03/12/2022

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TOGO : Gilchrist Olympio prône un «dialogue franc»

Paris, France – Le président de l’Union des forces du changement (UFC, opposition), Gilchrist Olympio, s’est prononcé hier à Paris pour un dialogue politique « franc et sincère » au Togo, affirmant qu’il peut sortir le pays de l’impasse politique. « Nous avons fait, par le biais de l’ONG italienne Sant’Egidio, des propositions de sortie de crise. Elles n’ont reçu aucune suite de la part du président Eyadema. Nous sommes prêts à les refaire dans le cadre d’un dialogue franc et honnête. C’est la seule voie de sortie de la crise togolaise », a-t-il affirmé lors d’un entretien accordé à la PANA.

Le principal adversaire politique du président Eyadema a précisé que le dialogue politique devrait réunir autour d’une table le Rassemblement du peuple togolais (RPT, pouvoir) et les trois « vrais partis de l’opposition ». « L’opposition au Togo ne compte que trois vrais partis à savoir la CDPA de Gnininvi, le CAR de Agboyibor et le mien. C’est avec ces trois formations et non avec les 20 partis satellites créés par le pouvoir que le dialogue devra être engagé, dans le seul but de sortir le pays de l’impasse », a affirmé le président de l’UFC. « Les discussions devront porter sur les conditions de la tenue de nouvelles élections libres, démocratiques et transparentes. Elles devront porter sur le Code électoral, le découpage du pays en circonscriptions électorales, la composition de la CENI », a énuméré l’opposant togolais.

Il a en outre estimé nécessaire que le pouvoir de Lomé crée un environnement favorable à la tenue d’un dialogue serein, mettant en garde contre la reprise des arrestations arbitraires et les « velléités d’exclusion ». « Si l’on veut que le dialogue donne des résultats, il faut qu’il se tienne dans un cadre structuré et dans un environnement serein. Ce n’est pas le cas actuellement, puisque le pouvoir a repris ses vieilles méthodes d’arrestations arbitraires. Il n’a pas non plus renoncé à exclure ses adversaires politiques », a fait remarquer M. Olympio. « Le régime de Lomé devrait commencer par tenir les 22 engagements qu’il a pris devant l’Union européenne. Il s’est engagé à libérer les vrais prisonniers politiques et à permettre l’accès de l’opposition aux médias publics. Il doit tenir ses engagements pour créer les conditions de la reprise d’un dialogue politique véritable au Togo », a ajouté le fils du premier président togolais, Sylvanus Olympio.

Selon lui, l’accord, qui sortirait des discussions entre le président Eyadema et les « trois vrais partis politiques » de l’opposition, devrait être mis en œuvre par un gouvernement de transition. « L’idée d’un gouvernement de transition au Togo est contenue dans un mémorandum que nous avons fait parvenir au président Eyadema. Il n’y a donné aucune suite. Aujourd’hui encore, nous estimons que seule la formation d’un gouvernement de transition chargé d’exécuter l’accord qui sortirait du dialogue politique peut sortir le Togo de l’impasse », a averti Glichrist Olympio.

Depuis les premières élections controversées de 1992, le Togo connaît une crise politique entretenue par des frictions régulières entre le régime du président Eyadema et son opposition.
Après avoir décrété en 1993, la suspension de sa coopération avec Lomé qu’elle accusait alors de ne pas respecter les règles démocratiques, l’Union européenne encourage les acteurs de la vie politique à trouver un consensus. Le nouveau commissaire européen à la Coopération et au Développement, Louis Michel, a rencontré en décembre dernier le président Gnassingbé Eyadema avec qui il a fait, à Kara (Nord du Togo), le point des « consultations ».

M. Michel, ancien ministre belge des Affaires étrangères, devrait poursuivre les discussions avec les protagonistes de la crise togolaise, en recevant dans les prochains jours à Bruxelles certains responsables de l’opposition.

(PANA)