de Juillet 2008 qui devait désigner le Président national comme candidat du parti à l’élection présidentielle de 2010, certaines personnes bien ou mal intentionnées se sont réunies autour du Président National pour créer une association qu’ils ont nommée « Association des Amis de Gilchrist Olympio » (AGO) dont l’objectif serait de protéger le Président. Le protéger contre qui et contre quoi, nul ne le sait. Cependant, très vite, on a compris que certaines personnes voulaient par ce biais obtenir des postes dans le Bureau national du parti à l’occasion des élections au Congrès. De plus, l’AGO, à travers son projet de statuts se positionnait comme un segment du parti. En effet on y orientait et préparait des décisions qui allaient ensuite vers le parti. Ce comportement anti-démocratique devenait flagrant. Des protestations s’étaient élevées mais rien n’y fit. Au contraire, on voyait poindre l’intention de renforcer l’AGO en prévision de l’élection présidentielle de 2010.

Malgré cela, tous les cadres dirigeants du parti se sont mobilisés et engagés sans équivoque autour du Président national pour préparer sa candidature et garantir son élection à la Présidentielle. A ce stade, certains membres de l’AGO ont regagné les rangs du parti et je tiens une fois encore à les féliciter publiquement.

C’est bien regrettable et même très triste que la campagne du Président national se soit terminée comme vous le savez. Un accident qui a profondément peiné tous les membres et sympathisants du parti et dont les conséquences l’ont désorienté.

Ma deuxième observation sur les causes de la crise porte sur l’annonce d’un complot imaginaire contre le Président national orchestrée par quelques membres malhonnêtes de l’AGO qui n’aimaient pas Jean-Pierre Fabre, personne régulièrement choisie par les organes autorisés du parti comme candidat de sauvegarde au cas où la candidature du Président national ne serait pas acceptée par la CENI.

J’étais parmi ceux qui avaient organisé la candidature du Président national. C’était dans des conditions quasiment impossibles mais nous l’avions fait avec probité et beaucoup d’espoir.

Aussi, outré par tous les mensonges proférés dans le mémorandum tenant lieu de document de travail du Congrès de l’AGO le 13 Août 2010, j’ai dû écrire un article à l’adresse des auteurs du document pour rétablir la vérité. Je vous renvoie à cet article sur l’Internet pour ne pas avoir à vous le répéter ici.

A la vérité les membres de l’AGO n’ont rien trouvé d’autre à imaginer que ce complot pour couper le Président national du parti et l’entraîner dans une négociation avec le RPT afin d’obtenir des postes ministériels dans le gouvernement. Le Président national avait néanmoins la prérogative, en vertu de son autorité, de conduire son parti dans cette voie. Mais celle-ci était rejetée unanimement par le Bureau politique du parti qui avait déjà mis en route sa stratégie d’organiser la résistance et la mobilisation du Peuple pour la reconnaissance de la victoire de Jean-Pierre Fabre, candidat de l’UFC et du FRAC puis, fort de cela, forcer la main au gouvernement pour une négociation du pouvoir.

Or, la méthode choisie par le Président national était pour le moins anti-démocratique et de plus laissait à penser qu’elle visait à briser la résistance et la mobilisation du Peuple par la répression toujours violente exercée par les forces de l ‘ordre contre les manifestations publiques de l’opposition

D’où ma troisième remarque sur les violences et les violations des droits de l’Homme perpétrées contre l’UFC.

Certes, le Président national pouvait reprocher au parti de l’avoir suspendu puis exclu en raison de son accord passé le 23 mai 2010 avec le RPT, suivi de l’entrée de ses ministres dans le gouvernement. Mais avait-il laissé un autre choix au parti quand il avait conclu seul cet accord sans se soucier de négocier le programme de gouvernement à mettre en œuvre conformément au Projet de société qui fait l’objet du Manifeste de notre parti. Après tout l’UFC est un grand parti, si ce n’est le plus grand du pays. Comment ses « ministres » peuvent-ils simplement mettre en œuvre le programme d’un parti adverse au pouvoir qu’elle combat ?

Et pour imposer cet acte unilatéral, le gouvernement peut-il s’autoriser d’enregistrer seulement les résultats du congrès de l’AGO tenu le 13 Août et refuser ceux de l’UFC tenu deux jours auparavant, puis prendre prétexte de cela pour réprimer les actions de celle-ci ?

En l’occurrence :
• Faire envahir le siège du parti et en expulser les cadres et les membres qui y travaillaient ?
• Faire disperser les marches et les réunions publiques du parti dans la capitale par la violence ?
• Faire interdire et réprimer toute manifestation publique des Fédérations de l’UFC à l’intérieur du pays ?
• Faire interdire aux bureaux de ces Fédérations de fonctionner ?
• Faire harceler les 20 députés sur 27 qui ont choisi de demeurer fidèles au parti ?
• Faire interdire l’utilisation du nom du parti, le port des couleurs et emblèmes du parti à ceux qui ne sont pas AGO ?
• Et voir un membre de l’AGO s’en prendre, comme vous avez pu tous le lire sur l’Internet hier soir, à la tenue de la présente réunion de l’Assemblée générale ordinaire de l’UFC France ?

Cette crise est profonde tant dans sa nature que dans ses manifestations. Le revirement à 180° opéré par le Président national et l’AGO n’est ni compris ni accepté par aucun parti de l’opposition, et de plus embarrasse le pouvoir en place qui s’en sert pour seulement écraser l’UFC et instaurer un régime de parti unique dans le pays.

Dans cette crise qui oppose les membres d’une même famille politique, l’UFC authentique, c’est-à-dire celle des combattants de la liberté, celle des hommes et des femmes respectueux des droits de l’Homme, celle des résistants à la dictature, celle toujours attachée au souvenir de l’héroïsme, de l’idéologie et des valeurs des pères fondateurs de l’indépendance et de la Nation togolaise est largement majoritaire par rapport au tout petit nombre qui ne sait pas où son aventure le mènera.

Ces derniers se sont solennellement donné six mois depuis leur accord du 23 Mai dernier avec le RPT pour nous apporter des résultats concluants de leurs négociations des réformes institutionnelles et constitutionnelles attendues depuis l’Accord de Ouaga d’Août 2006.
Rien ne nous permet aujourd’hui de croire à leur succès dans moins de deux mois. Et que feront-ils si leur échec devenait patent ? Et quelle valeur politique, juridique et morale le peuple donnera t-il à un document qui sortirait de cette démarche ?

C’est à ce problème que la Fédération Internationale de l’UFC et toute la Diaspora togolaise qui constitue le 1/5ème de la population du Togo, soit environ 1 200 000 personnes, devront réfléchir pour s’organiser afin d’aider le peuple à sortir de la pauvreté et de la misère.

L’UFC authentique, malgré toutes les difficultés qui lui sont créées, fait son devoir de mobilisation, d’information et de préparation du peuple. Elle procède aux réflexions qui s’imposent pour décider de la voie à suivre au cas où dans quelques semaines l’AGO sortirait un document concocté de connivence avec le RPT pour flouer le peuple avec un prétendu résultat positif de leur négociation des réformes.

Il va sans dire que ses réflexions portent en grande partie sur l’avenir du parti, je veux dire de l’UFC authentique, au cas où l’AGO et le RPT durciraient la répression contre lui et lui nieraient tous ses droits.
Sa force demeure avec et dans le Peuple togolais pour lequel il se bat dans l’abnégation, je veux dire sans recherche d’aucun intérêt personnel. C’est inéluctablement avec ce même Peuple qu’il trouvera démocratiquement la solution et les moyens de sa survie afin de continuer à mener le combat pour le changement réel que nous attendons.

Chers compatriotes, personne ne fera pression sur vous ni n’achètera votre conscience. Mais ne nous démobilisons pas, ne nous décourageons pas face aux manœuvres de l’AGO. L’esprit qui règne aujourd’hui dans l’UFC authentique, c’est celui de la collégialité et celui de l’ouverture et du rassemblement pour associer tous les démocrates du pays à l’intérieur comme à l’extérieur à son noble combat. Un tel esprit ne trompe pas. Il ne mène qu’à la victoire. La Diaspora togolaise et tout particulièrement les Sections de la Fédération Internationale de l’UFC doivent s’en inspirer pour s’organiser. A cet égard, j’ai été tenu informé des problèmes de la Fédération Internationale et je m’engage à travailler pour un peu de temps encore avec vous pour les résoudre tant en ce qui concerne les incompréhensions entre les personnes qu’en ce qui concerne une compréhension approfondie du « New Deal » de l’UFC authentique.

Je souhaite vivement que nos réflexions de cet après-midi puissent déjà nous apporter quelques idées que nous pourrions soumettre au parti tout entier comme notre contribution aux solutions de la crise et à la réconciliation de ce grand parti qu’est l’UFC.

Vive l’UFC et vive son combat pour le changement vrai, le changement profond, le changement sincère et démocratique qui libérera définitivement le peuple togolais de la tyrannie.

Ablodé

Je vous remercie de votre attention.

Paris le 3 Octobre 2010