27/09/2022

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Togo- France: Je t’aime, moi non plus

Les nuages se sont brutalement assombris entre le Togo et la France. Deux diplomates des deux pays vont effectuer un chassé-croisé forcé, à la suite d’expulsions réciproques. C’est le Togo qui a dégainé le premier, en déclarant persona non grata le Premier secrétaire de l’ambassade de France à Lomé. Son crime ? Il flirterait un peu trop avec le candidat à la présidentielle Koffi Yamgnane. Bien qu’inoffensif, parce que pesant peu sur l’échiquier politique national, l’ancien secrétaire d’Etat et maire, en France, a le don d’irriter. On le sait, il n’a pas sa langue dans la poche quand il s’agit de critiquer le régime togolais. Nourri à la culture politique française avec ce qu’elle permet comme liberté d’expression et d’action, Yamgnane ne s’embarrasse pas de fioritures dans son discours. Il n’hésite pas, en effet, à tirer à boulets rouges sur le président au pouvoir. Son attitude ne peut donc qu’être considérée comme un crime de lèse-majesté. D’autant que sous le défunt-père Gnassingbé déjà, Yamgnane s’était illustré comme un enquiquineur hors pair ; ce qui lui avait valu une interdiction de séjour de dix ans au Togo. Adversaire du père puis du fils, à l’image de la plupart des opposants togolais qui ont croisé le fer hier avec Eyadéma puis aujourd’hui avec Faure, Koffi Yamgnane l’est. Le président Faure Gnassingbé, dès lors, ne peut tolérer que des diplomates aient une relation quelconque avec la bête noire de la famille.

Mais comme bien des régimes africains, celui du Togo se trompe de bagarre en s’en prenant à un diplomate, qui n’est qu’un bouc émissaire. Certes, la France n’a pas toujours eu une attitude neutre dans la politique intérieure des pays africains. Elle a parfois fait des ingérences grossières, notamment au Togo. Faure doit se souvenir de la grande amitié qui liait son père à Jacques Chirac, avec ce que cela comportait comme compromissions. Mais le vrai problème du Togo réside cependant dans les réformes réclamées par l’opposition, en prélude à la présidentielle de février prochain. Le baromètre politique est monté d’un cran ces derniers jours et des menaces de boycott du scrutin se font jour, si éventuelllement la revendication d’une élection à deux tours n’est pas satisfaite. Que fait le pouvoir togolais pour parvenir à des élections consensuelles et régulières ? Là se trouve la vraie question. Mais on peut croire que cette passe d’armes, qui n’est nullement en faveur du Togo, sera vite aplanie. Lomé ne peut supporter une brouille durable avec Paris. Le Togo a bien trop besoin de l’aide au développement française et européenne pour se permettre certains caprices.

Par Mahorou KANAZOE
LE PAYS